PREFACE XV
Il laissait voir que ses fonctions le forçaient à tenir son nom caché, par cela même qu'elles étaient incompatibles avec un travail de cette nature f, et ce ne fut que lorsque l'immense succès de son œuvre eut calmé ses scrupules, qu'il permit de livrer à ses lecteurs le secret qu'il avait gardé.
Et alors on trouva qu'il avait trop bien imité le style de la première partie, qu'il s'était trop bien identifié avec le genre de son devancier, pour ne pas être l'auteur de tout l'ouvrage '. Il y a en effet dans les vingt actes, aussi bien que dans le premier, une similitude absolue de style et de manière, une harmonie de pensées qui ne laissent pas entrevoir la plus faible différence, et ensuite une multitude de ces expressions familières, de ces tournures qui constituent la personnalité de l'écrivain . Un tel accord, déjà si difficile entre deux hommes qui se connaissent, est réellement impossible entre deux écrivains étrangers l'un à l'autre.
Au milieu de ces opinons si différentes et si opposées, de ces échafaudages de suppositions conçues sur des doutes plutôt que sur des faits, l'examen assidu de l'œuvre avec laquelle j'ai si longtemps vécu, une longue étude de son esprit, m'autorisent à croire que le premier acte n'est
« I. Ne me blâmez pas sien mettant fin à cette œuvre je « n'y ai pas apposé mon nom; mais je suis juriste, et quoique « ce soit œuvre discrète, elle est étrangère à ma faculté; qui- « conque me connaît pourra dire que je ne l'ai pas faite pour « me distraire de mes études principales (qui m'intéressent « beaucoup, comme c'est la vérité) , mais, plutôt, que pour « m'occuper de ce nouveau travail, il m'a fallu négliger « l'étude des droits. »
2. De cette opinion est Lorenzo Palmireno, auteur d'un livre intitulé Hypot/iiposes clarorum wrorum, et cité par Nicolas Antonio.