‹ La Censure sous Napoléon IIIChapitre 47 sur 77 · LA cENsiHi · texte numérisé non relu

LA cENsiHi

sa version première. Les unes ont pour résultat de faire disparaître certaines crudités déforme, les autres ont eu pour objet de faire entrevoir la possibilité d'un châtiment pour le vice personnifié dans le rôle de la femme mariée entretenue. Toutefois, ce châtiment n'a rien de certain pour le public qui ne pourrait croire à une expiation que si elle commençait sous ses yeux, ou si au moins elle résultait comme corroUaire infaillible de la pièce. Il n'en est pas ainsi, tant s'en faut; ici le châtiment n'est pas vraisemblable ; loin d'être une leçon pour personne, c'est peut-être un mauvais exemple pour plusieurs. Lorsque Pommeau se sépare de Joséphine, cette temme perdue, une fois libre, au lieu d'êtrepunie, se trouvera au comble deses vœux, réunissant en sa possession un mobilier de 80,000 francs que lui a payé Léon, plus la somme de 80,000 francs restituée par le mari.

Dans un passage ajouté au rôle de Bordognon, l'auteur cherche à poser cette thèse.

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que le théâtre, au lieu d'encourager le vice en lui gardant le secret, doit, au contraire, le démasquer au grand jour, pour le flétrir et dévoiler courageusement certaines plaies sociales en y portant le fer rouge pour prévenir la gangrène. C'est là une doctrine que nous repoussons. Nous pensons, au contraire, comme nous Tavons dit dans notre premier rapport, qu'il existe certaines plaies sociales dont l'exhibition à la scène ne peut qu'être dangereuse ; et nous ne croyons pas que, les inconvénients d'un spectacle aussi choquant puissent être compensés par les avantages, au moinstrès problématiques, d'un enseignement douteux.

En résumé, les modifications, peu nombreuses du reste, par suite desquelles nous avons procédé à un nouvel examen des Lionnes pmwres, n'atténuent en réalité aucun des inconvénients que nous avons signalés dans ce tableau de l'adultère salarié.

Nous craignons que cette pièce et celles du

même genre auxquelles elle ouvrirait la porte, n'aient pour effet, d'un côté, d'excuser les filles entretenues par la peinture d'une perversité plus grande, et, en second lieu, de prêter de nouvelles armes auxdétracteursdel'ordre social. Par ces motifs, forcés de persister dans les conclusions de notre précédent rapport, nous avons le regret de ne pouvoir proposer l'autorisation.

Théâtre de la Porte-Saint-Martin

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