‹ La Cécité: Blessures de guerreChapitre 19 sur 25 · L..., Maurice, soldat au 239° régiment d'infanterie · texte numérisé non relu

L..., Maurice, soldat au 239° régiment d'infanterie

Blessé le 22 août à Châtelet (Belgique).

Cécité complète par explosion rapprochée d'un obus,

O. G. Atrophié.

O. D. Luxation du cristallin, hémorragie du fond d'œil occa-

sionnée par éclat d'obus l'ayant atteint à la région temporale droite.

Cécité complète.

Blessé évacué sur l'hôpital 21.

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IL. Obus agissant par ses éclats. — L'obus agit, dans la généralité des cas, par ses éclats, comme l’indiquent les observations suivantes :

OgservaTioN XIX

(Centre ophtalmologique de la XIV* Région).

Double perforation par éclats d'obus. Cécité.

M..., Henri, soldat au 52° régiment d'infanterie.

Blessé le 1°" septembre à Saint-Remy par des éclats d’obus. 0. D. Enucléé.

O. G. Perforation et atrophie. Cécité.

Evacué sur l'hôpital 21.

OgservaTion XX

(Centre ophtalmologique de la XI[V* Région).

Double perforation par éclats d'obus. Cécité.

M..., M., soldat au 143° régiment d'infanterie.

Blessé le 20 août à Rosbach (Lorraine), par des éclats d'obus. 0. D. et O. G. Perforation et atrophie. Cécité.

Evacué sur l'hôpital 21.

OgsErvaTiIoN XXI

(Centre ophtalmologique de la XIVe Région).

Double perforation par éclats d'obus. Cécité.

F.., Claude, soldat au 275° régiment d'infanterie, né le 18 février 1875 à Vaux (Rhône).

Blessure des deux yeux par éclats d'obus, en février 1915, à Flirey (Meuse).

Il s’agit des éclats d’un obus de 77 tombé en pleine tranchée.

Premier pansement sur place. Evacué sur Desgenettes.

A l'examen : O. D. Perforation; plus tard, panophtalmie. Enucléation.

O. G. Contusion. V.= 0.

Blessé évacué sur l'hôpital 8 bis.

— 57 — Les

OBservaTION XXII (Centre ophtalmologique de la XIVe Région).

Double perforation par éclats d'obus, Cécité.

D..., Louis, soldat au 283° régiment d'infanterie, né à Chis (Hautes-Pyrénées).

Blessé le 27 mars au Bois-des-Chevaliers par éclats d’obus.

Plaies multiples de la face, de la main et de la jambe droites.

O. D. Perforation. Atrésie et déformation pupillaire. Exsudat pupillaire. V. —o.

O. G. Perforation. Déchirure de l'iris. Cataracte traumatique. OEil mou, atrophié.

Blessé évacué sur l'hôpital 8 bus.

OgservarTioN XXIII (Centre ophtalmologique de la XIVe Région).

Double perforation par éclats d’obus. Cécité.

M..., Henri, soldat au 52° régiment d'infanterie, né à Glandage (Drôme). |

Blessé le 1°" septembre à Saint-Remy (Vosges).

Le blessé a été atteint par des éclats d'obus. La face est couverte de cicatrices. La racine du nez, en particulier, a été presque sectionnée. L'œil droit a été complètement énucléé. La paupière inférieure manque presque en entier.

L'œil gauche est mou, en voie d’atrophie. Cécité absolue.

Blessé évacué sur l'hôpital 19.

Osservarion XXIV (Centre ophtalmologique de la XIV* Région).

Double perforation oculaire par éclats d'obus. Cécité.

G..., Louis, soldat au 113° régiment d'infanterie. Blessé le 29 septembre à Varennes à deux reprises, d’abord par une balle, enfin par des éclats d’obus pendant qu'on pensait

sa première blessure. Ces éclats l’atteignirent aux deux yeux, provoquant la cécité immédiate et complète. Evacué sur Neufchâteau, Annonay et Lyon, où il fut soigné à la Clinique Dor. Pas d'amélioration.

