La Censure sous Napoléon III
D'ici quelques années, quelques mois peutêtre,le sortdelaCensure théâtrale, sera, sinon délinitivement, du moins momentanément réglé'. La Tribune est libre, le Journal est libre, le Livre est libre; seul, le théâtre ne l'est pas. Pourquoi cette anomalie sous une Républ'qi^e dont la devise est : Liberté ?...
Le théâtre, — diront les défenseurs de la Censure — s'adresse à la foule. C'est là une opinion ; mais elle me paraît puérile. Si la réunion de quinze cents personnes dans une salle devient une foule, — et je doute que les Direc-
' Je suis houreux de pouvoir renificipr publiqiieiririit MM.Valentiu et Henry Siinond d'avoir donné à quelquesuns des chapitre^ qui vont suivre la grande publicité de leur journal,: l'-Echa de Paris.
teurs, Auieurs et Acteurs soient de c^t avis — comment définir les milliers de lecteurs du journal et du livre?...
Je n'ignore point que l'âme des collectivités diffère de celle des individus ; elle devient, en quelque sorte, la résultante d'un grand nombre de forces éparses qu'une même indignation ou qu'un môme enthousiasme unissent en un commun effort. Ses manifestations sont plus spontanées, plus brutales. Elle manque de pondération, de justice et de conscience; parfois môme la pitié lui est inconnue. Quelques hommes politiques peuvent en témoigner.
Cependant, pour regrettable que soit cette constatation, elle n'a rien de désespérant. Si les colères d'une foule peuvent devenir terribles, elles seront toujours sans consistance. Un mot les provoque, un geste les apaise. Au sortir du théâtre, en prenant son dernier omnibus, le frondeur le plus échauffé ne tardera pas à recouvrej' le calme dont.il sest dépai ti et a recun-