ÉTHÉROBACILLINE
Les échantillons d’éthérobacilline qui ont servi à ces expériences provenaient du laboratoire du D' Grancher : ils nous été remis par notre excellent ami le D' Radiguet.
L'éthérobacilline était évaporée dans un verre de montre taré à l'avance; elle était pesée à l'état sec, émulsionnée dans trois ou quatre gouttes de soude au dixième, puis dans de l'eau salée physiologique ajoutée par petites portions. L’injection était pratiquée dans la veine marginale de l'oreille suivant la technique habituelle.
LAPIN n°L — Lapin gris, femelle, — poids : 1 kilog. 555 — recoit le 25 juillet dans la veine de l'oreille un demi-milligramme d’éthéroba-
cilline : il recoit le même jour ua centimètre cube de collargol au centième.
Le ? et le 7 août nouvelle injection d’un demi-milligramme d'éthérobacilline et d’un centimètre cube de collargol. Le lapin continue à s’alimenter, pas de diarrhée, son poids est resté sensiblement stationnaire (4 kilog. 540).
Sacritié le 9 août : à l'examen du foie pas de lésions macroscopiques ni microscopiques appréciables; les cellules de Kupffer, bien imprégnées par le collargol ont conservé leur forme, leur volume, et leurs rapports normaux.
LAPIN N° II. — Lapin gris, femelle, — poids : 2 kilog. 100 — recoit le 26 août1907 deux milligrammes d’éthérobacilline. Le 28 poids : { kilog. S15, — le 30, 1 kilog. 850, — le 2 septembre, 1 kilog. 640 ; il recoit ce même jour un centimètre cube de collargol (il en avait recu de même le 26 août); le 4 septembre, 1 kilog. 720, le 6 septembre, 1 kilog. 645. Il recoit ce même jour trois centigrammes d’éthérobacilline et un centimètre cube de collargol : l'animal est triste, ne se nourrit plus; le 43 septembre, 1 kilog. 460 (il reçoit un centimètre cube de collargol). Le lapin meurt dans la nuit du 18 au 19.
A l’autopsie, le foie ne présente pas de lésion macroscopique apparente, mais les lésions histologiques sont des plus caractérisées.
Au faible grossissement l'ordination générale du foie est bien conservée. Pas de cirrhose appréciable, les capillaires semblent dilatés mais déjà, à ce grossissement, la coupe apparait comme parsemée d'énormes plasmodes imprégnées par le collargol.
Un plus fort grossissement (voir fig. ci-contre) montre l'intégrité des cellules hépatiques, et la situation nettement intracapillaire des plasmodes.
Les plasmodes les plus volamineuses sont assez régulièrement arrondies, mesurant de 20 à 22 microns de diamètre, leur corps protoplasmique est bourré de granulations de collargol qui masquent complètement la structure intime; leur périphérie est occupée par des noyaux ovalaires au nombre de 3, 4, 5, parfois 6 pour le même élément, souvent ces noyaux se disposent en couronne autour de l'élément; c'est l'aspect typique des cellules géantes; souvent cependant l'ordination est moins régulière, la forme de la plas-