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CHAPITRE XI. — PRODLITS IlÉFRACTAIRES

Dans la faïencerie, on se sert de gazelterie ajant souvent une forme un peu différenie. La section est rectangulaire au lieu d'être circulaire. Ces gazettes sont utilisées aussi dans .d'autres fabrications.

La cerce se fait au tour; c'est encore le meilleur mode de façonnage à adopter pour obtenir une bonne gazetterie. On la

Fig. 124.

tourne sur un rondeau de plâtre. Dans l'induslrie, on em|)ioie pour aller vite le moulage à la crapaudine, c'est-à-dire que l'on fait l'intérieur de la cerce au moyen d'un calibre reposant an centre tlu rondeau qui supporte la cerce. Ordinairement, on appuie la pâte sur une cerce de plâtre extérieure et l'on calibre l'intérieur par le procédé précédent.

Les fonds peuvent s'ajouter par collage si les cerces doivent en avoir un.

GAZETTERIE. 09.)

La gazelterie ovale se moule.

On a cherché à obtenir la gazelterie mécaniquement. Au moyen de la presse, on peut facilement faire des gazettes à fond plat en beaucoup moins de temps que par le façonnage à la main. La presse comprend un moule de section appropriée au genre de gazettes que l'on désire faire. Ce moule n'a pas de fond, il est posé sur une plaque de métal, solidement supportée, sur laquelle il peut glisser. Dans ce moule descend un piston dont le volume représente la cavité de la gazette. Pour faire une gazette on jette dans le moule une balle de terre, puis on exerce la poussée. La terre s'écrase et vient s'étaler le long des parois. On relève le juslon et l'on pousse le moule, dont on a ébarbé les bords, sur une plate-forme mobile. On abaisse alors la plate-forme et la gazette descend pendant que le moule reste suspendu. Il n'y a plus qu'à remettre le moule en place et à recommencer la même suite d'opérations. Une semblable presse fait environ une gazette à la minute.

La gazetlerie à la presse n'est guère employée que par les faïenciers. Les avis sont partagés sur sa valeur, pourtant on semble plutôt reconnaître qu'elle est inférieure à la gazetterie tournée.

La gazetterie ne se cuit pas complètement. Les porcelainiers la dégourdissent dans le globe de leur four avant de l'employer.

§ 5. — Pipes.

Quoique les pipes n'aient jamais à supporter des températures élevées, elles sont faites avec des argiles réfraclaires. Leur place est plutôt à côté des produits fabriqués avec ces mômes argiles.

Les pipes sont, en général, blanches, aussi a-t-on recours pour composer leur pâte à des argiles réfractaires cuisant blanc. Ces argiles sont lavées pour les débarrasser dos impuretés qui les accompagnent, puis raffermies au filtre-presse. La pâle est faite avec l'argile seule. Ces détails indiquent que l'argile employée est peu plastique, car il n'est pas possible de traiter par le filtre-presse une argile très plastique sans addition d'aucun autre élément. Le façonnage d'une argile plastique présenterait

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également des difficiillés si l'on supprimait tout corps dégraissant. Ces sortes d'argiles, utilisées pour faire les pipes, portent le nom caractéristique de terres de pipes.

Le façonnage s'opère de la manière suivante : on commence par ébaucher grossièrement la pipe à la main (en terme de métier on désigne ces ébauches sous le nom de rôles) et on l'introduit dans un moule en deux morceaux. On a eu le soin de placer dans le tujau un fil d'acier avant d'engager la pipe dans le moule. Une fois les deux parties du moule au contact, on les serre au moyen d'une petite presse. On entre alors un mandrin dans la partie du moule où doit se faire le fourneau et l'on pousse le fil d'acier jusqu'à ce qu'il vienne au contact du

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mandrin. La pipe est laissée dans le moule quelque temps puis portée au séchoir après démoulage.

Une fois devenues plus consistantes les pipes passent entre les mains de la trameuse qui les ébarbe, passe un fil de fer dans les tuyaux et les marque. Il faut ensuite frotter les pipes à l'agate pour les polir et faire disparaître toute trace de grattage ou d'éraflure.

