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CHAPITRE Xll. — FAÏENCES

que l'on préparera en frillanl

Feldspath

Sable qiiarlzeux Borax crislallisé, Craie

Pour l'usage, on additionne celle frilte du { de son poids de kaolin el l'on broie le mélange.

La cuisson de la polerie commune esl généralement double comme nous l'avons dit. Les petits poliers effectuent cette opération de différentes manières. Ceux qui n'ont à leur disposition que des fours rudimentaires de petite laille font des fournées de Ijiscuit et des fournées de polerie avec son vernis. Quand ils ont de grands fours ils peuvent utiliser les parties chaudes pour cuire la glaçure et faire leur biscuit dans les régions moins chauffées.

Avec un four à deux étages, on peut utiliser le haut pour cuire le biscuit et tirer parti de l'espace inférieur pour fritter la glaçure. Cet appareil est analogue au four carré que nous décrirons plus loin à propos de la faïence stannifère. Ces fours ressembleni aux fours à porcelaine, ils en diffèrent par leur construction inférieure.

POTERIE VIÎIIMSSÉE. ^11

Rarement les fours ronds à axe vertical ont élé utilisés pour cuire la poterie, le plus souvent on a donné la préférence aux fours carrés. Le four (pie nous avons cité a servi avantageusemenl, d'après Bastenaire Daudenart; il étail, à l'époque où écrivait l'auteur, incontestablement supérieur aux fours signalés ])our cette fabrication par Brongniart.

L'enfournement de la poterie commune se fait en charge ou en échappade. Le premier moyen est le plus fréquemment employé, on trouve des traces des adhérences et arrachements qu'il a motivés sur les ustensiles de cuisine.

La cuisson de la polerie vernissée comprend comme toujours (in grand feu et un petit feu. Quelquefois la cuisson est faite en atmosphère réductrice ou bien des fragments de combustibles sont entraînés sur les poteries; on voit alors des réductions du plomb à la surface.

Le combustible employé est souvent le bois; on cuit aussi au charbon.

Quoique ce genre de produits ne serve pas comme vases d'apparat, on lui applique quelquefois des couvertes colorées. La coloration de la terre ne permet pas d'obtenir des tons particulièrement beaux. On prépare ces couvertes colorées en ajoutant à la glaçure d pour loo de colorant, soit oxyde de cuivre donnant du vert, soit oxyde de manganèse produisant un brun plus ou moins violacé.

Quelques fabricants engobent leur poterie, au lieu de les colorer au moyen d'une couverte, c'est-à-dire qu'ils appliquent sur la pâte une couche d'argile blanche et qu'ils posent une couverte sur le tout. La partie engobée semble blanche; la couleur est due en réalité à l'engobe placée sous la couverte.

On ne fait plus de polerie vernissée que pour fournir aux ménagères leurs ustensiles de cuisine. Quelques paysans, dans des régions arriérées, se servent encore de vaisselle en terre vernissée; leur nombre va en diminuant, Fassiette de faïence line ou de porcelaine blanche faisant une concurrence sérieuse à cette poterie grossière. Un grand nombre d'objets peuvent supporter, sans inconvénients, les vernis au plomb; ce sont tous ceux qui ne servent pas à l'alimentation, comme les ter-

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rines. Il n'en est plus de même des casseroles, des plais, des cocottes ou marmites à pot au feu; ces ustensiles ont encore cours dans beaucoup de cuisines et il serait à désii'er (|ue leur fabrication profitât des connaissances que nous possédons maintenant pour l'application des couvertes, sinon sans plomb, mais au moins toujours bien cuites et convenablement composées.

Depuis peu on trouve dans le commerce des poteries dites poteries à feu, qui sont enduites d'un vernis sans plomb. Elles sont bien façonnées, ont un fond blanc et semblent supérieures à ce qui s'est fait jusqu'à ce jour.

La fabrication des alentours de Paris a eu une importance réelle il y a un demi-siècle; des produits mieux faits lui ont poi té maintenant un coup sérieux, dont elle ne se relèvera pas. Son vernis qui tressaille à la longue en fera toujours une matière destinée à prendre mauvais goût par l'usage, par suite de l'inclusion de substances alimentaires dans les fissures.

Nous emprunterons à Brongniart quelques détails sur une fabrication, fort ancienne maiutenaiit, mais qui a peu changé.

La pâte était composée d'argile plastique brune extraite dans la région avoisinant le sud de Paris. On ajoutait à cette argile du sable siliceux, mélangé naturellement de marnes ferrugineuses, que l'on trouvait sur des hauteurs au nord et au sud de Paris (à Belleville, par exemple). Ce sable renfermait en moyenne gS pour loo de silice.

La |)âte se faisait avec 20 pour 100 de sable et 80 pour 100 d'argile épluchée pour on enlever les pyrites. On la marchait, puis on la livrait au façonnage.

On façonnait au tour. Pour les grandes pièces ce tour n'était pas animé au pied. Il poriait, à la place du plateau, une roue sur les rayons de laquelle l'ouvrier donnait une poussée en s'aidant d'un bâton.

Toutes les garnitures, les pièces ovales se fabriquaient à la main; on ajustait les garnitures de suite sur les pièces. Parfois on avait recours aux moules en plâtre, mais seulement dans les cas compliqués.

La cuisson se faisait dans un four analogue à celui qu'on emploie pour la faïence émaillée.

POTERIK VEItNISSÉE.

Les vernis ordinaires avaient comme composition :

Jaune.

Brun.

Vert

Bioxyde de manganèse naturel riche.

Ces vernis sont fortement plombeux.

On enfournait en charge et la poterie subissait deux feux (biscuit et vernis).

A Vallauris, dans le midi de la France, on fabrique encore beaucoup de poterie vernissée. L'intérieur est engobé en blanc, La glaçure est ordinairement plombeuse. Cette poterie a pour pâte une argile locale dégraissée au sable de mer. Le mélange est façonné, engobé et émaillé sur cru. Ou n'effectue qu'une seule cuisson.

Au golfe Juan, en France, on fabrique beaucoup de faïencesdont les formes sont recbercbées et présentent une certaine élégance. Leur décoration est des plus simples. La plus grande partie des pièces ne reçoivent qu'une couverte colorée.

En Allemagne on peut rencontrer une poterie possédant encore une certaine célébrité, c'est la poterie de Bunzlau. Elle se distinguo principalement de la poterie parisienne par sa glaçure non plombeuse.

Ou composerait une poterie analogue avec une argile plastique réfractaire, additionnée du tiers de son poids de sable fusible. La pâte ainsi faite est engobée intérieurement avec :

Tesson de porcelaine 75o

Argile 2000

Feldspath 1000

La glaçure intérieure se compose de :

Sable fusible 75

Feldspath 55

Tesson de porcelaine 45

Craie 45

CHAPrriJIi XII. — FAÏEiNCES.

Extérieurement on pose une autre glaçure :

Argile ferrugineuse 25

Ocre 5

Carbonate de potasse 2

Après une cuisson réductrice en gazelles, on ferme le four. Par refroidissement lent il se développe une coloration brune.

Les poteries vernissées sont encore restées l'apanage des petits potiers dans la plupart des pays.

Presque loujours limitée aux objets de première nécessitera fabrication n'a jamais cherché à s'affiner. Les quelques pièces décoratives que l'on fait actuellement dans ce genre de poteries sont généralement fort pauvres. Elles sont l'œuvre de paysans presque toujours.

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