OT RE PUIS
"ANT M. Paul Hervieu dit:
« Naturellement, j'approuve de tout cœur votre projet de favoriser, aux Etats-Unis, l'expansion de la pensée et de la langue françaises.
« Je ne doute pas que nos grands éditeurs ne soient heureux de répondre à votre initiative, lorsqu'elle leur fera concevoir les réalisations pratiques de l'excellente idée. Toutefois, je crois qu'une association de libraires serait plus durable, parce que l'intérêt commun s’y établirait facilement, sans donner lieu à de légitimes comparaisons entre les résultats procurés à tels et tels éditeurs ou auteurs, non obtenus par d'autres. »
M. Henry Houssaye dit :
« Cela regarde les éditeurs, mais comme homme de lettres je ne puis que souhaiter le meilleur succès à votre projet. »
M. Abel Hermant dit :
« Je crois qu'en Amérique, comme ailleurs, la production des livres pornographiques prétendus français nous discrédite, nous déshonore et nous ruine. Votre idée de fonder un comptoir d'éditions françaises qui soient respectables est excellente. Il faut obtenir que nos vrais éditeurs français s'unissent et réalisent ce programme. Je ne doute pas que tous nos confrères, sans la moindre exception, ne soient du même avis. »
M. Victor Margueritte, président en exercice, dit:
« Je suis, avec un bien vif intérêt, les articles si justes etsi frappants où le patriotisme éclairé lutte pour la bonne cause
du livre français — des lettres françaises ! É
« Tous, nous devrions nous unir pour faire triompher cette idée. La France doit chercher à maintenir un renom jusqu'ici glorieux, une influence qui ne fût pas inutile au progrès de la pensée humaine.
« Et elle serait d'autant plus coupable d'y manquer, qu’elle est plus hautement capable de le faire. »
M. Marcel Prévost dit :
« L'idée d'un groupement des éditeurs pour la vente aux Etats-Unis des orais livres français est excellente. Je crois que les éditeurs y trouveraient leur profit. Mais il faudra les grouper — les éditeurs — et leur persuader qu’il y a mieux à faire que de suivre le petit trantran quotidien de leurs affaires courantes ! Si vous y réussissez, vous aurez fait œuvre méritoire. Les éditeurs parisiens sont des gens charmants, dont plusieurs sont de mes amis. Mais ils ont un gros défaut: ils sont trop riches et n'ont plus besoin de faire aucun effort. Ah ! les livres qui se vendent se vendent bien tout seuls !... Je vous dis là des choses que vous savez mieux que moi. Vous qui êtes actif et éloquent, vous tirerez peut-être ces nababs de leur fructueuse indolence.
« En toute hypothèse, le projet me paraît ingénieux et pratique. Croyez qu'il serait également applicable à la Russie et à l'Angleterre. »
Devant une telle unanimité, il n’est pas possible que les maîtres parisiens de l'édition ne s’émeuvent point et qu'ils se dérobent à l’effort que l'opinion attend d’eux.
Nous songeons à leur donner rendez-vous, quelque jour