Archives de la Comédie française
raient pris dans des temps trop près de nous. Je lis dans un journal qu'on veut jouer une tragédie de Henri IV. Cette époque n'est pas assez éloignée pour ne point réveiller des passions. La scène a besoin d'un peu d'antiquité, et, sans trop porter de gêne sur le théâtre, je pense que vous devez empêcher cela, sans faire paraître votre intervention *. » C'était donc à la police qu'était réservé le droit suprême d'interdire les ouvrages dramatiques *. Napoléon conseillait en outre d'engager Raynouard, qui lui paraissait avoir du talent, à faire une tragédie du passage de la première à la seconde race. Au lieu d'être un tyran, celui qui lui succéderait serait le sauveur de la nation. C'était dans ce genre de pièces surtout que le théâtre serait neuf, car sous l'ancien régime on ne les aurait pas permises. « L'oratorîo de Saû/, disait-il dans la même lettre, n'est pas autre chose. C'est un grand homme succédant à un roi dégénéré '. » L'allusion était facile à saisir. Il fallait chanter « le repos glorieux qui succédait aux agitations de la Révolution française » et le génie du héros. C'est ce que comprirent immédiatement Esménard et Etienne. Le premier fit représenter à l'Opéra une sorte d'apothéose où les peu* pies étrangers célébraient avec la Grande Armée les victoires de Napoléon. Les Français se pressaient autour des soldats, les élèves des écoles militaires se précipitaient dans les rangs pour .caresser leurs pères, tandis que les vieil-^ lards allaient embrasser leurs fils. Le second, par le Nouveau Ré\)eil d'Epiménide *, affirmait qu'il avait eu pour