‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 28 sur 220 · Archives naUonales, F · texte numérisé non relu

Archives naUonales, F

Les saisies, les suppressions, les mesures arbitraires se multiplient. Le 13 février 1802, on enlève chez Timprimeur Prudhomme un bref du Pape, parce qu'il tend à réveiller la fureur des dissensions religieuses. Le !•' avril, la Vedette de Rouen j déjà mise en suspicion à propos d'un ancien article contre l'organisation du Tribunat, est supprimée pour avoir dit que le discours du président de l'Institut au Premier Consul avait été inspiré par le vingt et unième livre deTélémaque^. Quelle audace!... Feydel, directeur du Citoyen français, est arrêté, le 6 avril de la même année, pour avoir publié son journal sans autorisation. Les Annales de la Religion, qui attaquent les prêtres mariés, sont supprimées, parce que la censure ne peut permettre € qu'on outrage de paisibles et bons citoyens, pères de famille, et la plupart fonctionnaires publics ou hommes de lettres >. La police se réserve le droit de contrôle sur les écrivains. Ainsi les propriétaires du Publiciste sont forcés de soumettre à l'approbatipn de Fouché la nomination du citoyen Marigniez, qui désirait faire partie de la rédaction de leur journal.

Trois mois après la promulgation du Concordat, le Premier Consul avertit le ministre de la police qu'il ait à inviter les journalistes à s'abstenir de tout ce qui peut concerner la religion et ses ministres. C'est, comme le fait bien remarquer M. d'Haussonville, le post-scriptum indispensable du Concordat. € Après avoir rétabli l'ordre, il prescrivait maintenant le silence. L'ordre et le silence se firent comme il l'avait voulu. •

Les feuilles étrangères ont leur tour. Ce n'est pas assez pour le Premier Consul de comprimer la pensée en France, il veut être maître de la presse européenne. Le 2 sep* tembre 1802, la Gazette de Leyde est saisie à la frontière,

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