‹ La CélestineChapitre 24 sur 179 · PREFACE XXVII · texte numérisé non relu

PREFACE XXVII

enfin que le bon et naïf sire Jacques de Lavardin, seigneur du Plessis-Bourrot, en Touraine, adressa la traduction qu'il fit, en i 578, de la Cêlestine, clair mirouer et vertueuse doctrine pour se bien gouverner, à très-nobles et vertueux gentilshommes Jean de Lavardin, révérend abbé de l'Etoile, et Antoine de Lavardin, seigneur de Rênay et Boessoy, ses frère et neveu.

« Le fruit que produit ce livre, leur dit-il, pour « vieillir ne perd jamais saison, ni ne pouvoit en ce temps plus convenable être servi; comme ainsi « soit qu'en ce royaume aujourd'hui plus que jacc mais quasi toute la jeunesse, si gaillarde et folce lâtre, fait merveille de se jeter sus l'amour, et le ce professe à l'ouvert en telle dévotion, comme s'il « n'estoit religion approuvée que celle-là, ni autre « déité au ciel que Cupidon et son impudique « mère. Quelqu'un desquels possible, lisant cette « tragi-comédie et retenant les chastes et hon- « nêtes admonestations, sans s'arrêter aux lascifs c et dissolus propos, et de tout faisant son profit ce à l'imitation de la laborieuse abeille^ qui d'un « million de fleurettes différentes va recueillant ce son doux miel et sa cire, se repentira de la fucc rieuse poursuite de ses passions insensées ; ou ce du moins le fera-t-il par le piteux exemple de ce la douloureuse et triste fin de deux infortunés ce amans. Pour le profit doneques de tous, déce charge de ma conscience et satisfaction de mon ce devoir, et avec plus large usure vous faire sacc vourer la bonté et douceur de ce fruit étranger ce et né en pays lointain, je me suis mis à le renée dre notre domestique et familier françois, le ce repurgeant en plusieurs endroits scandaleux ce qui pouvoient offenser les religieuses oreilles,

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