‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 54 sur 220 · Archiver naUonales, A¥^ 130i · texte numérisé non relu

Archiver naUonales, A¥^ 130i

jadis glissé sans bruit. A son arrivée, Savary n'avait trouvé aucune organisation convenable ; la partie de la surveillance des journaux surtout laissait à désirer, suivant lui. M. Maillocheau, ancien commissaire de police de Lyon, intime de Fouché, « Tavait laissé engloutir dans le cabinet du ministre, faute d'en apprécier l'importance ou de. vouloir la confier à un homme instruit ». Savary, qui ne voulait pas comprendre que Fouché s'était réservé à lui seul cette direction, mais qui se sentait hors d'état de s'en occuper sans auxiliaires, proposait de la confier, comme du temps de M. Lagarde, à un chef de division. Celui-ci aurait eu, outre la surveillance des journaux, la mission de donner l'impulsion à l'esprit public, « en faisant composer et insérer des articles destinés à servir utilement les vues du gouvernement *. »

On avouera que ce rapport et les mesures qu'il proposait n'avaient rien de trop bienveillant pour la presse, et cependant l'Empereur trouva le rapport du ducdeRovigo incomplet. Il déclara qu'il ne lui permettait de rien statuer, puisqu'on n'y indiquait pas à qui appartiendraient les douzièmes prélevés sur les journaux, ni le bilan de chaque journal, ni des notes biographiques sur les rédacteurs. Napoléon, qui devait aggraver bientôt son ancienne menace : « Je les réduirai de quatorze à sept », poursuivait en même temps un autre but qu'il laissait sous-entendre : la confiscation de la propriété des journaux, menace qui allait devenir sous peu une réalité.

Visant l'article 3 du second décret proposé par le ministre au sujet du maintien du Mercure de France^ il disait: « Quant au Mercure, je ne veux pas dépenser 48.000 francs pour ce journal. Ce serait la même chose que de prendre mille abonnements. Faites^moi connaître à qui il appartient,

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