Archives nationales, AF
LES JOURNAUX iil
qui l'administre et comment il est administré... Alors seulement il sera possible d'encourager ce journal, non en payant des sommes fixes, mais en prenant des abonnements. Aussitôt que j'aurai ces renseignements, je donnerai des ordres pour le Mercure^ auquel il est facile de donner beaucoup d'utilité et de vogue, et dont on peut tirer un grand proflt,en ce que, ne s'imprimant qu'une fois la semaine, il peut donnerun résumé des nouvelles delasemaine, un extrait des journaux anglais qui arrivent dans la semaine, les faux bruits de la semaine et leur réfutation.. *. » Ce à quoi tenait Napoléon, c'était de faire du Mercure le résumé du Moniteur, de la Gazette de iFrance et du Journal de rEmpire. Il faut lire attentivement cette longue lettre du 31 octobre 1810, pour voir dans quels détails minutieux entre l'esprit ingénieux de l'Empereur sur l'organisation pratique à donner à ce journal. Rien n'est oublié ; le plus habile rédacteur en chef n'aurait pu mieux dire. Le décret que le duc de Rovigo proposait à l'Empereur relativement à la diminution du nombre des journaux, ne fut appliqué qu'au mois d'octobre 1811.Seulement,on ne maintint que le Moniteur j le Journal de l'Empire, la Gazette de France et le Journal de Paris. Le Mercure et le Publiciste, que le ministre de la police avait voulu sauver, furent supprimés, ainsi que les autres feuilles : le Journal du Soir^ le Courrier de V Europe, etc.
L'année 1811 avait commencé par la confiscation de la propriété des Débats. L'Empereur la divisa en vingt-quatro parts : il en attribua huit à la police et repartit les seize autres entre des courtisans e!; des hommes de lettres, tels que Boulay de la Meurthe, Corvetto, Real, SauJnier, Denon, Fiévée, Meunier, deBausset, de Gérando. La confiscation fut si rigoureusement exercée qu'on saisit jusqu'à