‹ La Cécité: Blessures de guerreChapitre 24 sur 25 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Nous considérons comme aveugle de guerre tout militaire ayant perdu sous l’action d’un projectile de guerre, et d’une façon définitive, la faculté de travailler et vivre avec ses yeux, et présentant une acuité inférieure à 1/20.

IT. Nous rapportons trente observations d’aveugles de guerre, recueillies au centre ophtalmologique de la

XIV® Région (professeur Rollet, médecin chef).

III. — Les projectiles de guerre sont spécialement au nombre de trois : les balles, les obus, les crapouillots.

IV. — La Bac : a) la balle entière occasionne 55 pour 100 des cécités; elle lèse l'appareil visuel (10 cas sur 16).

Son action est souvent directe; elle porte sur les globes eux-mêmes. Elle est parfois indirecte, et intéresse les voies optiques et les centres visuels. |

La direction de la balle comporte trois variétés :

Elle peut être transversale, c'est-à-dire emprunter la région transversale des deux yeux, ou lui être parallèle. Dans le cours de nos observations, nous l’avons

SNS TES vue léser en séton les deux globes ou sectionner les nerfs optiques.

Elle peut être oblique : dans ce cas elle lèse un globe et contusionne l'autre, comme nous l'avons observé.

Elle peut être quelconque, déterminant la cécité par compression du centre visuel.

Le mécanisme de la lésion comporte trois modalités : la contusion légère ou violente, la perforation, l’énucléation traumatique.

b] La balle lèse encore l’appareil visuel par ses fragments ; leur action est en général directe; les éclats atteignent directement le globe. Ils en déterminent la perforation. |

c) La balle lèse les yeux par les corps étrangers qu'elle soulève. Leur action et leur mécanisme est le même que celui des éclats de balle. Les plaies qu'ils déterminent sont menacées d'infection aiguë : panophtalmie; d'infection chronique : irido-cyclite, phtisie oculaire.

V. — L'Ogus détermine environ un tiers des cécités (10 cas sur 30 dans les observations rapportées).

Il agit par lui-même (explosion), par ses éclats ou ses balles. Son mode d’action est en général direct : les éclats frappent directement le globe; parfois indirect : la balle de shrapnell peut fournir un trajet analogue à celui de la balle transversale. Nous en avons constaté un cas. Le mécanisme est en général celui de la perforation. Ces plaies ont une tendance particulière à s'infecter, marquée surtout pour les éclats

nt d’obus percutants, qui éclatent au contact du sol et se trouvent souillés.

VI. — Le CrapouILLoT, autant la grenade que la bombe, ne nous procure que quatre observations de cécité. Son importance est destinée à s’accroître dans de fortes proportions au cours de la guerre actuelle de tranchées, comparativement à la balle, qui a fait des aveugles surtout pendant la guerre de mouvement. Le crapouillot produit des contusions, des perforations et

surtout des brûlures.

VII. — Le Pays a l'obligation de s'occuper tout spécialement des aveugles de guerre. On les engagera à s’adonner à des professions d’aveugle. On créera, comme il a été déjà fait, et spécialement à Lyon, des

Ecoles d'instruction et d'éducation professionnelles.

Vu : Vus LE DOYEN, LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, L. HUGOUNENQ,. ETiENNe ROLLET.

Vu et permis d'imprimer :

Lyon, le ? juillet 1915.

Page 1