CHAPITRE XIV
PORCELAINES
La porcelaine a une pâle blanche, translucide, résistante, pouvant supporter sans rayure le frottement de l'acier, homogène et sonore. Au point de rupture elle laisse voir un grain fin et brillant; la cassure est conchoïdale. La porcelaine, comme le grès, est une poterie à pâte vitrifiée; elle se distingue de ce dernier produit par sa translucidité. C'est le second type des produits céramiques à pâle imperméable.
Ces définitions ne se rapportent pas à un seul genre. La porcelaine comprend deux groupes, pouvant à leur tour former des subdivisions.
La première porcelaine, ayant servi de type aux autres, est la porcelaine orientale fabriquée par les Chinois et les Japonais.
Celte belle matière a une couverte transparente formée par des silicates à base alcalino-calcaire et alumineuse. Cette couverte présente une dureté moyenne qui ne lui permet pas de résister absolument à la rayure de l'acier. Ce genre de porcelaines a été reproduit en Europe et les porcelaines allemandes, autrichiennes, la porcelaine nouvelle de Sèvres, par exemple, lui sont comparables.
Si, continuant à examiner la nature et les propriétés des couvertes, nous jetons nos regards sur les porcelaines fabriquées par l'industrie française, par la Manufacture de Sèvres, nous trouvons que la couverte employée est d'une nature différente, au point de vue chimique. Le silicate n'est plus calcaire, il est alumino-alcalin.
Ces deux porcelaines à pâte résistante, à couvertes calcaires
CHAPITKE XIV. — PORCELAINES.
OU feldspalhiques, forment le groupe de la porcelaine dure. Les mots calcaire et feldspathique appliqués à la désignation de la couverte sont là pour rappeler que la première couverte est intentionnellement calcaire et que l'autre est à base de feldspath. Nous aurons l'occasion de voir plus lard les avantages et les inconvénients de ces deux couvertes différentes.
Le désir d'imiter la porcelaine de Chine amena les céramistes à entreprendre une série de recherches dont les résultats ne furent pas toujours conformes à la solution du problème à résoudre. La Saxe arriva la première au but, mais en France, oh l'on n'avait pas encore découvert de kaolins, on fit, avec une composition vitrifiable rendue plastique par une marne argileuse, une pâte donnant naissance à une porcelaine particulière. Cette matière moins résistante que la porcelaine de Chine, possédant un grain moins fin et recevant comme couverte une sorte de cristal, a été dénommée porcelaine tendre. Les premières porcelaines françaises, le vieux Sèvres appartiennent au genre porcelaine lendre.
Plus tard, en Angleterre, on créa une autre porcelaine lendre. Sa pâte, ai-gileuse, différait de celles des porcelaines dures par l'introduction d'un fondant particulier. Alors que les porcelaines orientales recouraient au feldspath, la porcelaine tendre anglaise utilisait le phosphate de chaux des os pour obtenir sa vitrification. La couverte différait également; la couverte de celte porcelaine se rapproche de celle des faïences fines par l'addition, au silicate calcaire et alcalin, d'oxyde de plomb et d'acide borique.
Ces deux porcelaines tendres portent les noms de porcelaine tendre artificielle ou à fritte et de porcelaine tendre naturelle ou anglaise, ou encore phospha tique.
Le qualificatif «!/7//tc<e^ rappelle que la porcelaine tendre française est laite de matériaux combinés artificiellement et le mol naturel, ajouté pour désigner la porcelaine lendre anglaise, indique, par opposilion, que ce sont des matériaux utilisés directement sortant de leur provenance naturelle, qui forment ce dernier genre.
PORCELAINE DUllE.