‹ La Cellule de KupfferChapitre 60 sur 64 · PARTIE ANATOMO-PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE ANATOMO-PATHOLOGIQUE

ces points on constalait, dans les préparations traitées par l'acide osmique, que quelques rares cellules hépatiques étaient ponctuées de taches noires, mais les cellules étoilées étaient fréquemment envabies par la graisse. »

Le professeur Bar a décrit des lésions analogues sur le foie d'un fœtus dont la mère avait succombé à l'éclampsie.

Le foie des animaux intoxiqués à la cocaïne par Gilbert et Carnot présentait des altérations du même genre, une surcharge graisseuse localisée électivement aux cellules de Kupffer. Gette surcharge serait d'après ces auteurs en rapport avec le rôle antitoxique de l'endothélium hépatique, et ces faits expliqueraient encore cette constatation de Gley et Eon, que la cocaïne perd plus de la moitié de sa toxicité lorsqu'elle est injectée par voie portale.

IL semblerait done que la cellule de Kuplfer dût être toujours lèsée avant la cellule hépatique; ce fait est réalisé dans un certain nombre de cas, souvent les altérations de l’endothélium rappellent celles du parenchyme; mais il ne faudrait pas trop généraliser et tirer de ces observations une loi absolue puisque assez souvent, dans nos coupes, nous avons pu voir des cellules de Kupffer saines accolées à des travées hépatiques dégénérées.

Les réactions d'ensemble de l’endothélium accompagnent, dans la majorité des cas, un parenchyme peu ou point Iésé, mais là encore il serait imprudent de généraliser. On peut encore, très schématiquement du reste, considérer deux degrés dans cette réaction en masse.

Le premier degré est caractérisé par la dilatation des capillaires, la desquamation de l’endothélium, la formation de nombreuses cellules de Kupffer en activité phagocytaire et macrophagique.

Le second degré est caractérisé par le développement du réseau endothélial qui dissèque et segmente les travées cellulaires en ilots de quelques cellules; au terme extrême de celte réaction, ces ilots parenchymateux sont noyés dans un épais feutrage endothélial (v. notre cas d’ictère grave).

Ces différentes modalités, réaction unicellulaire, réaction en plasmodes isolées, réaction à type réticulé, réaction à Lype insulaire, ont pu être reproduites par l’expérimentation.

L'expérimentation nous avait également permis de suivre la transformation de l’endothélium intralobulaire en tissu conjonctif adulte. Cette dernière constatation nous a été impossible sur les pièces d'autopsie, car les processus cirrhotiques sont en général trop anciens pour permettre de rétablir les premiers stades de l'évolution endothéliale.

Cependant, sur une pièce de cirrhose mixte (service du professeur Dieulafoy), on pouvait voir, malgré une cirrhose à pelits grains, des cellules parenchymateuses relativement saines et séparées les unes des autres par de longues cellules chargées d’enclaves, qui semblaient bien être des cellules de Kupffer.

Enfin nous avons signalé à plusieurs reprises la dissociation qui existait entre les lésions de l’espace de Kiernan et les lésions du tissu interstitiel du lobule. Lorsque ces deux lésions coexistent, le plus souvent les lésions de l’espace de Kiernan sont constituées par du tissu conjonctif adulte, celles du lobule par du tissu conjonctif jeune. Lorsque ces deux processus sont très développés, il arrive que ces deux lésions convergent et que les lésions intralobulaires semblent se continuer avec celles de l’espace porte. Toutefois les cas sont très variables, car le début des lésions intralobulaires est très irrégulier et peut se faire soit au centre, soit à la périphérie du lobule.

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