On cuit les pipes dans des gazettes. Ces gazettes sont de simples pois en terre réfractaire. Pour maintenir les tuyaux on les passe dans un anneau de terre réfractaire.

La cuisson se fait dans des fours rectangulaires qui rappellent beaucoup les fours à briques voûtés. On cuit en réducteur; une cuisson dure de 16 à 18 heures.

Les pipes sortant du four sont trempées dans un bain de gélatine et de savon blanc. Cette préparation les empêche de happer

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à la lèvre et de donner un contact désagréable dans la bouche. On frotte les pipes encore une fois pour leur donner du brillant.

Pour faire des pipes noires on a recours à des argiles ferrugineuses. Les pipes noires s'obtiennent en cuisant en moufles avec de la sciure de bois; cette imprégnation de la terre par le charbon divisé réussit principalement avec les terres ferrugineuses.

Certaines pipes qui se culottent très facilement doivent leur rapide noircissement à la présence de minimes quantités d'un sel d'argent. On appelle souvent ces pipes pipes magnétiques.

On peut orner les pipes de couleurs et d'émaux; la cuisson de ces préparations se fait en moufles.

La fabrication des pipes n'est pas conduite partout de la môme manière, il faut considérer les renseignements donnés plus haut comme un type de fabrication et non comme l'ensemble de la fabrication.

§ (). — Fourneaux et accessoires de laboratoire.

Les fourneaux dits à réverbère, à bassine, à tubes, à queue, etc., sont faits avec des argiles réfraclaires. Leur fabrication est relativement simple. Elle consiste, pour les pièces cylindriques ou coniques, à tourner une pièce ayant la forme du corps principal dans laquelle on pratique les ouvertures nécessaires et à laquelle on colle les pièces accessoires comme les oreilles, queues, etc. (^).

§ 7. — Produits réeractaires basiques.

Les produits réfractaires basiques ne se relient qu'indirectement à la Céramique. Nous croyons pourtant intéresser nos lecteurs en reproduisant quelques détails empruntés au rapport de M. Lodin, déjà cité.

(') On trouve dans le Dictionnaire de l'Encyclopédie, 1771, une série de planches donnant tous les détails de la fabrication d'un petit fourneau de (erre. Les potiers de terre actuels suivent encore les mêmes manœuvres ( t. VIII, Pl. Il, fig. I à i3, Fabrication des fourneaux chimiques).

SgB CHAPITRE XI. — PRODUITS RÉFRACTAIRES.

« Le développement, des variantes diverses de la déphosphoralion a créé l'industrie des produits réfraclaires basiques. Ces produits sont, les uns à base dolomilique, les autres à base magnésienne, mais les principes généraux de leur fabrication sont les mêmes. La dolomie ou le carbonate de magnésie sont calcinés à une température extrêmement élevée, de manière à épuiser aussi complètement que possible leur faculté de contraction. Ce frittage ne peut être réalisé convenablement que si la matière contient quelques centièmes d'impuretés, soit un peu de silice, soit plutôt de l'alumine et de l'oxyde de fer. La matière frittée est broyée, agglomérée au moyen d'une matière plastique convenablement cboisie, moulée sous sa forme définitive et enlln cuite à une température convenable. Pour la dolomie frittée, on ne saurait employer comme agglomérant une pâte délayée dans de l'eau : le contact de ce liquide provoquerait son délitement. On a donc recours ordinairement à l'emploi du goudron bien déshydraté; la cuisson du produit moulé se i-éduil à un étuvage poussé jusqu'à une température de Soo" à 900°. A cette tempéi-ature, la distillation des matières volatiles du goudron est à peu près complète et le coke qui en constitue le résidu est assez solide pour agglomérer convenablement les grains dolomitiques.

