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CHAPITUE XI. — PRODUITS RÉFRACTAIRES

est Striée de manière à présenter une série de petites pyramides. Après ce premier travail on unit le fond en frappant avec une masse à tête unie. On donne à ce fond 7''" à 8<=- d'épaisseur. On descend alors le noyau dans l'enveloppe, puis une fois qu'il est centré on tasse la terre tout autour avec une masse, plus petites que la première, mais ayant une lace garnie de dents. Une fois que la paroi est arrivée à la hauteur de la première enveloppe, on en dispose une deuxième au-dessus de la première et l'on continue le même travail jusqu'à ce que l'on soit arrivé en haui

l-iS. n3.

de la cornue. A ce moment on place un moule spécial pour faire les rebords de la cornue, bords qui reçoivent les trous qui servent à fixer la garniture de métal.

Grâce à la construction du noyau le démoulage peut s'opérer facilement. On enlève d'abord l'àme au moyen d'une poulie, puis successivement les diverses pièces formant le noyau. On place alors horizontalement le système du moule et de la cornue et au moyen d'une voiture spéciale on le porte dans un local où il commence à se dessécher. Avant la dessiccation il faut pro-

COHISLKS A GAZ. 889

céder au réparage. L'inlérieiir de la cornue, tout soigné qu'ail été le façonnage, peut présenter des irrégularités; un ouvrier, couché sur une planche, entre alors dans l'intéiieur et, allant du fond à la sortie, bouche tous les manques avec un mortier fait avec 4 parties de ciment fin et i partie d'argile; il unit ensuite la surface avec une plaque de fer poli.

O dernier travail fini on laisse reposer la cornue pendant 8 heures; le moule peut alors être enlevé sans inconvénient.

Ce procédé de fabrication, qui demande des ouvriers exercés et du soin, a été l'objet de recherches pour en obtenir la simplification. Une solution du problème, dans ce cas particulier, a élé donnée, il y a près de 20 ans, par la Société française anonvme pour la fabrication mécanique des cornues à gaz, à Iviy- Port (Seine); la machine employée par cette Sociélé repose sur le principe de Tétirage de la pâle à la filière avec soudure d'un fond rapporté. A Andennes (Belgique) on se sert d'un a|)pareil actionné par une presse hydraulique. Le fond est obtenu par pression à i2o'"™, puis on élève les parois et on les presse.

Une masse aussi im|)ortante qu'une cornue à gaz demande à être séchée avec le plus grand soin. On a essayé divers dispositifs pour obtenir une dessiccation sûre et plus rapide que le séchage à l'air ou dans des séchoirs faibletnent chauffés. Une fois séchées les cornues sont portées au four. Pour leur donner de l'imperméabilité aux gaz, on peut leur appliquer une couche d'un mélange de feldspath et de gypse finement pulvérisé. 11 se produit ainsi une glaçure qui bouche les pores. Le four indiqué par Scger pour la cuisson des cornues est un four cylindrique à axe vertical à deux étages dont le laboratoire seul sert à cuire les cornues. Un four de 4™ de diamètre peut contenir de 24 à 25 cornues. On pose les cornues verticalement, reposant sur une couche épaisse de ciment.

Dans le four que nous citons, on utilise les espaces restés vides pour placer des objets de moindres dimensions. La cuisson se conduit lentement; elle dure de 70 à 80 heures.

Cornues à zinc. — Dans le procédé belge, on se sert de tubes en terre réfractaire ayant parfois i™, 10 de longueur et C", i5 de

SgO CHAPITRE XI. — PRODUITS RÉFR ACTAIUKS.

diamèlre. Ces cylindres se l'ont à la main ou à la macliino. A la main on emploie un mode de façonnage analogue au préc(klenl en se servant d'un moule formé d'un noyau et de son manteau ou bien on moule un bloc de pâte dans une enveloppe cylindrique et l'on creuse l'inlérieur du tube en foulant la terre cl la pressant sur les parois. Le travail à la main peut être remplacé par le travail mécanique. La macbine presse un cylindre creux de terre avec un fond ou bien fournit des tubes auxquels on ajoute un fond.

Voici une manière de procéder mécaniquement ('). Le mélange d'argile et de ciment, convenablement malaxé, est d'abord pilonné de manière à former un boudin cylindrique d'un volume convenable. L'appareil employé consiste en un tube vertical de fonte à parois épaisses, dans l'intérienr duquel peut se mouvoir un piston hydraulique maintenu par une pression d'eau. Directement au-dessus de ce tube se trouve placé un lourd bocard mécanique dont la course est limitée à l'orifice du tube. La caisse où entre le pistou hydraulique est munie d'une soupape qui permet l'échappement de l'eau lorsque la pression dépasse une certaine limite. Le piston étant amené jusqu'à l'orifice supérieur du tube, on recouvre le piston de morceaux, de terre préparée et l'on fait battre le piston en rajoutant de la terre à mesure que celle-ci s'enfonce dans l'intérieur du tube en refoulant sous chaque coup le piston hydraulique. Lorsque la quantité de terre ainsi battue est suffisante, on arrête la marche du pilon et l'on refoule le boudin ainsi formé dans le tube en donnant une pression d'eau suffisante sous le piston.

