FAÏENCES ARCHITECTURALES
dans un endroit aéré, la dessiccation se continue et l'argile reste à rélal solide. Les fissures, qui se produisent dans la- niasse, annoncent la fin de la dessiccation. L'emploi du filtre-presse permet d'opérer beaucoup plus rapidement; il n'est pas possible dans les petites fabriques. Les fabriques de poêles de peu d'importance sont tributaires de l'état de fatmosphère; elles ne travaillent pas pendant la mauvaise saison.
La pâte est composée d'argile et d'une matière dégraissante. On fait, si cela est nécessaire, un mélange d'argiles pour avoir la plasticité convenable. Quand on dispose d'une argile trop calcaire on la mélange avec une terre non calcaire dans le rapport voulu. Les dégraissants sont le sable, ou mieux le ciment, et la craie, quand les argiles ne sont pas calcaires.
Avec des argiles très sèches il est bon de diviser d'abord la masse en menus fragments avant d'effectuer le mélange. Une paire de cylindres suffit très bien pour diviser l'argile. La poudre d'argile est mêlée ensuite aux dégraissants, mouillée et, après que l'eau a pénétré la masse, soumise au malaxage.
La fabrication de ciment serait coûteuse pour les poêliers,
mais ils ont toujours une source de ciment dans les débris de
gazettes et de biscuit des poêles.
L'introduction du ciment est bonne pour faire une pâle qui
doit être chaulfée; sa grosseur de grains est à proportionner au
genre de produits fabriqués.
La composition des pâtes destinées au façonnage des carreaux
de poêles varie avec les fabricants; elle est sujette aussi à la
nature des matériaux employés. L'émail doit s'accorder avec la
pâte et cette dernière doit être capable de supporter des cban-
gements rapides de température sans ruptures.
Voici un exemple d'une de ces pâtes. La formule est déjà
ancienne; elle est citée par Brongniart (^) :
Argile plastique de Vaugirard iS
Marne argileuse do Ménilmontant
Sable siliceux i j
Ciment 37
(') Jrcs céramiques, t. II, p. 78, 2° édition.
Il est évident que d'autres éléments que ceux cités par l'auteur donneraient des résultats différents. Comme on le voit, on a introduit du ciment dans la pâte, mais on a fait d'autres pâtes sans recourir à l'emploi de ce dégraissant. En moyenne les pâtes renferment 12 pour 100 de calcaire; les écarts sont compris généralement entre 10 et i4 pour 100. Quand les terres sont fortement ferrugineuses, il est bon de ne pas forcer la teneur en chaux.
Les poêles sont formés principalement de carreaux dont les uns sont plats et les autres, destinés à former les coins, ont une section rectangulaire. Pour certains poêles de luxe on a adopté une construction plus compliquée et l'on a édifié le poêle en fragments ornés de sculptures en reliefs. 11 a fallu dans ce cas faire toute une série de moules pour façonner ces derniers poêles.
Les poêles ordinaires sont plus simples; ils ne comprennent que les deux sortes de pièces dont nous venons de parler. Aces carreaux il faut ajouter quelques motifs ornementaux généralement peu compliqués dont on couronne le faîte.
Le façonnage des carreaux exige l'emploi de moules en plâtre. Pour le moulage on prend la pâte en croûte découpée dans un bloc de pâte. Au moyen de règles il est facile de diviser le bloc de pâte en tranches parallèles que l'on vient appliquer dans le moule; nous avons fait connaître ce genre de travail. Le moule ne présente pas de complications quand il s'agit d'un carreau plan ordinaire. S'il porte des reliefs et des creux, il devra être établi de manière à présenter une dépouille facile sans arrachement.
Si le carreau était plat sur sa face intérieure il serait d'un emploi peu commode pour son fixage. Une fois le moule C rempli et la pâte tassée, avec un coup de racloir l'ouvrier enlève
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la pâte en excès et pose alors un colombin de pâte F. Ce colombin sera disposé en forme d'ovale ou de rectangle ovalisé;