» Pour la magnésie, on emploie parfois le goudron comme agglomérant, dans les mêmes conditions que pour la dolomie. D'autres fois, on se sert d'une pâte formée de magnésie faiblement calcinée, broyée avec de l'eau : cette formule, inapplicable avec la dolomie, peut être adoptée pour l'agglomération de la magnésie qui, une fois bien frittée, ne présente que fort peu de tendance à s'hydrater.

» La magnésie présente, par rapport à la dolomie, des avantages incontestables. Elle donne beaucoup plus facilement des briques bien régulières; elle |)ermet même de fabriquer des pièces de forme relativement compliquée. Les divers produits magnésiens sont très solides; ils se conservent indéfiniment à l'air, alors que la dolomie frittée et les produits ou revêtements auxquels elle sert de base se délitent après une courte période, i5 jours à 3 semaines au maximum, par la seule action

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(le riuimidité atmosphérique. Enfin ils présentent l'avanlage considérable de pouvoir être mis en contact, à haute tem- |)érature, avec des revêtements siliceux sans que la fusion se produise.

» Leur seul défaut est leur prix de revient beaucoup plus élevé que celui des revêtements doloniitiques. Cet inconvénient est particulièrement accentué dans l'ouest do l'Europe, où il n'existe aucun gisement de giobertite assez important pour alimenler une grande fabrication de produits magnésiens.

» La grande altérabilité des produits réfraclaires à base de dolomie a eu pour conséquence de concentrer l'élaboration de ces produits dans les usines mêmes qui les consomment. Il n'existe pas d'usines spéciales ayant leur fabrication pour objet; c'est tout au plus si le fritlage de la dolomie s'effectue parfois sur le lieu de son exploitation. Encore cette combinaison nécessite-t-elle beaucoup de rapidité et de régularité dans les transports, si l'on veut éviter un déchet considérable en cours de route.

» Il en est autrementde celle des produits magnésiens ; ceux-ci n'ont été à l'origine qu'un accessoire de l'industrie des produits silico-alumineux, mais leur production tend à se conceuîrer dans des établissen^ents spéciaux, installés à proximité des centres de production de la matière première.

» Dans les grandes usines, telles (|ue celles de Styrie et de Hongrie, la méthode employée pour la fabrication des briques de magnésie est la suivante : le carbonate de magnésie naturel est calciné dans des fours coulants, chauffés par introduction, vers leur zone moyenne, de gaz combustibles provenant de gazogènes à houille; la combustion de ces gaz est rendue plus complète par une insufllation d'air. La température obtenue doit atteindre le blanc intense, de manière à provocjuer un IVittage aussi complet que possible.

» Pour reconnaître si ce résultat a été obtenu, on casse les morceaux que l'on tire i)ar le bas du four. La surface de ces morceaux, qui a subi un chauffage énergique, est colorée en brun ou en violet foncé; le centre conserve parfois une couleur d'un jaune ocreux qui indique une calcination insuffisante. On

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irie ces parties mal cuites, qui serveut ensuite à piéparei' la pâte servant à agglomérer les fragments fritlés.

)) Les parties bien cuites sont broyées, soit dans des broyeurs à boulets, soit sous des meules roulantes, à bandage d'acier très dur. La première catégorie d'appareils donne des résultats moins satisfaisants que la seconde, à cause de la détérioration très rapide de ses éléments et de sa tendance à broyer trop fin. Les grains de la matière broyée doivent avoir, autant que possible, de 2™'" à 3'"'" de diamètre.

» Pour agglomérer la magnésie frittée, on emploie parfois le goudron bien privé d'eau, dans la proportion de 8 pour loo du poids de la magnésie. On fait le mélange sous des meules verticales, puis on comprime la pâte dans des meules de fonte, soit à la main, soit mécaniquement. Cette méthode de fabrication, identique à celle employée pour les briques de dolomie, donne lieu à un retrait important au moment de la cuisson, qui se fait dans les moules en fonte.

