‹ La Censure sous Napoléon IIIChapitre 60 sur 77 · CANTATE · texte numérisé non relu

CANTATE

13 août 1862.

Dans cette cantate l'Italie dit:

Je suis le sol puissant d'où les marbres antiques Sortaient tout façonnés et ressemblant aux dieux, Et la nuit voit encore errer sous mes portiques Des ombres de héros aux nimbes radieux !

Je suis l'auguste mère à la mamelle ardente ! Allaitant tour à tour Brutus et les Césars, Marc Antoine et Pompée, et Virgile et le Dante, J"ai vaincu par le glaive el régné par les arts !

* On le reprit cependant plus tard, au théâtre du Chàtolet, en 1870.

La commission d'examen ne pense pas qu'il soit possible d'admettre dans les circonstances présentes, le personnage de l'Italie.

En conséquence, elle ne peut proposer l'autorisation de cette cantate dans son état actuel.

Théâtre Français LE FILS DE GIBOYER'

Comédie en cinq actes, en prose.

3 octobre 1862.

...Le simple exposé de cette pièce suffit pour faire ressortir toutes les difficultés qu'elle présente. Il est évident que cette pièce contient

* Par M. Emile Augier. — Lorsque cette vigoureuse pièce parut, on s'écria : « Le théâtre social est inauguré ! » Voir sur l'effet qu'elle produisit en province une trè.^ curieuse i)rochure intitulée : Le Tour de France du Fils de Gihoyer. — M. Veuillot répondit à dix lignes de M. Augier par un pamphlet de deux cents pages : Le Fond de (Hboyer.

sous NAPOLÉON III. 185

des expressions que nous ferions disparaître dans tel autre ouvrage, mais qui sont inhérentes à Tessence même d'une comédie politique.

La question est de savoir s'il convient, en principe, d'interdire ou bien d'autoriser une œuvre de ce genre, sauf, bien entendu, les modifications partielles qui pourraient être exigées.

Qu'il nous soit permis d'entrer, avec quelques détails, dans les considérations qui doiventservir d'éléments à une décision.

L'interdiction d'une pièce de théâtre trouve sa raison d'être, en général, dans quatre ordres d'idées différents.

1° L'intérêt de la morale publique.

2° L'intérêt de l'ordre social et de la politique du gouvernement.

3° L'intérêt de la religion.

4" Enfin les convenances et le goût dans les allusions aux personnes et aux choses.

Sous le rapport de la morale, la pièce dont

il s'agit est-elle blessante, doit-elle être interdite? Evidemment non. Cette affection quasipaternelle du marquis pour Fernande Maréchal, fille d'une femme qui n'est plus, le désir de la marier de telle sorte qu'elle hérite de sa fortune et de son nom, la cause de cette tendresse que l'auteur laisse adroitement deviner, tout cela n'atteint pas les limites de ce qui a toujours été permis au théâtre.

Nous en dirons autant des coquetteries très nettement définies de M""" Maréchal avec les secrétaires de son mari : « Elle ne les réduitpas « au l'Ole de Joseph, c'est une personne romain nesque, 'mais platonique. Son héros nest « pas obligé de participer au roman. Elle se « persuade qitelle est aimée. Elle se livre des « combats terribles, et, en fin de compte, elle « triomphe de son danger ijnaginaire en eœi- « lant le séducteur dans un bon emploi. » (Acte II, scène ii.)

Il n'y a là rien de choquant ni d'offensant

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