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TERRES CUITES DE CONSTRUCTION

moderne emploie des ornements de terres cuites, lois que des balustres, des colonnes, etc. La forme de ces objets détermine leur mode de façonnage; c'est au moulage que l'on a le plus souvent recours. Quand on veut faire des bordures avec des moulures on a recours alors à une sorte de calibrage.

La pâte, étalée en blocs convenables, subit le passage d'un calibre mû à bras d'homme qui lui donne la forme désirée.

Ce façonnage demande beaucoup de soins pour éviter les gauchissements et les fissures. On ne peut accélérer la dessiccation sans danger quand il s'agit de grosses pièces ; aussi cette fabrication n'est-elle entreprise que par un petit nombre de maisons possédant un personnel expérimenté.

La cuisson de semblables objets demande des soins, elle doit être efîecluée lentement, naturellement à l'abri du contact du combustible. On met les pièces en échappade ou en charge et l'on peut employer avec succès, pour leur cuisson, les fours dits fours-moufles.

Ces appareils se composent d'une ou plusieurs chambres en terre réfractaire dont les parois sont entourées de flammes. Ce dispositif rappelle celui des moufles; il s'en distingue par ses dimensions qui sont notablement plus grandes.

Comme exemple de fours moufles nous citerons les appareils de M. Augustin et de M. Hielscher.

Pour bien faire comprendre l'appareil, nous en donnons une coupe longitudinale, une coupe transversale et une coupe horizontale. La coupe longitudinale est faite dans sa première moitié suivant l'axe du four E, dans sa seconde moitié suivant une direction parallèle H à cet axe. La coupe transversale est effectuée également suivant deux directions, toutes deux perpendiculaires à l'axe; l'une d'elles traverse l'axe d'une chambre ; l'autre est faite \\\\ peu plus loin parallèlement à la première. La coupe horizontale est faite à quatre hauteurs, I, II, III et IV : il est facile en jetant un coup d'oeil sur la première coupe de se rendr e compte des directions de ces ditrérentes sections. Elles sont reproduites figures 121 et 122.

L'appareil représenté ici comprend six chambres de moufles; il faut le construire avec plus de développement, mais six

CIIAPHUE X. — TERRES CUITES.

chambres suffisenl pour la description. On ne doit pas descendre au-dessous de huit pour que le rendement soit avantageux; il est préférable d'en avoir dix au moins.

Le four fo compose de deux séries de chambres accolées; entre les deux rangées se trouve un conduit en relation avec la cheminée; ce canal sert pour l'évacuation des produits de la combustion. La communication avec la cheminée s'établit p;»r le

Fi g. 121.

mo3^en d'un obturateur à cloche li {voir coupes suivant III et suivant CD).

Chaque chambre de moufle est desservie par deux portes. Le chauffage s'effectue en dessous et par côlés. Dans les soubassements du four ont été élablis quatorze conduits h en relation avec un conduit parallèle /; au-dessus du canal / se trouve un second canal d plus étroit qui permet d'établir une communication sous le moufle avec le brûleur suivant : ainsi d communique avec j?-.,- Chaque chambre de moufle est chauffée par des systèmes de tubes parcourus par des flammes passant sous la sole.

Examinons le fonctionnement de l'appareil. Supposons qu'il y a des moufles cuits (ce seront les derniers numéros par exemple) et examinons ce qui se passe pour la cuisson de i.

TIÎIIUES CUITES DR COASÏRL'CTION'.

Devant chnque conduit b se Irouvciil deux obturateurs à cloches i ai a; l'obturateur / permet, lorsqu'on le soulève, l'entrée de l'air dans l'appareil, l'obturateur d, quand il est levé, donne accès au gazogène. Ouvrons d'abord /,3, l'air pénètre par ^,3 dans les conduits déjà chauds, jjuis ouvrons en a la communication avec la canalisation du gazogène; le gazogène pénètre dans 6,,

Fig. 122.

passe dans l et s'engage dans les trous c en face du canal cl. La conilHislion peut s'opérer alors et les flammes montent dans les tubes c, puis redescendent dans le tube / et trouvent au fond de/le canal ^qui leur laisse libre l'entrée sous la sole. Après avoir passé sous la sole, les gaz chauds sortent en cU. En somme, ce Tour ressemble à une sorte de four à chandelles, seulement les chandelles sont renfermées dans une enveloppe réfrr.ctaire. La manœuvre du four consiste à ouvrir et à fermer trois sortes de registres : les registres a qui amènent le gazogène, les registres / qui introduisent l'air et les registres h qui ouvrent la communication avec la cheminée.

Dans cet appareil les canalisations du gazogène et de l'air sont identiques, seulement c'est l'air qui traverse les canalisalions chaudes et le gazogène celles à chauffer.

Le four moufle Hielscher (') est disposé comme un four Hoffmann. 11 comprend une série de grands moufles occupant les galeries du four et formant, par conséquent, un anneau. Le chauffage s'opère comme dans le four moufle Augustin, au moyen de brûleurs, alimentés au gazogène, enfermés dans les parois des moufles.

Terra cotta. — On fabrique aussi en Allemagne, sous le nom de terra cotLa, un produit dont le nom traduit en français par terre cuite donnerait une idée tout à fait fausse, éveillant le souvenir des statuettes de terre rouge. La terra cotta est faite avec une argile dégraissée avec du ciment et additionnée de feldspath en quantité suffisante pour agglomérer un peu la masse. Cuite très haut, celte terra cotta est excessivement dure, compacte et fait feu avec l'acier. Ce n'est pas une terre cuite proprement dite. On la décore avec des couleurs, sans glaçure, de manière à lui laisser un aspect peu brillant. On l'emploie dans l'architecture, car on peut lui donner de nombreuses formes. Ce produit doit pouvoir bien résister aux intempéries.

Joignons à celte fabrication celle des matériaux de construction artificiels. On arrive à imiter la pierre, en terre cuite, avec une perfection suffisante. Ces matériaux artificiels sont fabriqués dans certains pays en assez grande quantité pour conslituer un produit spécial intéressant.

La terre cuite peut se présenter avec des couleurs différentes suivant les impuretés qu'elle renferme. Dans la fabrication des matériaux de construction on utilise cette propriété et l'on trouve un échantillonnage très varié comme couleurs. Les matières vont du blanc pur au gris, au jaune et au rouge brun avec toutes les teintes intermédiaires.

( ' ) 11 est décrit dans Dumiiler, Ziegelfabrikation, p. 358.

POTEIUE DK TERRE.

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