CINQUIÈME RAPPORT
21 janvier 18G9.
M. Paul Foucher adresse un nouvel appel à Son Excellence pour le drame de Xotrc-Dame
104 LA CENSUHE
de Pa7Hs et renouvelle l'offre qu'il a déjà faite d'enlever à Claude Frollo, archidiacre de Notre- Dame, tout caractère ecclésiastique.
Quelles que soient nos habitudes de conciliation, quelque désir que nous ayons de ne point donner une nouvelle occasion de se plaindre à un auteur, nous ne pouvons que persister dans la conviction, émise déjà dans les quatre notes ci-jointes, que ce drame, même avec le changement, serait inadmissible.
Il n'appartient pas à M. Paul Foucher de
faire dans la ]Sot7^e-Dame de Paris tels changements qu'il lui plaira. Son rôle d'appropriateur du roman à la scène ne va pas jusqu'à lui laisser le droit de croire que le public se laissera facilement imposer des modifications aussi complètes que celles du personnage principal et de scènes assez importantes pour qu'elles soient dans le souvenir de tous.
L'auteur du roman voulût-il admettre,
ce que nous ignorons absolument, la mutilation
sous NAPOLÉON III. 105
(le sa pensée, le travestissement de sa création, que, de l'arrangement proposé, ne pourrait sortir un bon résultat. Le public ne saurait se payer de ce changement.
Le changement soulèverait contre Tad-
ministration des tempêtes de récriminations, de doléances, de railleries, plus ou moins sincères, peut-être, mais à coup sûr des plus violentes, et qui par leur violence même achèveraient de reconstituer dans toute son odieuse personnalité le type ecclésiastique, la physionomie cléricale, qu'une modification illusoire aurait vainement cherché à écarter.
Quant aux susceptibilités excessives dont se plaint dans sa note M. Paul Foucher, entendant caractériser par ces mots notre opinion sur le drame soumis à l'examen, nous persistons à croire que ce n'est pas une excessive susceptibilité que celle qui veut écarter du théâtre ce qu'on n'y a vu qu'aux jours d'une licence effrénée, un prêtre qui, en scène, assas-
i06 U r.ÊN-i'HË
sine son rival heureux, fait condamner à mort la femme qui le repousse, profite de l'habit ecclésiastique pour lui offrir au dernier moment la vie en échange de son amour, et qui, enfin, quand la femme a été sauvée par Quasiraodo, veut la violer sur le théâtre môme, la terrasse, et n'est arrêté dans ses ardeurs lubriques que par l'arrivée d'un être plus fort que lui.
Par tous les motifs exposés plus haut, nous pensons que, l'auteur du roman acceptât-il le changement proposé par son collaborateur, changement inexécuté du reste, peut-être parce qu'il est inexécutable, le rôle de Claude Frollo sera toujours inadmissible au théâtre.
«X s NAI'(iLi:n\ III. U)7
Théâtre du Vaudeville LES PARISIENS DE LA DÉCADENCE i
Pièce en trois actes.
21 décembre 18ao.
Nous proposons lautorisation de la pièce,
en soumettant le titre à la haute appréciation de Monsieur le Ministre.
Monsieur le Ministre approuve la pièce en regrettant de ne pouvoir autoriser le titre.
Camille Doucet*
Théâtre impérial de l'Odéon LA FLORENTINE
Draine en cinq actes.
21 novembre l8o5.
La scène se passe en 1617. Trois partis se
1 Par M. Théodore Barrière, — Joué sous ce litre : les Parisiens.
- Par M. Cbarlos Edmond.
108 LA CENSUHE
disputent le pouvoir : le parti des princes, le parti de Concini, maréchal d'Ancre, le parti du Roi.
Nous rappelons au sujet de cet ouvrage les observations que nous avons déjà eu plusieurs fois l'occasion de faire sur les inconvénients de présenter successivement sur la scène les plus grands noms de notre histoire, comme souillés des actes les plus odieux.
La commission repousse également le second titre proposé : le Chemin du pouvoir.
D'après les épisodes de l'ouvrage, ce titre ne peut se traduire que par ces mots : le chemin du pouvoir, cent le crime.
En résumé, nous pensons que la pièce : la Florentine peut être autorisée sous la réserve de nos observations relatives au duc de Luynes et sur lesquelles nous croyons devoir appeler l'attention de Son Excellence.
S(U> NAl>nLRoN Ilf. lOO
Théâtre des Variétés JANOT, CHARGÉ D'AFFAIRES
Vaudeville en un acte.
29 janvier lSo6.
... Bien que cette pièce de carnaval échappe à toute réalité par sa donnée et par le grotesque de ses personnages et de ses détails, elle nous a paru toutefois, dans les circonstances actuelles, pouvoir présenter quelques inconvénients. En effet, est-il convenable, dans le cas où des conférences diplomatiques s'ouvriraient prochainement à Paris, de mêler la France à une action aussi burlesque, et surtout d'accoler, même par suite d'un quiproquo, la qualité d'ambassadeur et de chargé d'affaires aïo per^sonnage deJanot, type consacré à la niaisetne' et à la sottise? La pièce, sous ce rapport, a dû être modifiée...
Dans son état actuel, nous proposons l'autorisation de cette pièce qui n'est qu'une parade, et sous le titre de : Janot chez (es sauvages.
Théâtre du Luxembourg LE HUIT
ou GARDE A VOUS, PORTIER !
Vaudeville en un acte.
6 Janvier 1857.
Cette pièce, basée sur un déménagement furtif, nous semble par le fond et les détails tomber sous rinterdiction prononcée par Son Excellence, le '^O octobre, contre^ les ouvrages faisant allusion à la question des loijers ou contenant des attaques contre les propriétaires.
En conséquence, nous n'en saurions proposer Tautorisation.
SOI s .NAIM»LK()\ m. \ 11
M. le directeur du théâtre du Luxembourg, ne partageant pas notre opinion à cet égard, en appelle à la haute appréciation de Monsieur le Ministre.