Archives nationales, F
pénibles que le gouvernement impérial a fait disparaître ^ » En revanche, le même préfet était moins difficile pour
l'ouvrage de Dulaure: Culte du chez les anciens et les
modernes. Il déclarait qu'il ne voyait aucun inconvénient à le laisser paraître.
Si certains ouvrages, dangereux pour les mœurs, pouvaient échapper quelquefois à la sévérité de la censure, il n'en était pas de même pour les écrits politiques. Fonvielle aîné se vit refuser, le 27 octobre, l'autorisation de mettre en vente ses Essais historiques sur l'état de la France au 14 juillet 1804, parce qu'il y avait parlé « sans ménagement des usurpations et des usurpateurs ^ ». Les auteurs, en général, n'étaient pas épargnés. Dans l'état des individus détenus au Temple par mesure de haute police, nous avons découvert, sous la date du 2 mars 1805, le nom de « Laneuf ville (Charles-Jacques), prêtre, enfermé par décision du 1 1 ventôse an xiii. » Quel était son crime ? « Pour avoir fait imprimer par Guerbart plusieurs libelles contre le gouvernement. On a trouvé chez lui plusieurs exemplaires de l'oraison funèbre du duc d'Enghien ^. » Le 19 janvier 1805, l'imprimeur Guerbart, demeurant rue de Sorbonne, avait été arrêté pour avoir imprimé ce pamphlet composé par l'abbé Ratel. Le 31 juillet de la même année, Guerbart, qualifié « d'imprimeur de libelles, d'homme vil et misérable », fut transféré à la Force *. Le poète Desorgues, auteur de VHymne à l'Être suprême, fut arrêté vers le même temps au café de la Rotonde, pour avoir refusé ainsi une glace au citron : « Je n'aime pas Técorce. » Ce misérable jeu de mots et une chanson, dont le refrain était :