» Le plus souvent on préfère employer comme élément plastique une pâte de magnésie dite caustique, c'est-à-dire cuite à une température de 800'' à 900° seulement. On emploie à cet usage les incuits de la calcination; on les broie très finement et on les mélange avec de l'eau; il se produit un échauffemenl appréciable, dû à l'hydratation de la magnésie. Le mélange a été fait sur la piste d'une meule roulante, jusqu'à consistance un peu laiteuse; on y ajoute peu à peu, en faisant toujours tourner la meule, de la magnésie frittée et broyée, jusqu'à obtention d'une pâte très épaisse. On moule celle-ci, soit à la main, soit à la presse; on laisse sécher pendant une huitaine de jours sous des hangars bien ventilés; enfin l'on cuit dans un four continu, chauffé au gaz de gazogène. La cuisson dure une vingtaine d'heures par chambre : elle se fait au blanc le plus intense et donne lieu à un reirait de 4 pour 100 environ sur les dimensions initiales.

» D'après M. Mansfeld, fabricant à Budapest, on obtiendrait des produits de qualité supérieure en utilisant comme matière première les déchets de la cuisson et de la manipulation des briques et en les agglomérant à nouveau, parfois après ad-

PRODUITS RÉFRACTAIRES RASIQUES.

dition d'une certaine quanlité de fer chromé. On obtiendrait ainsi des briques qui ne subiraient au feu aucun retrait appréciable.

» Pour la confection des revêtements en pisé de magnésie, on emploie comme aggloméi nni, laiitôt le goudron, tantôt un mortier très clair à base de Icrre réfractaire, tantôt enfin une certaine proportion de scories basiques provenant de l'opération même qui doit être exécutée dans le four.

)) La première formule ne donne lieu à aucune observation spéciale. D'après les indications données par la Société de Veitsch (Styrie), la deuxième comporterait l'emploi d'une bouillie formée de i partie de terre de pipe et de 9 parties d'eau que l'on ajouterait à de la magnésie fritlée et broyée, dans la proportion de ^ du poids de celle-ci.

» Les analyses suivantes donnent une idée de la composition des produits magnésiens fournis par les deux usines ci-tlessus :

Vcilsch. Paul Mansfeld.

Désigiialion.

lU.

traces

non dosée

non dose'e

Protoxyde do manganèse.

non dosée

I. Magne'sie calcinée de Veitsch (analy.se faite à TAcadéniie royale des Mines de Freiberg, d'après la Société de Veitsch). — II. Briques de magnésie de l'usine de Veitsch (analyse de Sir Ed. Riley, d'après la Société de Veitsch). — III. Briques de magnésie do l'usine de Veitsch (analyse de The Stowe Fuller Company, à Cleveland, Ohio, U. S., d'après M. Paul Mansfeld ). — IV. Magnésie calcinée de l'usine IMansfeld (analyse de M. Lukacs, chimiste à l'Université de Budapest, d'après M. Paul Mansfeld). — V. Magnésie calcinée de l'usine Mansfeld (analyse du laboratoire du Ministère hongrois de l'Agriculture, d'après M. Paul Mansfeld). VI.

Brique de magnésie de l'usine Mansfeld (analyse de The Stowe Fuller Company, à Cleveland, Ohio, U. S., d'après M. Paul Mansfeld).

» On arrive maintenant à fabriquer, en pâte magnésienne, non G. 26

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seulement des briques de tous modèles, y compris des briques de V. ûles, assemblées à rainure, mais encore des pièces de forme assez compliquée, telles que creusets, fours à fondre le platine, bouchons de coulée, avec leurs sièges, pour poches à acier, tuyères de converlisseurs, etc.

» D'après Texpérience acquise par diverses aciéries, les tuyères en magnésie [)euvent donner d'excellents résultats et prolonger de beaucoup la durée des fonds de convertisseurs basiques. Leur emploi se développerait rapidement si leur prix élait moins élevé.

» Certaines grandes usines sidérurgiques fabriquent des produits réfractaires à base de magnésie. On peut citer notamment celle du Creusol qui est arrivée à obtenir, dans son usine de Perreuil, des tuyères en magnésie d'une dureté et d'une résistance très remarquables. »

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