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CHAPITRE V. — PRÉPARATION DES PATEP

nature de la pâte. Il est plus économique de se servir des grands modèles que des petits. On donne aux malaxeurs verticaux un diamètre variant de o™,5o à i™ et une hauteur allant de I™ à 2™.

Les malaxeurs horizontaux sont construits de même; leur axe est traversé par un arhre mobile muni de palelles. L'introduction de la pâte se fait par une ouverture, ménagée à une extrémité à la parlie supérieure. L'expulsion de la pâte se fait par une ouverture latérale; celte disposition est nécessitée par l'axe qui traverse le cy lindre de part en part.

Pour éviter la rotation de la masse dans le cylindre sans coupage ni arrachement, on ménage, sur la paroi interne, dos contrepalettes qui contrarient la marche de la pâte et empêchent sa rotation.

Dans quelques modèles, au lieu d'un arbre à palettes, on se sert d'une vis pour produire la poussée de la pâte.

Comme on le conçoit, ces malaxeurs se rencontrent sous un grand nombre de modèles. Les différences ne portent que sur des détails peu importants, les organes essentiels sont toujours les mêmes.

Les porcelainiers, surtout les porcelainiers français, font usage d'une machine différente, dite marcheuse de pâte. Elle se compose de deux troncs de cône en zinc à surface cannelée, enfilés sur un axe horizontal, calé en son milieu sur un axe principal de rotation installé verticalement. Au-dessous des troncs de cône se trouve une table en zinc sur laquelle on jette la pâte. Une fois le système mis en rotation les troncs de cône viennent rouler sur la masse et l'écraser; on a soin de les disposer, comme l'indique la ligure, de manière telle que la pâte subisse deux écrasages en deux sens différents. Derrière chaque tronc de cône se trouvent deux cylindres verticaux mobiles autour de leur axe et suspendus à un axe horizontal relié à l'axe principal. L'écartement de ces deux cylindres est inférieur à la largeur de la bande de pâte écrasée; aussi le rôle de ces deux pièces est-il de relever la pâte en la resserrant. La pâte subit donc un écrasement de haut en bas, puis une pression latérale, un second écrasement de haut en bas (mais avec un tronc de cône disposé

TRAVAIL PRÉLI>I1NAIRE DES PATES.

à l'envers du premier), puis une seconde pression latérale pendant une révolution de la machine.

Les résultats de ce malaxage sont Irès satisfaisants. On compte

Fig. 36.

ordinairement 20 minutes pour une marche de pâte portant sur

La pâte malaxée est coupée en ballons. Pour le façonnage de la poterie, ces ballons sont divisés en masses ou balles de grosseurs différentes, suivant les oI)jets à façonner.

La pâte subit encore souvent, avant le façonnage, un coupage et un battage. Elle ne doit pas renfermer de bulles d'air (vents).

§ 3. — Pourriture des pâtes.

Abandonnées au repos, les pâtes sont le siège de réactions chimiques. Quand elles renferment des composés ferrugineuse et des matières organiques on a constaté le dégagement d'acide

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sulfhydrique et le noircissement de la masse par suite de la formation soit de sulfure de fer soit de charbon divisé. Ces corps sont oxydés à leur tour, puis la pâte blanchit. On admet que ces réactions, qui ont fait donner au phénomène le nom de pourriture, ont un effet salutaire sur la masse; les dégagements gazeux amènent, croit-on, un travail interne analogue au malaxage. L'action seule de l'eau peut exercer son influence; le liquide cause peut-être la division des particules argileuses el augmente par conséquent la plasticité. Dans le domaine des hypothèses on peut aller très loin.

On a raconté des choses bien peu vraisemblables, à ce sujet. Par exemple, les Chinois auraient laissé leurs pâtes reposer pendant un siècle. Les documents rapportés par Scherzer ne mentionnent pas que les Chinois aient l'habitude de mettre en pratique dans leur fabrication le pourrissage des pâtes. Il semble en outre peu admissible que des fabricants aient entrepris des expériences dont la réalisation exigerait plusieurs générations.

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