L'appareil de moulage proprement dit se compose d'un tube vertical très résistant en fonte, dont la section intérieure est la même que celle du vase, tube ou moutle que l'on doit fabriquer. La partie supérieure de ce tube en fonte peut être fermée par un obturateur formé d'une plaque en fonte, qu'on peut y fixer solidement par deux clavettes. A l'intérieur de ce tube peuvent se mouvoir deux pistons hydrauliques. La tête de l'un d'eux est formée par un tube qui s'emboîte exactement dans le tube exté-

(') Dictionnaire de iriirtz, t. III, p. 771.

CORNUES A GAZ. Sq r

rieur el dont l'épaisseur est égale, suivant chaque génératrice, à celle du vase à mouler. La tête de l'autre piston a pour section le vide intérieur du tube précédent, c'est-à-dire les dimensions intérieures du moufle ou du tube en terre. Les deux pistons étant on haut de leur course, il reste entre les surfaces planes qui les terminent et l'obturateur un vide égal à l'épaisseur du fond du vase à mouler.

L'appareil élant ouvert, on fait descendre d'une quantité convenable l'ensemble des deux pistons et l'on introduit dans le tube le boudin précédemment préparé; on fixe alors l'obturateur et, en manœuvrant les robinets de pression hydraulique, l'on fait monter les deux pistons ensemble de façon à comprimer fortement le bloc de terre. On augmente alors la pression sous le piston intérieur qui entre dans le bloc de terre en y creusant le vide intérieur du vase et refoulant la matière qui, ne trouvant pas d'issue, refoule elle-même le piston annulaire en prenant la place qu'il occupait. Le vase se trouve ainsi moulé i)ar compression dans l'espace compris entre l'obturateur, la tête du piston intérieur et la paroi du tube extérieur. On enlève alors l'obtin^ateur et l'on refoule au dehors le vase formé en faisant monter le piston annulaire. On coupe ensuite le vase et on le porte au séchoir. Ordinairement, ces cornues sont vernies intérieurementau sel marin que l'on applique en solution concentrée avant cuisson.

La dessiccation des pièces, après le façonnage, doit se faire lentement et progressivement; elle dure de 2 à 3 mois. La cuisson se fait à une température qui doit être aussi élevée que celle que les tubes sont appelés à supporter.

Les moufles du procédé silésien se font à la main en collant des plaques de terre de forme convenable et en s'aidant au besoin d'une forme.

Par l'emploi d'une machine à filière appropriée on fait également des liibcs et des moufles. Il est nécessaire pour les terminer de leur coller un fond.

sga chapitre xi. — produits réfractaires.

§ 4. — Gazetterie.

La fabrication de la gazetterie a une grande importance pour les industries qui sont obligées de faire leur enfournement en gazettes.

Les gazettes ont à fournir un bon usage pendant la cuisson. Il est nécessaire qu'elles supportent l'action du feu pendant toute la dui'ée de la cuisson sans se rompre ou, au moins, sans présenter de ruptures graves. La chute d'une pile de gazettes peut entraîner des dégâts considérables dans un four. Toutes les pièces qu'elles renferment sont brisées ou hors d'usage, par suite de la chute de débris qui les souillent, sans compter qu'une chute de ce genre peut en entraîner d'autres.

Les compositions des pâtes destinées à la gazetterie varient, non seulement avec les terres qui sei'vent à les confectionner, mais aussi avec la nature des pièces de la gazetterie.

Voici, à litre d'exemple, des mélanges employés pour la confection de la gazetterie à Sèvres :

Etuis.

Terre de Provins 3o

» de Sczanne lo

Ciment n" 3 5o

Gerces épaisses.

Argile de Dreux f\o

Ciment n" 2 (io

Rondeaux à couvrir.

Argile de Dreux \>a

» de Retourneloup ja

Ciment très gros. 'jS

Le ciment n° 2 passe au tamis 12.

Le ciment n" 3 passe au tamis 8.

GAZETTERIE.

Hrongniari a indiqué égalomenl :

[. 11. in.

Argile plastique 4o 4o 4"

Ciment n" 3 Co » »

Sable qiiartzeux » >> 3o

I Gerces à fond plein

II Gerces à talon

III Rondeanx

Ces mélanges sont cilés par Broiigniart comme représentant les compositions usitées à la manufacture de Sèvres en i844. Les ciments qu'il indique sont ceux de la gazetterie elle-même. Les n'"* 1, 2 et 3 passent respectivement dans des (amis de 196, 16 et 4 mailles au centimètre carré. Nous avons cilé plus haut des mélanges employés plus récemment.

A Sèvres l'argile est brisée dans un moulin à noix; le ciment est broyé dans un moulin à meules horizontales. Le premier appareil comprend une cuve en fonte dans laquelle tourne une noix. Avant de s'engager entre la noix et la paroi du moulin, l'argile a subi le choc d'armatures placées tant sur la périphérie que sur la noix. Les chocs brisent les mottes en menus fragments, qui s'engagent ensuite entre les dents de la noix el la cnve.

La gazetterie comprend un certain nombres de pièces qu'il est bon de définir avant d'aller plus avant. Sous le nom de cercc l'on désigne un anneau de terre cuite. Les cerces servent à construire dos piles dans lesquelles on enferme la poterie à cuire. Les cerces ont quelquefois un fond, on les appelle alors cerces à fond plat. La cerce à cul-de-lampe difTère des précédentes par la forme de son fond qui s'abaisse en forme de calotte sphérique. La cerce à cul-de-lampe est percée en son milieu. Quelquefois les cerces ont un rebord intérieur, ce sont les cerces à talons.

Les gazettes ont aussi quelquefois une forme ovale.

Les rondeaux sont placés dans les piles de gazetterie pour former des planchers destinés à su|)porter les objets.

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