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Eau combinée et matières organiques. . .
I. Argile de Saint-Amand. — II. Argile de Randonnai. — III. Sable de Dccize.
Cette pâte se façonne facilement; elle exige une dessiccation soignée pour éviter des déformations et des fentes.
Ce grès se cuit à la tombée de la montre 9 de Seger; celle température correspond, comme nous le verrons, à celle de la cuisson de la porcelaine dite porcelaine nouvelle de Sèvres. On a cherché du reste à rendre ce grès capable de recevoir sans accident les couvertes colorées de ce genre de porcelaine.
L'émaillage peut se faire par salage et, dans ce cas, on jette à la fin de la cuisson du sel dans les alandiers. Les couvertes colorées ont été utilisées avec succès.
Les couvertes transparentes sont les mêmes que celles qui servent à émailler la porcelaine nouvelle. Des couvertes semimates ont été appliquées aussi sur la matière. Nous traiterons celte question dans la décoration.
L'émaillage se fait sur cru.
§ 1. — Carreaux de grès.
Les carreaux de grès donnent un pavage résistant que la compacité de la matière rend préférable au carrelage de terre cuite. On a créé entre ces deux fabrications des produits inter-
48o CHAPITRE XIII. — GRÈS.
médiaires qui n'ont pas la perméabilité des terres cuites sans posséder la structure vitrifiée du grès. La pâle de ces carreaux contient bien des produits fusibles, mais la masse, soit par insuffisance de fusibilité, soit par cuisson trop faible, a gardé encore la structure d'une terre cuile à texture serrée.
Les carreaux de grès se font avec deux sortes de pâtes : les unes sont comparables à celles des grès naturels, les autres sont des pâtes de grès composés, c'est-à-dire qu'elles contiennent des produits fusibles additionnels dont le rôle sera de donner à la pâte sa structure vitrifiée.
Une argile ou un mélange d'argiles cuisant en grès peut servir à faire du carreau.
Le premier procédé employé pour le façonnage était la voie humide, la pâte molle était moulée. Nous dirons quelques mots de ce mode de fabrication en parlant des carreaux à pâle composée. Actuellement l'argile, délayée et lavée, est raffermie et réduite en poudre. C'est cette poudre que l'on comprime très énergiquement en employant les appareils déjà décrits (presse à bras ou presse hydraulique). Le carreau séché est porté au four.
Pour faire des carreaux incrustés on modifie la manœuvre comme il convient pour faire les carreaux de terre engobés.
Les matériaux qui entrent dans la composition des carreaux à pâte composée ou, comme on le dit encore, à pâte feldspathique, sont l'argile et des fondants divers. Ces dernières matières peuvent être du feldspath, du cornish-stone, du sable fusible, du laitier de haut fourneau.
La fabrication anglaise de ce genre de produits a été, de bonne heure, très satisfaisante. Au début on travaillait en pâte molle et voici, d'après Lambert, le procédé suivi :
Une plaque carrée en plâtre de iS"^™ de côté et de 3""" d'épaisseur, porte en relief, sur une de ses faces, le dessin à reproduire, qui fait saillie de i""", 5 à 2™™.
Pour plus de solidité cette plaque a été coulée dans un châssis en cuivre de 2""'" à S'""" d'épaisseur auquel sont fixées latéralement deux chevilles en fer, destinées à maintenir en place un second châssis de 2"™ à 3™"^^ d'épaisseur et de 3'^™ de hauteur,
GRÈS ARCHITECTURAL. ^gj
que l'on place sur le premier et qui est destiné à recevoir la terre qui doit former le carreau.
L'ouvrier prend une masse, de la grosseur des deux poings environ, d'argile devenant rouge par la cuisson (argile de la formation permienne) à laquelle il donne approximativement la forme et l'étendue du moule. Il prépare ensuite avec de la pâte plus fine une petite plaque de 5-" à 6'"« d'épaisseur; après avoir poli une des faces avec une lame d'acier, il applique la face opposée contre la première masse, puis il lance le tout dans le moule en plaçant la face polie contre le plâtre.
Il coupe ensuite avec un fil la partie qui dépasse le châssis du moule. A ce moment les deux surfaces du carreau sont formées de deux pâtes différentes et c'est pour éviter le gauchissage qu'il est indispensable de faire disparaître cette différence. A cet effet, au moyen d'une lame recourbée, il gratte une couche de pâte de 5'-" à 6"- d'épaisseur qu'il remplace par de la pâte fine en épaisseur plus forte. Le tout est alors recouvert d'un morceau de cuir et serré avec une presse à vis. On a ainsi constitué les deux faces avec des matières identiques et laissé l'intérieur formé d'une pâte grossière, moins coûteuse que la précédente. Après la pressée, on coupe l'excédent dépassant le châssis du carreau et l'on démoule.
Nous avons supposé des creux dans le moule pour prendre le cas dans toute sa généralité : fabrication d'un carreau incrusté. Dans les cavités on va introduire les coloraïUs, Les barbotines sont contenues dans des cruches et versées dans les creux correspondants, c'est par leur moyen que l'on décore par incrustation. C'esl, en somme, le procédé auquel nous avons fait allusion tout à l'heure. On termine en raclant la surface avec une lame d'acier.
Un autre mode opératoire est le suivant. On devra alors faire un dessin dont les dimensions seront calculées de manière à représbnler la composition en cru. Ce dessin est ensuite coupé en carreaux, chacun d'eux représentant un carreau à fabriquer. Le carreau se fera alors ainsi : on place sur le fond de la forme, en le retournant, le carreau de papier dessiné, puis un ouvrier fait tomber sur les contours et les lignes principales une poudre G.