‹ La CélestineChapitre 75 sur 179 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

bien en parlant peu quand j'étais fâchée, qu'en prenant patience.

Célestine. Madame , je vous ai soufferte avec crainte, parce que vous vous fâchiez avec raison. La colère est comme la foudre et ne dure pas davantage; c'est pour cela que j'ai courbé la tête devant vos cruelles paroles, jusqu'à ce que la provision en fût épuisée.

Mélibée. Ce cavalier te doit être bien reconnaissant.

Célestine. Madame, il mérite plus encore; et si j'ai obtenu quelque chose pour lui par mes prières, je le rends malheureux par mon retard. Je vais vers lui, si vous le permettez.

Mélibée. Si tu me l'avais demandé plus tôt, tu l'aurais obtenu plus facilement. Va, avec Dieu ! ton message ne m'a apporté aucun profit, ton départ ne peut me causer aucun tort.

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