CHAPITRE XllI. — GRÈS
colorante ou bien peint comme avec la pâte colorée. Sur le tout on verse alors la poudre qui doit former le fond à 5™™ d'épaisseur, puis on remplit avec la pâte ordinaire et l'on presse. On enlève ensuite la feuille de papier qui recouvre le carreau.
Avec cette manière de faire, le carreau n'a que deux tons, il est possible néanmoins de faire des carreaux à plusieurs tons. On cerne chaque ton avec une terre colorée et l'on introduit de la masse colorée entre les lignes de contours, puis on termine comme plus haut.
A la presse on opère plus rapidement et plus commodément. Le carreau est fait aussi de deux sortes de matières : l'une qui sert à constituer le corps du carreau, l'autre qui donne la coloration à la surface. Supposons qu'il s'agisse de faire un carreau
a fond blanc 1 dont le centre soit occupé par une croix rouge et les quatre angles par un ton noir. Trois calibres de tôle découpée sont nécessaires; chacun d'eux portant des ouvertures correspondant à une des colorations du carreau : l'un 5 représente le blanc, l'autre 3 le rouge et le dernier 4- le noir. Successivement l'on ajoute ies diverses masses colorées en se servant chaque fois du calibre correspondant superposé au calibre 2 qui reste en place, comme guide, pendant l'opération, puis on presse le tout.
Quand on désire faire des décorations occupant plusieurs carreaux il est nécessaire d'opérer autrement, car ici la pro-
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duclion ne se fait plus comme précédemment en grande quantité. Le travail consiste à faire une série de carreaux colorés se raccordant exactement.
Ce genre de fabrication nécessite des pâtes diversement colorées. Il n'est pas possible de trouver dans les terres naturelles des matières cuisant avec toutes les colorations désirées et avec l'intensilé voulue. On doit recourir à l'addition de colorants de prix de revient peu élevé, condition qui limite beaucoup le choix. Les oxydes de fer et de manganèse peuvent presque seuls remplir celle condition. Pour les carreaux destinés au décor l'on se sert de colorants plus coûteux; le prix du produit est alors plus en rapport avec les difficultés et les frais de la fabrication.
Après dessiccation à l'air, puis au séchoir, on cuit en gazette. On encaste en appuyant les carreaux deux à deux et dos à dos. J)ans l'ancietme fabrication, par voie humide, l'encastage en charge a été employé, en faisant usage de supports sur les quatre angles. Enfin, placés de champ, on a cuit aussi ces carreaux encaslés comme les assiettes.
Maintenant ou travaille surtout à sec.
La pâte signalée par Lambert était faite d'argile plastique (blue clay) et de feldspath. Une addition d'oxydes colorants donnait les colorations voulues. Pour les teintes foncées une argile rouge est parfaitement utilisable. L'incorporation des oxydes se fait par broyage.
Le feldspath est une substance chère que le bas prix du carrelage a fait chercher à remplacer par d'autres fondants moins coûteux. Le cornish-stone subit le même reproche quoiqu'il soit d'un emploi plus facile. Les carreaux de Pont-Sainte- Maxence (») sont à base de laitier. Le laitier de haut fourneau est un fondant d'un prix peu élevé, il est vrai qu'il est très demandé maintenant, par exemple pour faire du ciment.
L'emploi de matériaux, tels que certains sables fusibles, donne de bons résultats. Additionnés d'argile ils donnent des
( ' ) Ce carreau se fait comme le carreau de Beauvais.
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masses vitrifiées satisfaisantes. Il y a actuellement un parti à tirer de ces matières.
Les colorations sont obtenues par des moyens simples. On se sert ordinairement de cobalt pour le bleu, d'oxyde de chrome pour le vert, d'ocres pour les jaunes et les rouge brun et d'oxydes de fer et de manganèse pour les noirs. La valeur de l'addition ne dépasse pas 6 pour loo en moyenne.
La cuisson est lente naturellement pour éviter les ruptures. Elle s'effectue en gazettes comme pour les autres carreaux. On les pose de champ dans du sable.
Les fours intermittents à flamme renversée (M et les fours à gaz sont les deux types d'appareils les plus employés. Les premiers consomment 6oo''s de houille en chiffres ronds pour ,000'^s. Les seconds, en prenant le four de Mendheim comme exemple, consomment moins.
Nous donnerons, comme exemple, la fabrication des carreaux mosaïques de Mettlach (^)..
Les carreaux destinés au carrelage, cuits en grès, sont connus aussi sous le nom de carreaux mosaïques.
A Metllach, la Société Villeroy et Boch mène la fabrication de ces carreaux avec un grand succès et elle peut défier la concurrence de beaucoup d'autres fabriques et, en Allemagne, une seule fabrique, à Sinzig, lui fait concurrence.
Pour Tobtenlion de semblables produits on emploie des argiles qui ne nécessitent pas un travail préalable de lavage. Il faut une matière suffisamment homogène naturellement pour ne pas nécessiter un nettoyage par voie humide, nettoyage toujours coûteux.
Comme on emploie dans la fabrication des mélanges argileux appliqués l'un sur l'autre, le retrait de la matière a une très grande importance pour le choix des argiles. Il faut s'assurer que les différentes masses que l'on emploiera ne subissent
(1) Ces fours sont un peu diflervnis des fours à poterie par le rapport de leurs dimensions. Ainsi un four à carreaux de 5-> de diamètre n'aura que 3- à 3"-,5o de hauteur.
(2) Sprechsaal, 1901 , n" 36, p. 12 53.
GUÈS AliCHITECTURAL.
pas (les conlraclioiis présentant de trop grands écarts, après cuisson. Faille d'accord dans le reirait, les produits seraient déformés ou déchirés.
Le carreau comprend deux couches distinctes : la première qui forme presque toute sa masse est constituée avec une argile bon marché; la seconde est composée d'argile fine mélangée à des colorants ou à des fondants. Cette dernière couche est de très faible épaisseur, car elle est plus coûteuse que la première, elle est posée simplement de manière à constituer une couche décorative de solidité suffisante.
La masse constituant la première couche est obtenue en broyant à la meule des argiles sèches, puis en les mélangeant et en les additionnant de la quantité d'eau nécessaire pour rendre facile le façonnage.
Quelquefois aussi on travaille d'abord le mélange à l'état de pâte molle, puis, après malaxage, on la sèche et on la broie à la meule. Les matériaux durs que l'on ajoute dans certains cas, comme le feldspath, sont broyés à part, puis ajoutés à la masse.
Une fois pulvérisée, la pâte sèche est tamisée. Cette pâte sèche contient 7 pour 100 d'eau environ.
Quand on prépare des pâtes colorées on opère par voie humide le inélangeage. Le colorant est mêlé aux éléments de la pâte et la masse totale est pulvérisée à l'eau au moulin. On passe ensuite au filtre-presse, puis on sèche et l'on pulvérise une dernière fois.
Le pressage s'opère dans des moules en acier au moyen de la presse hydraulique en employant une pression de i5o«'"". Le moule comprend un fond entouré par une garniture.
On verse une couche de composition, puis on remplit avec la pâte grossière qui doit constituer le corps du carreau. Une première pressée, à 5o"*™, chasse l'air et une seconde comprime fortement la masse. Les carreaux pressés sont portés au séchoir^ où ils doivent séjourner jusqu'à complète dessiccation. On chauffe soit à la vapeur, soit parla chaleur perdue des fours.
La cuisson s'effectue dans des fours cylindriques semblables à ceux qu'utilisent les faïenciers ou encore dans des fours à chambres. Les carreaux sont cuits en gazettes. La cuisson