COUTURE
cle, et les anciens en virent même s’ajouler de nouveaux, mais les autorités administratives n’osaient pas les appliquer. Le Parlement seul voulut faire sentir sa puissance, el veiller à l’application des lois ; de 1775 à 1789, il fit condamner ou supprimer 65 écrits. Exception faite de ce côté, le régime ordinaire était celui d’une censure moins sévère que celle des siècles précédents.
Il est juste de remarquer que cette large tolérance était due surtout à l'esprit libéral du directeur de Pimprimerie ; un changement de fonctionnaire pouvait amener un retour à la répression rigoureuse ; et c’est ce qui faillit se produire avec le chancelier Maupeou. Ce chancelier essaya en effet de réorganiser la censure en créant un corps de censeurs choisis parmi les magistrats et les gens de lettres, esquisse en quelque sorte de ce qu’elle devait être sous l'Empire. Mais sa tentative échoua, et on s’en tint à cette pratique atténuée de la censure qui amoindrissait ce que les lois avaient de sévère, d’inhumain et d’attardé.
SECTION III
La censure théâtrale.
En exposant les causes qui, au xvi° siècle, amenèrent la création de la censure destinée à combattre la propagande protestante et à maintenir l’unité du dogme et de la foi, nous n'avons rien dit du théâtre, réservant notre seul examen pour les livres et autres imprimés. C'est qu’en effet la censure du théâtre ne devait apparaître que postérieurement, dans les premières années du xvine siècle.
Cela ne veut pas dire toutefois que le moyen-âge fut privé de représentations dramatiques ou que celles-ci se faisaient librement, sans aucun contrôle. Ce contrôle exista au contraire de bonne heure, mais la censure ne devait recevoir son organisation véritable que beaucoup plus tard. | |
En effet, après une première période de tâtonnements où les attributions sont mal limitées, souvent en rivalité