‹ La Cellule de KupfferChapitre 55 sur 64 · PARTIE ANATOMO—PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE ANATOMO—PATHOLOGIQUE

2° OBSERVATION DU DOCTEUR LION DANS LA THÈSE DE SEIBEL (résumé).

Le nommé L... âgé de 49 ans, serrurier, entre au mois de mai 190% à la Pitié, salle Rostan. A toujours consommé une assez grande quantité d'alcool.

À 43 ans il éprouva un jour des frissons et du vertige qui l'obligèrent à s'aliter : quelques jours après apparut un ictère qui devint progressivement très intense et dura environ un mois. Le foie était douloureux, ce qui nécessita des applications calmantes. Les urines très foncées contenaient de l'albumine et du sucre. La fièvre accompagna l’ictère pendant toute sa durée.

Trois mois après le début de cette affection, le malade se sentant mieux, et se croyant complètement guéri, reprend son travail.

Pendant les deux années qui suivirent, sa santé fut bonne et il ne remarqua rien d'anormal dans son état. Mais au bout de ce temps, c’està-dire il y a environ quatre ans L... remarqua qu'il urinait davantage, le volume de ses urines atteignait cinq ou six litres, l'analyse faite en ce moment a décelé 50 grammes de glycose par litre et des traces d’albumine. Le malade est atteint de polydipsie et de polyphagie. L... mange beaucoup, mais il digère mal, il éprouve des sensations de pesanteur à l’épigastre après les repas.

Il à des pituites le matin, mais pas de vomissements alimentaires, ni d'hématémèses. Les selles sont régulières et colorées. Il entre à l’hôpital de Châlons, y reste trois mois, puis vient à Paris et se fait admettre dans le service de M. Dieulafoy à l'Hôtel-Dieu, où il fait un séjour de quatre mois.

On le met à un régime composé de pommes de terre, de viandes et légumes verts. Il sort amélioré : mais à sa sortie ses urines renferment encore 25 grammes de glycose par vingt-quatre heures.

Cependant son état de santé lui permet de travailler pendant dix-huit mois, époque à laquelle les symptômes de diabète reparaissent d’une facon intense et le poussent à le faire admettre de nouveau à l'hôpital de Châlons, où il reste encore trois mois. Sorti en février 1903, il vient à Paris où il mène une existence assez misérable. Il perd 15 livres depuis sa sortie de l'hôpital de Chälons jusqu’à sa rentrée à la Pitié, où iloccupe le n° 10 de la salle Rostan.

L... présente sur son thorax des croûtes rouges d'eczéma, qu'il dit avoir depuis longtemps.

L'appétit est bon, les digestions faciles, mais L... est généralement constipé. La limite supérieure de l'estomac est au niveau du sixième espace intercostal, sa limite inférieure est à deux travers de doigt audessus de l’ombilic.

Le foie est petit, sa limite supérieure est à trois travers de doigt au-

dessous du mamelon, son bord inférieur ne dépasse pas le rebord des

fausses côtes.

Les réflexes sont normaux. Les bruits du cœur sont normaux et régu-

liers. Le malade a tous les soirs 38 degrés.

L'auscultation du poumon permet de constater au sommet gauche une dimiuution du murmure du vésiculaire.

Le 4 mai. — Ses urines contiennent 190 grammes de glycose.

Le 17 mai. — L... a une légère hémoptysie. Les signes de tuberculose s’accentuent de jour en jour.

On entend des râles sous-crépitants en arrière et des craquements dans la fosse sus-épineuse gauche en arrière.

Le 28 mai. — 1l y a 373 grammes de glycose.

Il meurt le 6 juillet par suite des progrès d’une tuberculose pulmo-

naire rapide.

A l'examen histologique le foie présente encore la dilatation des capillaires veineux, les cellules hépatiques sont surchargées de pigment ferrique. Prolifération très marquée de l'endothélium avec augmentation du nombre et du volume des cellules de Kupffer, par places aspect de cirrhose insulaire paucicellulaire.

Pneumonie chez un alcoolique (observation clinique due à l'obligeance de MM. les docteurs Dupré et Crouzon).

Un homme de 47 ans est envoyé à l’infirmerie spéciale du dépôt comme aliéné (il avail tenté de mettre le feu à son logement). En l'examinant le docteur Dupré fut frappé de son état adynamique : il l'ausculte, et trouve une pneumonie de la base gauche; le malade entre dans le service du professeur Dieulafoy où il succombe quinze jours après d'une pleurésie purulente matapneumonique.

Au point de vue anatomo-pathologique, celle observation mérite d'être rapprochée des précédentes : légère sclérose des espaces de Kiernan; dilatation des capillaires avec prolifération de l’endothélium et des cellules de Kuplfer qui forment par places un réseau continu : ce réseau isole encore de la travée des petits groupes cellulaires qui lentourent complètement; l’origine endothéliale de tous ces éléments est encore facile à démontrer.

lctère grave (pièce due à l'obligeance de notre collègue le docteur Ribot).

Jeune femme présentant un goitre exophtalmique, ayant succombé à un ictère grave subit.

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