‹ La céramique industrielleChapitre 138 sur 182 · FAÏENCES ARCHITECTURALES. '^I · texte numérisé non relu

FAÏENCES ARCHITECTURALES. '^I

unes aux autres. La nature de l'atmosphère des fours a aussi son importance; les réductions sont à éviter avec une glacure ploml)euse.

§ 2. — Carreaux de faïence.

Le simple carreau de (erre peut recevoir des compositions vitrifiables colorées ou incolores; on le traite alors comme nous l'avons dit en parlant des terres cuites émaillées. A côté de cela il existe des fabrications un peu différentes dont il est intéressant de parler.

Le carrelage céramique a reçu des décors très variés et les spécimens de l'art oriental que nous connaissons indiquent une certaine recherche dans l'ornementation en couleurs. Les Arabes ont importé en Europe leur goût et leurs procédés pendant leur occupation de l'Espagne. Actuellement encore, sous le nom d'azulejos, on fabrique des carreaux très recherchés pour orner les intérieurs. Les azulejos sont principalement décorés avec des lustres hispano-mauresques.

Le carreau de terre reçoit quelquefois des décors en engobes colorés que l'on recouvre d'émail.

On emploie aussi le carreau blanc à émail stannifère, c'està-dire en faïence à glacure opacifiée par l'oxyde d'étain. Ce carreau se fait comme le carreau de terre ordinaire, il reçoit en plus une glaçure que l'on pose par arrosement. Ce produit a eu beaucoup d'emplois, mais il est détrôné par le carreau de faïence fine que l'on fabrique maintenant avec des ornementations extrêmement variées.

Le carreau de faïence fine se fait à sec. La pâte qui sort du filtre-presse est desséchée. Pour cela on lui fait traverser un séchoir. On se sert parfois de séchoir en forme de tunnel dans lequel s'engage une voie ferrée. On pose les balles de pâte sur les plates-formes de wagonnets qu'on laisse séjourner dans l'appareil le temps nécessaire pour la dessiccation. Le même résultat peut être obtenu en plaçant la pâte sur des étagères à tablettes creuses et parcourues par un courant de vapeur qui les porte à une température suffisante.

Si l'on pousse la dessiccation trop loin la pâte manque de

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Thumidilé nécessaire pour faciliter la cohésion des grains après la pression. Aussi parfois sèche-t-on le plus complètement possible, puis on pulvérise la pâte et on lui ajoute 8 pour loo d'eau. Le même résultat peut s'obtenir en arrêtant la dessiccation au point voulu; il n'est plus nécessaire d'humidifier la masse à nouveau. La pâte ayant peu de dureté on se sert de pulvérisateurs à grande vitesse, tels que le broyeur Carr.

La presse qui sert au façonnage des carreaux est une presse à vis verticale. La vis est mise en mouvement par un grand volant placé horizontalement à la partie supérieure. Le diamètre du volant mesure de i>",5o à 2"^ suivant la grandeur des presses. Le volant est muni de tiges métalliques, placées perpendiculairement à son plan et faisant office de poignées. Ces appareils sont disposés en somme comme les presses à balancier utilisées pour la frappe des monnaies. On peut donner à la masse, contenue dans un moule en fer, une pression de aoooo'^s et plus par décimètre carré. Cette pression est augmentée pour les carreaux de grande surface. Le travail à la presse est d'autant plus délicat que la surface à presser est plus grande; aussi, dans la fabrication courante, dépasse-t-on rarement ao*^'" de côté. Les dimensions extrêmes ordinaires sont ô^™ et iS*^™.

On donne à la pâle sèche versée dans le moule une première pression, puis une seconde. Au moyen d'une pédale on soulève le fond, jiprès avoir relevé le piston, et l'on démoule. La plaque supérieure est ensuite polie légèrement.

Les carreaux sont empilés et portés au séchoir. De leur dessiccation régulière dépend une partie de leur réussite. Mal séchés et mal protégés de l'air humide, les carreaux peuvent s'abîmer à la cuisson. Pour obtenir une masse très sèche, il faut prendre de grandes pi'écaulions, car une masse fortement pressée ne perd que lentement l'eau qu'elle renferme. Il faut donc une dessiccation lente et prolongée si l'on ne veut s'exposer à des accidents.

