ORDRE A MADAME DE STAËL DE QUITTER BEAUMONT- SUR-OISE
Division do police secrète.
20 vendémiaire an xii (13 octobre 1803).
Au général Moncey :
Llntention du gouvernement, citoyen général, est que M"« de Staël ne demeure point en France. Je vous invite à charger un officier de gendarmerie do lui faire connaître cette disposition et de veiller d ce qu'elle Texécute.
Dans le cas où elle s*y refuserait, elle devra être accompagnée jusqu'à la frontière par un gendarme. M»«de Staël habile dans une maison do campagne près de Beaumont-sur-Oiso <. Elle Ta quittée à la an do la semaine dernière pour venir à Paris. Je présume qu'elle y est retournée. Je vous prie do me faire connaître le résultat des ordres quo vous donnercr.
P.S, — U serait possible qu'elle fût à Sainl-Ouen. Je vous prie, citoyen général, do recommander à rofûcier de gendarmerie d'y exécuter la commission sans bruit et sans éclat.
NOTE DE POUCE SUR LE SÉJOUR DE MADAME DE STAfiL A MAFLIBRS.
Archives nationales, ibid,
22 vendémiaire an xu (15 octobre 1803).
M»* de StaëL
Mercredi dernier on est venu chercher la voiture de M"* de Staël avec les chevaux de Benjamin Constant, qui l'ont conduite à Paris.
1. < J'arrivais dans une petite campagne près de Paris, formant le projet de m'établir les hivers dans cette retraite, tant que durerait la tyrannie... J'y étais paisible depuis un mois, lorsqu'une femme vint dire au Premier Consul que les chemins étaient couverts de
Elle a renvoyé tout son monde... Il ne reste à Mafliers qu*un vieux concierge. On croit que Benjamin Constant occupera cet hyver la maison louée à M"* de Staël, le chemin qui conduit à la sienne près de là n'étant point praticable au cabriolet.
M"« de Staël a mis deux de ses enfants en pension, elle a emmené avec elle Taîné «.
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DÉPART DE MADAME DE STA£L POUR L'aLLEMAGNE.
Archives nationales, F^ 633t.
Paris le 27 vendémiaire an xii (20 ocL 1803).
Le général Moncey au Grand Juge, Ministre de la Justice :
Citoyen Grand Juge, je vous annonce que, conformément aux intentions du gouvernement exprimées par votro lettre du 21 de ce mois, M'»* de Staël est hier partie do Paris et qu'elle a pris la route de Strasbourg pour sortir de France. Comme elle n'a pas refusé de se conformer à Tordre qui lui a été intimé, le lieutenant Gaudriota jug^ inutile do la faire accompagner par un gendarme, et en cela il 8*est conformé même à l'esprit de votro lettre.
M»« de Staël avait éprouvé, la veille et Tavant-veille de son départ, une incommodité grave qui l'avait obligée de différer son voyage d'un jour.
J'ai rhonneur, etc. Moncey.
gens qui allaient me faire visite Bonaparte saisit le prétexte ou le
motif qu'on lui donna pour m'exiler, et un de me^ amis me préTini qu'un gendarme viendrait sous pou de jours me signifier Tordre de partr ». (Dix années d'exil, p. 7^}
1. M»« de Staél partit le 2C, sur Tordre transmis par un oHlcierde gendarmerie.