ACTE DOUZIÈME
Argument : A minuit, Calixte, accompagné de Sempronio et de Parmeno armes, se rend à la maison de Mélibée. Lucrèce et Mehbée l'attendent près de la porte. Il arrive Lucrèce 1m parle la première, elle appelle Mélibée et s éloigne. Melibee et Calixte parlent à travers la porte entr ouverte, Parmeno et Sempronio causent de leur côté • us entendent du monde dans la rue et se disposent à fuir ' Calixte prend congé de Mélibée, après être convenu de son retour pour la nuit suivante. Au bruit qui se fait dans la rUe*V,-L -j* vréve,lle> aPPelle sa ^mme Alisa et demande a Melibee d ou viennent les pas qu'on entend dans sa chambre. Melibee repond à son père qu'elle avait soif Lalixte rentre chez lui en causant avec ses serviteurs et va La Cl'lestjne . T -?
ÎÔO LA CELESTINE.
se mettre au lit. Parmeno et Sempronio se rendent chez Céïestine et lui réclament leur part du gain 5 •Célestine refuse, ils se mettent en colère, portent la main sur Célestine et la tuent. Elicie pousse des cris 5 la justice vient pour les arrêter tous deux.
CALIXTE, SEMPRONIO, PARMENO, LUCRÈCE, MÉLIBÉE, PLEBÈRE, ALISA, CÉLESTINE, ÉLICIE.
Calixte. Amis, quelle heure vient de sonner?
Sempronio. Dix heures.
Calixte. Oh ! combien je suis mécontent de l'inattention de ces hommes ! Que de choses il y aurait à dire de ma grande vigilance pendant toute cette nuit et de ta négligence inconcevable! Comment ! étourdi, tu sais combien il m'importe qu'il soit dix ou onze heures, et tu réponds au hasard ce qui te vient à la bouche! Si malheureusement j'avais dormi, tout aurait dépendu de la réponse de Sempronio, qui pour onze compte dix et pour douze aurait compté onze. Mélibée serait venue, je ne me serais pas trouvé là, elle serait rentrée; de cette manière, ma peine n'aurait pas eu de fin ni mon désir d'exécution ; on a raison dédire que bonheur ou malheur tiennent à un cheveu.
Sempronio. Il me semble qu'il n'y a pas moins de mal à demander ce qu'on sait, qu'à répondre ce qu'oïl ignore. 11 serait mieux, seigneur, d'employer l'heure qui nous reste à préparer des armes, plutôt qu'à chercher sujet de querelles.
Calixte, à part. Il a raison l'imbécile, je ne veux pas me fâcher dans un tel moment; il faut penser non à ce qui aurait pu arriver, mais à ce qui existe; non au mal qui aurait pu résulter de sa négligence, mais au profit que me procurera ma sollicitude ; j'aurais tort de céder à la colère, il faut la laisser se calmer. (Haut.) Parmeno, descends mes cuirasses et armez-