Le carreau peut être coloré par les procédés mis en œuvre pour la faïence fine. Quelquefois les carreaux présentent des reliefs.

Une presse desservie par des ouvriers exercés permet de livrer par jour 2000 carreaux de 12'='» de côté.

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La fabrication du carreau de faïence fine ne s'effectue pas sans un sérieux déchet, du moins dans beaucoup d'usines. Le façonnage très rapide actuellement gagnerait peut-être en qualité à être exécuté un peu plus posément. A la cuisson les inégalités dans le pressage, dans la dessiccation se traduisent par des fissures dans la masse.

Les pâtes à carreaux s'écartent parfois un peu comme composition des pâtes de faïence fine. La formule suivante représente une pâte anglaise pour carreaux :

Argile plastique ^3

Kaolin ^7

Silex 4o

Cornish-stone 'i

On voit qu'elle est pauvre en cornish-stonc.

Le carreau se cuit en biscuit, puis en émail. On met les carreaux émaillés dans des gazettes rectangulaires, on les place de champ et l'on pose les carreaux maintenus dos à dos, deux par deux, par une pince en terre réfraclaire terminée par deux pointes.

On a donné parfois aux fours destinés à la cuisson des carreaux un dispositif qui diffère un peu de celui que nous avons indiqué à propos de la faïence fine. Le four est construit comme le four à flamme directe, seulement les gaz ne trouvent d'issue que dans des ouvertures ménagées au bas d'une cheminée cylindrique établie sur la sole et débouchant au-dessus de la voûte du four. Les gaz ne peuvent donc sortir qu'après ascension jusqu'à la voûte et descente près de la sole. Lambert (*), un des premiers, a décrit cet appareil que l'on trouve encore en usage sur le continent.

§ 3. — Carreaux de poêles.

En Allemagne, en Suisse, en Russie et dans les Pays Scandinaves on se sert beaucoup des poêles pour le chauffage, alors qu'en France ces appareils n'ont qu'un emploi restreint. Les

(1) Fabrication de la faïence fine en Angleterre.

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poêles sont construits avec des carreaux. La pâle qui les forme doit être capable de supporter les changements de température; c'est une condition qui n'est pas sans compliquer la fabrication, car, en même temps, la glaçure ne doit ni gercer, ni écailler. II y a là deux conditions à réaliser qui font de ce genre de fabricalion une spécialité.

Les argiles que l'on emploie pour faire les carreaux de poêles sont ferrugineuses; elles prennent, après cuisson, une teinte rougeâtre plus ou moins prononcée. Pour l'accord de la pâte et de la couverte, la présence de craie n'est pas désavantageuse, au contraire. Les poêliers ont constaté depuis longtemps que les tressaillures disparaissaient avec une addition convenable de craie. Aussi, quand les argiles ne renferment pas de calcaire, ajoute-t-on de la craie dans la pâte. L'emploi des marnes était tout indiqué dans cette fabrication, on trouve du reste les marnes comme faisant partie intégrante de la pâte dans beaucoup do formules. Cette action de la chaux s'explique par la variation du coefficient de dilatation de la pâte que produit celle matière.

L'argile de Vellen, employée par Feilner, à Berlin, est un type du genre d'argile à employer. Elle renferme, d'après Seger, en chiffres ronds, 20 pour 100 du carbonate de chaux; c'est une argile marneuse. La présence de calcaire dans la pâte, bonne pour l'accord de la pâte et de la couverlé, présente des inconvénients au point de vue de la résistance de la masse aux variations de température. Si l'on augmente inconsidérément la teneur en chaux, le carreau devient fragile et se brise sous l'action de la chaleur. Il faut, pour obtenir un bon produit, arriver à saisir le point où, sans donner la fragilité à la masse, on peut faire accorder la pâte et la couverte.

L'argile est lavée pour la débarrasser des grosses impuretés. L'opération se fait très bien dans un délayeur. On tamise l'eau chargée d'argile dans un tamis de loo à i5o mailles au centimètre carré et l'on reçoit le liquide dans des bassins. En laissant déposer le liquide on peut séparer une partie de l'eau en excès et obtenir l'argile en pâte. Dans de grands bassins peu profonds on arrive à séparer l'argile de la plus grande quantité d'eau qui l'imprégnait. En laissant le dépôt au contact de l'air.

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