ACTE DEUXIEME
n'est à l'honneur, le premier des biens de ce monde? L'honneur est la récompense de la vertu; nous l'adressons à Dieu parce que nous n'avons rien de plus précieux à lui offrir; la générosité et la libéralité sont ses plus nobles attributs. L'honneur est terni par l'avarice, la magnificence le rehausse et l'accroît. A quoi bon avoir des choses dont on ne veut tirer aucun profit? Je vous le dis sans hésiter, l'emploi des richesses vaut mieux que leur possession. Qu'il est glorieux de donner! qu'il est misérable de recevoir! Autant le don est préférable à la possession, autant celui qui donne est plus noble que celui qui reçoit 3*. Le feu, le plus actif des éléments, est aussi le plus noble; il occupe dans l'immensité la place la plus digne. Il est des gens qui prétendent que la noblesse est une gloire qui provient du mérite et de l'ancienneté des ancêtres; je dis, moi, que la lumière d'autrui ne vous éclaire pas, si vous ne vous éclairez vous-même. Ainsi donc ne soyez pas vain autant de la gloire de votre père, quelque haute qu'elle ait été, que de celle que vous aurez acquise. C'est ainsi que se gagne l'honneur, le plus grand des biens qui soient en dehors de l'homme; c'est par lui que, non pas le méchant, mais l'homme de bien, comme vous, peut jouir d'une vertu parfaite, et encore la vertu parfaite n'admet pas seulement qu'on agisse avec honneur, il faut y joindre la satisfaction d'être magnifique et libéral. Si vous voulez croire mes conseils, rentrez dans votre chambre et reposez-vous. Votre affaire est en bonnes mains; le commencement est à souhait; la fin sera meilleure encore. Hâtonsnous, je veux causer plus longuement avec vous sur toute cette affaire.
Calixte. Sempronio, il ne me paraît pas bien que tu sois avec moi et que nous laissions aller seule celle qui cherche remède à mes maux. Il sera mieux que tu ailles avec elle et que tu la tourmentes un peu; tu sais que de son activité dépend mon salut; que sa lenteur peut augmenter ma pei ne, son oubli causer mon désespoir. Tu es intelligent, je te sais fidèle, je te tiens pour bon serviteur : fais en sorte que rien qu'en te
voyant elle comprenne la peine que me cause ce feu qui me brûle, et dont l'ardeur m'a empêché de lui dépeindre le tiers de ce que je souffre, tant il retient et paralyse ma langue et ma pensée! Toi qui es libre de semblable passion, tu pourras lui parler tout à ton
aise
Sempronio. Seigneur, je voudrais partir pour obéir a vos ordres, ,e voudrais rester pour adoucir vos ÏTfV 70tre Cra'nte me cha8"ne, votre solitude me retient. Je veux prendre conseil de l'obéissance, je pars et ,e vais presser la vieille. Mais comment m'en irai-je > car lorsque vous êtes seul, vous parlez à tort et à travers, comme un homme qui a perdu l'esprit : vous soupirez, vous gémissez, vous faites de mauvais vers, vous desirez la solitude et l'obscurité, vous cherchez mille mameres de penser à vos tourments. Si vous continuez, vous ne pourrez éviter la mort ou la folie, a moins que vous n'ayez près de vous quelqu'un qui vous egaye, qui vous dise des choses agréablelq ui vous chante de joyeuses chansons, des romances, qui vous raconte des h.stoires, qui écrive des vers, qui imagine des contes, qui ,oue aux cartes, enfin qui sache chercher quelque genre de doux passe-temps, pour ne pas laisser vos pensées s'arrêter sur le cruel traitement qPue vos amours!^0"617 "^ "^ aU Premier aveu de Calixte. Homme simple, ne sais-tu pas que les larmes adoucissent la peine? combien il est doux aux affl.ges de se plaindre de leur tourment» quel soulagement procurent les soupirs les plus déchirants?
couleur TS krmeS 6t l6S S^^ements diminuent la douleur? Tous ceux qui ont écrit sur les consolations ne disent pas autre chose.
Sempronio Lisez plus avant, tournez la feuille vous y verrez qu'ils disent que se fier au temps et chercher
Mac aT VéTT^ ^ U° même ^ de foTe aT Mac.as, 1 dole des amants, se plaignait de l'oubli parce qu'i n'oubliait pas**. La peine d'amour es dans la med.tat.on," le repos se trouve dans l'oubli!