FONCTION BACTÉRIOPEXIQUE
Les microbes les plus divers ont pu être retrouvés, emprisonnés dans l’endothélium hépatique : bacilles de Hansen (Metchnikoff), bacilles tuberculeux (Gilbert et Lion), et hématozoaire du paludisme, rouget du pore (Metchnikoff). Wisskowitch et Werigo ont pu mettre en évidence dans ce même endothélium différents “microbes injectés au lapin par la veine de l'oreille.
Cest encore à Werigo que nous devons les travaux les plus importants sur la question.
Séhsét dx
Werigo injecte de la culture de bactéridie charbonneuse dans la veine de l'oreille d'une série de lapins.
Ces animaux sont sacrifiés à desintervalles variables, 2minutes4/2,
> minutes, 7 1/2, 10,15, 20, 40 minutes, puis d'heure en heure de 4 heure à 18 heures.
Déjà au bout de 2 minutes 1/9, les bactéridies remplissent les cellules de Kupffer, leur nombre moyen par champ est de 10 environ; ce chiffre augmente rapidement jusqu'à 7 minutes 1/2, où il arrive à 48, pour retomber à 20 à la dixième minute. Ce nombre décroit progressivement jusqu'à la quatrième heure où il ne dépasse pas trois ou quatre. Les bactéridies se rencontrent à des états très différents suivant le temps considéré.
A côté des bactéries tout à fait normales, nous en trouvons d’autres qui, en conservant encore leur forme, présentent quelques anomalies : tantôt elles sont plus ou moins amincies ou raccourcies, tantôt leurs contours et leur coloration sont plus ou moins irréguliers (bactéries en voie de dégénérescence). Enfin nous trouvons des bactéries complètement dégénérées. Les bactéries normales, qui constituent la presque totalité de celles qu'on trouve dans le foie immédiatement après l’injection, deviennent de plus en plus rares, de sorte que pendant la période stationnaire elles ne font qu’une très petite fraction du nombre total. Ainsi, par exemple, dans le stade 9° (11 heures après l’injection), nous ne trouvons que ? p.100 de bactéries normales : toutes les autres sont en voie de dégéncérescence : plus ou moins manifeste. En comparant la quantilé totale de bactéries qu’on trouve pendant ce stade (0,8 bactéries sur 10 champs de vision) avec la quantité maxima que nous avons trouvée sept minutes et demie après l'injection (43 bactéries sur 10 champs de vision), nous pouvons évaluer facilement, que, pendant onze heures de séjour des bactéries dans le foie, il ne reste à l’état normal que 42,500 de leur nombre primitif. Depuis les derniers stades de la période stationnaire, le pourcentage des bactéries normales commence à augmenter : cette augmentation progressive dure pendant toute la troisième période de la maladie, de sorte, que, pendant les stades qui précèdent immédiatement la mort de l'animal, presque toutes les bactéries sont déjà tout à fait normales : le pourcentage des bactéries dégénérées est presque impossible à déterminer.
Ce travail met encore en parallèle le pouvoir bactériopexique de la cellule de Kupffer avec celui des leucocytes. Ainsi, dix minutes
après l'injection, sur cent bactéries englobées, quatre-vingt-six sont renfermées dans la cellule endothéliale, treize seulement dans les phagocytes. A ce même moment, si l'on tient compte de l'état de dégénération des bactéries, les chiffres sont les suivants.
Sur 100 bactéries :
13 bactéries normales : 6 pour les cellules de Kupffer: 7 pour les leucocytes.
36 en voie de dégénérescence : 21 pour les cellules de Kupffer ; 15 pour les leucocytes.
51 bactéries totalement dégénérées : 33 pour les cellules de Kupffer; 18 pour les leucocytes.
Il faut rapprocher de ces faits les expériences de Lemaire, citées par Gilbert et Carnot. Lemaire a vu que le colibacille, injecté dans la circulation générale, en disparaissait deux heures après: on le retrouve dans le foie, d'où il disparaît au bout de quatre heures : ces bacilles sont très adhérents, puisque les plaques ensemencées avec des fragments de foie donnent des cultures aussi riches que les fragments et subit ou non un lavage préalable.
Lemaire pense que ces bacilles sont saisis uniquement par les cellules endothéliales, car dans d’autres expériences, après injections intrapéritonéales, ce même colibacille est respecté par les leucocytes. Enfin, sur les coupes, on voit absence totale de phagocytose de la part des leucocytes et, par contre, une leucocytose énergique de la part des cellules endothéliales des capillaires hépatiques.
Il semble donc après ces expériences que l’action des cellules dé Kupfler varie suivant l'agent pathogène et suivant l'espèce animale : dans certains cas, celles de Kupffer et phagocytes réagissent de concert : d'autres fois, la réaction reste élective, soit kuplTérienne, soit leucocytaire.