SIGNALEMENT DE MADAME DE STAËL
Archives nationales, F? 6331.
Prairial an iv (mai-juin 1796).
Commissaire du pouvoir exécutif, département de TAin. Signalement.
. Pierre- Antoine Descarrières, âgé do quarante-six ans (sut le signalement), prévenu do vol. — Simon Plongeron (id.) prévenu do vol. — Louis Masson (id.)^ condamné à quatre an de fers. — Etienne Toulouse (id,), condamné à quinze ans de fers. — Jean-Pierre Lalieice (id.), c? ndamnc à quatre ans de fers. — Henry Royer (id.i, délenu à Laon. — Hubert Sau (id.), prévenu de vol. — Louis-Elisabeth-Grégoire Neuville (id.), prévenu de désertion. — Denis Minutie (id.), prévenu de vol. — Jean-Baptiste Boulin (id.), voleur d*avoine. — Laurent Glinc (id,), prévenu de fabrication de fausse monnaie, etc.
La nommée staêl. Sa qualité est femme de Tarabassadour
do Sucdcy, ne pouvant faire croii^e qu'elle voyage sous un autre nom, il sera 1res facile de la reconnaîtix).
NOTE DE POLICE SUR LE SÉJOUR DE MADAME DE STAËL A MAFLIBRS, PRÈS EGOUEN.
Archives nationales, F? 6331.
18 vcndénûaire an xi (10 octobre 1802).
L'agent envoyé hier à Mafliers rapporte que M"»« de Staël a été environ un mois à Mafliers, dans une maison qu'elle y a louée et qui. n'est pas encore enlièrement meublée ; on y a apporté encore une voiture de meubles, il y a cinq jours.
Elle est partie de Mafliers depuis quatre â cinq jours et on la croit là venue à Paris; cependant, elle n'est point chez elle, rue de Lille, il* 540. La portière, chez laquelle on vient de slnformer, a répondu qu'elle l'attendait. Elle sera sans doute descendue d'abord chez un ami. La voiture est chez le charron, près la grande route de Beaumont. Elle l'avait demandée aujourd'hui à midi. Son intendant est arrivé hier soir à Mafliers, où il a donné contre-ordre pour du charbon destiné à la consommation du château, attendu qu'elle ne devait pas y revenir de sitôt.
Il est venu beaucoup de monde chez M"« do Staël" durant son séjour à Mafliers. Quatre jeunes gens entre autres y sont venus mardi, sont restés une heure et repartis de suite. Benjamin Constant a sa maison assez près do celle louée par M"« de Staël. M*»» de Staël n'a ni cocher ni chevaux. Son domestique se compose de deux hommes, une femme de chambre, un intendant et un cuisinier.
On sait à Mafliers qu'elle doit retourner en Suisse, mais on ignore à quelle époque.
On nous informe aujourd'hui dans quelle maison elle est descendue à Paris.