‹ La Censure sous Napoléon IIIChapitre 12 sur 77 · XXVI LETTRES · texte numérisé non relu

XXVI LETTRES

Messieurs les Représentants,

Il y a quelque temps, un journal m'a l'ait l'honneur de me demander mon opinion sur la censure. J'ai répondu à ce journal, qu'à mon sens, la censure était un vieux débris oublié de l'ancienne monarchie, une institution moyenaf/etise, aurait dit Théophile Gautier, et toute déplacée dans un régime de liberté de la parole et de l'imprimé, et je citais quekiues suppressions maladroites de la censure, conservées dans la Revue rétrospective et autres recueils. Mais, messieursje ne parlais là que de la censure de la Restauration, de la censure de Louis-Philippe, de la censure de Napoléon III, je ne me doutais pas de ce qu'était la censure de la République en 1888,et je ne pouvais supposer qu'à la veille de l'anniversaire de 89, un directeur de théâtre auroit à combattre, un quart d'heure, pour faire rétablir dans le texte cette phrase de son auteur : Je suis prête dCac-

DK M. EriMONl» HE Ci i.M.Ul HT.

coucher, — phrase que tout curieux de rhistoire littéraire de son temps, peut lire sur le niîinuscrit conservé au ministère de Tintérieur, soulignée de l'homicide crayon bleu.

Et remarquez, messieurs les représentants, que cette molestation du style et de la pensée de lauteur s'adresse non à un industriel du théâtre, à un gagneur quand même d'argent, mais à un homme, auquel même ses ennemis littéraires reconnaissent une vie toute entière consacrée à la recherche de l'art, et à la trouvaille, s'il est possible, d'un &ea?/ moderne.

Assez de récriminations. Reproduisons simplement les phrases condamnées, les phrases soulignées parle crayon bleu, — dont quelques unes, il est vrai, ont été repêchées par Porel, mais au bout d'une bataille de deux grandes heures. Kien, je crois, ne sera plus éloquent près d'un public impartial que ce fac-sunlle.

DEUXIÈME TABLEAU ... Comment, fichtre, on est avec un ainoui' li'lioinme

Page 1