VII. — POTERIE DE TERRE
Certains objets n'ont pas besoin d'être confectionnés avec une pâte compacte, leur porosité n'a quelquefois pas d'inconvénients, parfois même elle est utile. Ce genre de fabrication qui ne comporte que la création d'objets rustiques est encore entre les mains de nombreux petits potiers. Le peu de valeur de la marcbandise permet de vivre à ces fabricants que l'on rencontre encore dans des villages éloignés d'un grand centre. Là ils peuvent lutter plus avantageusement contre la concurrence des fabriques par suite des frais qu'occasionne le transport à ces dernières et, quoique le nombre de ces poteries campagnardes ait diminué, il comprend encore une certaine quantité d'installations.
Le potier de terre travaille avec les moyens les plus réduits; souvent il est seul. Il prépare sa pâte, la façonne, la met à sécher et la cuit lorsqu'il possède de quoi emplir son four.
La pâte est faite avec un mélange de terres, car il est rare que le potier trouve dans les environs la matière convenable, toute préparée par la nature. Comme dégraissant, si l'adjonction d'une pareille matière est nécessaire, il a recours à des sables fins naturels que l'on rencontre à un état de division suffisante dans la carrière elle-même.
L'emploi du malaxeur n'est pas général; quand la production est petite, comme c'est le cas ici, on actionne l'appareil avec un cheval ou à bras d'hommes. Le plus souvent le potier marche sa pâte et la coupe en ballons qu'il utilise au fur et à mesure de ses besoins.
Le façonnage se fait sur le tour, sans lournassage naturellement. D'un premier jet le tourneur donne la forme, ce qui est facile du reste puisque les profils ne sont jamais compliqués. Si la pièce nécessite une garniture, cette garniture se fait à la main puis est collée sur la pièce un peu raffermie.
La dessiccation se fait dans des séchoirs des plus simples. On dispose des planches sous le hangar qui abrite le four et on les pose au voisinage de celui-ci.