I. Archives nationales, AF*' 1302. — Voir à TAppondice
conservé il réunissait les Petites Affiches et le Journal des Modes; au troisième le Journal du Commerce et le Journal des Curés; au quatrième le Journal du Soir, le Courrier de l'Europe et la Feuille économique. Le Mercure de Framce, feuille hebdomadaire, littéraire et politique, devait s'annexer le Journal de Littérature et des Arts, ainsi que toutes les feuilles hebdomadaires. Un article du second décret mettait ces journaux sous la surveillance de la police. Le ministre de ce département avait le pouvoir de nommer le rédacteur en chef de chaque journal, qui était forcé de soumettre à son examen la liste des rédacteurs particuliers *.
Le rapport du duc de Rovigo se résumait en deux points : le premier, c'est que les journaux étaient nécessairement les organes du gouvernement ; le second, c'est que, reconnus comme tels, il fallait leur donner l'investiture officielle et les soumettre à une surveillance sévère. Mais cela ne suffisait point encore. Cette surveillance eût accablé la Censure de travail, et, pour épargner une fatigue à la Censure, il était bien plus simple de réduire les journaux à cinq ou à un seul. Le gouvernement avait même le droit de n'en laisser paraître aucun. Pourquoi les journaux supprimés oseraient-ils se plaindre, puisqu'ils avaient osé paraître sans le privilège indispensable du gouvernement ? Il était facile d'ailleurs d'étouffer toute plainte, en remettant une indemnité à ceux qui feraient valoir des titres réels ou des services distingués. Cette phrase donne à elle seule une idée de la finesse d'esprit de Savary. Pourraient-ils encore gémir après une mesure aussi gracieuse ? Quant aux écrivains, on allait les affranchir de la dépendance de particuliers avares pour les placer sous la main généreuse du gouvernement. N'était-ce pas la vraie liberté qu'on leur offrait