‹ La Censure sous Napoléon IIIChapitre 24 sur 77 · LA CENS (• HE · texte numérisé non relu

LA CENS (• HE

déceptions en déceptions, il ne lui restait plus 7Hen au monde que son amour ; pour cet amour ù^résisHMe, aveugle, il a donné plus que sa vie, il a joué son honneur, en détournant follement au profit du luxe et des prodigalités de sa femme, une somme considérable que le roi François P"" lui avait confiée pour des commandes et des achats de tableaux ; et cette femme, cet unique bien, un homme le lui a volé; qu'il parte, qu'une liaison coupable soit rompue à jamais; et lui s'efforcera de regagner le cœur de sa femme et peut-être dix autres années d'amour et de dévouement sans borne pourront encore faire autant qu'une nuit de débauche. Cordiani partira, mais auparavant il veut revoir Lucrèce; il s'introduit dans sa chambre ; une servante le découvre et sort épouvantée : le déshonneur d'André est public; il renvoie Lucrèce à sa mère et provoque en duel Cordiani, qui tombe blessé et qu'on emporte ; pendant qu'André se livre au désespoir,

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on voit ^w.s'.s'pr /c rcrn'ciJ de Gràmio. André apprend la fuite de Lucrèce et de Cordiani. Il ne veut pas survivre à sa solitude ; qiia-t-il à faire maintenant dans ce monde; ils sai?nentt qu'ils soient heureux; il fait courir après eux pour leur dire que la veuve d'André del Sarto peut épouser Cordiani, puis jette dans une coupe de vin un poison subtil, le boit et expire.

Cette analyse suffit } our montrer tout ce que présente d'inadmissible la donnée de cette pièce et plusieurs des incidents qui concourent à l'action.

On y voit en effet l'amour exalté jusqu'à couvrir d'une sorte de justification la trahison, l'adultère et le meurtre et, comme dénouement, un mari s'empoisonnant, pour affranchir du remords une femme coupable et un ami parjure et couvert de sang.

Nous pensons en outre que la représentation

à'André del Sarfo aurait des inconvénients particuliers sur un tiiéâtre fréquenté par la jeunesse des écoles et subventionné par l'Etat.

En conséquence, nous ne croyons pouvoir proposer Tautorisation de cette pièce dans son état actuel.

Toutefois, il est une circonstance que nous devons signaler à la liante appréciation de M. le Ministre. Cette pièce, tirée d'un recueil imprimé depuis longtemps, a été jouée en trois actes, à la fin de 1848, sur le Théâtre -Français, où elle n'a eu qu'un petit nombre de représentations.

DEUXIÈME RAPPORT

10 ûclûbre \x"<\.

Au moment où nous venions de signer le rapport ci-dessus, le directeur de l'Odéon, dans la prévoyance des difficultés que pouvait présenter la pièce dont il s'agit, est venu nous prier de lui faire connaître notre opinion, avant

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de hi suuiuettre à M. le Ministre; nous n'avons pas cru devoir lui refuser et. sur sa demande, nous lui avons indiqué tout ce qui nous avait choqué dans l'ouvrage ; il nous a témoigné le désir de faire part de nos observations à l'auteur et nous a rapporté un manuscrit avec des modifications importantes qui nous ont paru f.tire disparaître en grande partie les inconvénients que la pièce nous avait présentés. Ainsi, aux théories trop exaltées et paradoxales, qui d'ailleurs ont parfois été affaiblies dans leur expression, Fauteur a opposé des répliques en forme de correctifs qui en atténuent la portée ; des détails trop vifs ont été supprimés ou adoucis. Cordiani meurt de sa blessure au dénouement et expie sa trahison et sa faute ; ainsi, au lieu de deux coupables laissés libres et heureux par la mort d'André, il ne reste plus que la femme doublement punie de son crime par la perte de son amant et le suicide de son mari, dont le généreux dévouement ne

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peut maintenant qu'ajouter à ses remord?.

Dans cet état de choses, et prenant en considération Tessai déjà fait par le Théâtre- Français de cette pièce qui était alors dans des conditions beaucoup moins admissibles, nous pensons qu'avec le changement radical que nous venons de signaler et les autres modifications faites par Fauteur, il n'y a plus lieu de maintenir les conclusions de notre rapport précédent.

En conséquence, nous proposons l'autorisation.

Comédie-Francaise

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