O. D. Décollement total de la rétine.

O. G. Perforation. Atrophie. Cécité.

III. L'obus agissant par ses balles. — La balle d’obus détermine rarement la cécité. Nous en avons pourtant relevé un cas. Il est intéressant, en ce qu'il rappelle tout à fait l’action de la balle transversale que nous avons étudiée au début. La balle paraît avoir déterminé une contusion des deux globes :

OsservarTioN XXIV bis (Centre ophtalmologique de la XIV+ Région).

Cécité par balle de shrapnell ayant contusionné les deux globes.

V.., Fernand, caporal au 75° régiment d'infanterie, né à Valence (Drôme).

Blessé le 3 octobre 1914 à Lihons (Somme) par une balle de shrapnell.

La balle a pénétré dans la région temporale gauche, un peu au-dessus du malaire, est venue se logèr au niveau de la paroi externe et supérieure de l'orbite droit.

Pansé sur place. Evacué à l'arrière sur Rochefort. Arrivé à Lyon, à l'hôpital Desgenettes, vers la mi-avril.

L'examen révèle : O. G. Atrophie. Cécité complète.

O. D. Chute de la paupière supérieure. Paralysie du droit supérieur. Légère ophtalmie. Leucome adhérent occupant les deux tiers inférieurs de la cornée. Le tiers supérieur est transparent et laisse apercevoir une partie de l'iris, complètement accolé à la paroi postérieure. Cécité totale.

Evacué sur l'hôpital 8 bis,

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On s'aperçoit que, dans l'immense majorité des cas, c'est par ses éclats que l’obus lèse l'appareil visuel. En général, l'éclat d’obus lèse le globe par perforation directe. Nous n'avons observé qu’un cas où le projectile ait successivement perforé la paroi de l'orbite et le globe.

Nous avons vu encore que l’obus est susceptible de léser gravement l'appareil visuel par sa simple explosion. Il est intéressant d’en fixer le mécanisme et la pathogénie. Le son peut-il affecter la vue? et dans quelle mesure ? Le D' Masson, de Lyon, a publié à ce sujet, dans la France Médicale, un très intéressant article.

La question des rapports du son et de la vue a vivement préoccupé les esprits de tous les temps. Un médecin du xvr° siècle, du nom de Sckenckius, qui vivait à Tubingen, rapporte qu'il a observé personnellement un malade atteint d’une perte totale et subite de la vue, à la suite de bombardements terribles et d’explosions de mortiers. Cependant, dit le médecin, on ne pouvait trouver aucune trace de violence extérieure, et la vision n’en fut pas moins définitivement perdue. L'étiologie fut très discutée par les médecins de l’époque :

On admit tour à tour que la perte de la vue était due à la « flamme énorme des canons ou des mortiers venant frapper l'œil d’une manière aveuglante », à la « disparition des esprits visuels, atteints dans leur source même par la violence des chocs de l’air extérieur ».

L’explication définitivement admise fut la suivante :

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La pituite du cerveau, comme les autres tumeurs du corps, est ébranlée par la violence des explosions des machines de guerre et, chassée dans le voisinage des nerfs optiques, les obstrue. De même, les éternuements violents et répétés sont souvent la cause de cécités incurables.

On tend aujourd’hui à admettre que la contusion du globe oculaire, résultant de l'augmentation brusque de la pression de l'air provoquée par l'explosion, entraîne le plus souvent un décollement de la rétine. « C’est avec les anciennes observations d’obstruction des nerfs optiques par la pituite du cerveau, dit le D' Masson, qu'on peut écrire l’historique des décollements de la rétine. »

C. La cécité et le crapouillot. — Le crapouillot, autant la bombe que la grenade, agit à la fois par sa flamme et par ses éclats. Dans la pratique civile, ce sont les accidents de mine qui rappellent le plus ses effets. Il produit à la fois des perforations et des brûlures. Ces actions sont, le plus souvent, combinées, mais on peut assister à la prédominance de certaines d’entre elles :

L'observation XX V témoigne surtout de brûlure ;

L'observation XXVI est un exemple de cécité par perforation des globes ;

L'observation XX VII un exemple de cécité par perforation et brûlure ;

L'observation XX VIII exemple de cécité par perforation des deux globes ;

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