ÉPOQUE MODERNE
La dernière période s’ouvre à l’avènement de Kia-king. Los pièces faites pour le palais du souverain avec décor arabesque et médaillons à sujets polychromes sous Kia-king (1796-1820) et sous Tao-kouang (1820-1850) ne sont pas sans valeur; copies de modèles empruntés au règne de Kien-long, elles dénotent encore une véritable habileté de main, une certaine finesse de dessin et une science approfondie du métier; mais les émaux pèchent par le manque de vigueur dans le coloris ; l’accent accuse la faiblesse, le bon ouvrier a remplacé l’artiste. La sève a disparu; telle est la nature vers la fin de l’automne, à la veille de la saison d’hiver; tel est l’homme au déclin de la vie. L’époque moderne n’offre pl us que le pâle reflet d’une belle période, et, encore, est-il juste de remarquer que les porcelaines, citées plus haut, ont été fabriquées par les meilleurs céramistes de la manufacture impériale. Partout ailleurs la décadence est plus sensible, plus profonde, plus lamentable. Je répéterai, toutefois, que, depuis quelques années, les flambés et certains monochromes en rouge de cuivre commencent à se montrer sous un aspect moins défavorable; ce n’est pas encore une résurrection, c’est une simple promesse que nous enregistrons avec plaisir. Il appartient aux potiers contemporains d’essayer de regagner le terrain perdu et de travailler vaillamment, sans relâche, pour marcher sur la trace de leurs aînés et reconquérir un rang honorable.
J’arrêterai ici cette étude. La période actuelle, jusqu’à ce jour du moins, est peu digne de notre attention; l’art sommeille, à l’écart, méconnu, délaissé, déshonoré. Le bon marché attire l’acheteur, la conséquence fatale est une production commune ; la qualité est sans cesse sacrifiée à la quantité. L’heure de la décadence a sonné depuis cent ans et rien ne permet de prévoir, à courte