‹ La Censure sous Napoléon IIIChapitre 30 sur 77 · LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE · texte numérisé non relu

LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE

Drame en cinq actes.

PREMIER RAPPORT

7 avril 18o2.

Le prologue de la pièce expose que l'Angleterre, sur le refus de divers personnages honorables, choisit pour gouverneur de Sainte- Hélène un homme signalé par les plus mauvais antécédents...

Ce prologue nous paraît, tel qu'il est, pouvoir donner lieu à des inconvénients qui ne seraient peut être pas sans gravité au point de vue de certaines relations internationales et diplomatiques, bien que les personnages anglais représentés appartiennent pour ainsi dire à l'histoire*

Cabinet du ministre de l'intérieur

Le chef du cabinet a communiqué à M. le Minist7^e le manuscrit ci-Joint. M. le Ministre est complètement de tavis de M. le Directeur des Beaux- Arts, en ce sens quil pense comme lui que le prologue de la pièce doit être supprimé. (Samedi, 10 avril 1852.)

deuxième rapport

15 avril 1«5-2.

Dans un des tableaux de cette pièce, les auteurs ont mis dans la bouche de TEmpereur, à son lit de mort, les paroles suivantes, extraites textuellement du Mémorial de Sainte-Hélène.

« Approchez, monsieur! et vous tous; retenez ({ ce que vous allez entendre ! C'est une suite « d'outrages dignes de la main qui me les pro- « digua. J'étais venu m'asseoir au foyer britan- « nique ! Je demandais une loyale hospitalité, « et contre tout ce qu'il y a de droit sur la terre

S0L::> NAPOLKON III. '(9

« on me répondit par des fers! Il appartenait à « l'Angleterre d'enchaîner les rois et de donner « au monde le spectacle inouï de quatre i< grandes puissances s'acharnant contre un « seul homme ! Ce><t cotre ministère qui a « choisi ces horribles demeures pour y terminer « ma vie par un assassinat l II n'y a pas une « indignité, pas une horreur dont vous ne « m'ayez abreuvé ! Ma femme, mon fils même « n'ont plus vécu pour moi ! Vous m'avez tenu « six ans dans la torture du secret, vous « m'avez assassiné longuement, en détail, avec il préméditation ! et l'infâme Hudson a été « l'exécuteur des hautes œuvres de vos minis- « très ! Vous finirez comme la superbe Répu- « blique de Venise ; et moi mourant sur « cet affreux rocher, privé des miens et mante quant de tout, Je lègue l horreur et l'opprobre « de ma mort à la maison régnante d'Angle- « terre. »

oO LA CKNSIRE

M. le Ministre a déjà pris à la suite du rapport que nous avons eu Thonneur de lui adresser, une décision par laquelle a été retranché le prologue, qui avait pour objet de rendre le gouvernement anglais solidaire et complice des souffrances et de la mort de T Empereur à Sainte-Hélène.

Cette décision nous amènerait logiquement à supprimer, dans le discours ci-dessus transcrit, les passages soulignés; mais attendu qu'il paraît y avoir un inconvénient grave à modifier et à atténuer des paroles devenues historiques, prononcées par TEmpereur et reproduites dans un moment si solennel, nous avons Thonneur de prier M. le Ministre de vouloir bien nous faire connaître ses intentions relativement au passage dont il s'agit.

SOLS NAI'iiLKiiN Il(. ,')1

Cirque National NAPOLÉON, SCHŒNBRUNN

ET SAINTE-HKLKNE Drame en deux acles.

16 avril 1so2.

Nous avons regardé comme impossible toute la partie de l'ouvrage ou des membres des Sociétés secrètes résolvent l'assassinat de l'Empereur, tirent au sort le nom de l'assassinat et glorifient son entreprise. Les auteurs et le directeur sont venus au-devant de nos objections ; ils ont remplacé le projet d'assassinat par un plan vague d'insurrection à la tête duquel se trouvait le prince Charles lui-même. Il ne s'agit pour Frédéric que de traverser les lignes françaises pour porter une dépêche au Prince. C'est comme espion et non comme assassin qu'il est arrêté et serait fusillé, sans la grâce de l'Empereur*

Théâtre du Gymnase

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