COULAGE
termine leur épaisseur. La suite des nombres ainsi trouvée donne l'épaisseur du dépôt formé pendant des intervalles de temps connus. Il est nécessaire aussi d'effectuer un certain nombre de coulées successives dans un même moule pendant des temps égaux; on trouve ainsi les épaisseurs des dépôts données par les coulées effectuées l'une à la suite de l'autre.
On réunira ces résultats dans un Tableau. On peut, à l'aide de ces nombres, tracer des courbes en portant en abscisses les temps et les épaisseurs en ordonnées, courbes qui permettent de connaître le temps nécessaire pour obtenir une épaisseur donnée avec une barbotine de densité connue.
Cherchons, par exemple, la durée de la coulée pour obtenir une épaisseur de 5""^ avec la barbotine de densité i,75o. La figure représente deux de ces courbes, Dj correspondant à une
barbotine de densité 1,700, D2 à une barbotine de densité i,74o- Suivons l'horizontale correspondant à 5""", comptés sur un axe vertical, jusqu'à sa rencontre en A avec la courbe, et abaissons une perpendiculaire sur l'axe horizontal; le pied de cette perpendiculaire détermine sur cet axe la longueur correspondant au temps cherché. C'est 7^
Les courbes doivent être tracées naturellement pour chaque coulée et chaque densité.
Les barbotines doivent être suffisamment fluides pour couler dans toutes les parties du moule au remplissage et ne laisser aucune ondulation lorsqu'on renverse le moule pour le vider.
Elles ont à donner un dépôt qui ne se fende ni ne se dé-
l'orme au démoulage. Comme on ne peut pas renforcer les pièces coulées, il faut se servir de composition résistant bien au feu des fours, aussi se sert-on de pâte très argileuse.
Pour le coulage, on évitera les pièces présentant de grandes surfaces verticales ou horizontales, parce que cette configuralion rend difficile le support de la pâte adhérente au moule.
La barbotine de coulage se fait avec de la pâte que l'on additionne suffisamment d'eau pour en faire une bouillie peu épaisse. Il est nécessaire de la débarrasser des parties granuleuses et des bulles d'air; aussi la passe-t-on d'abord au tamis, puis la remue-t-on doucement jusqu'à ce que les bulles emprisonnées dans la masse cessent de se dégager.
Pour obtenir une masse fluide, tout en mettant aussi peu d'eau que possible, on ajoute à la barbotine du carbonate de soude. On peut aussi introduire, en même temps que du carbonate, du silicate de soude.
On verse la barbotine dans les moules, dans lesquels on la laisse séjourner le temps nécessaire pour obtenir un dépôt d'épaisseur déterminée, puis on vide l'excès de pâte. Les moules sont recouverts d'une couche de pâte qui prend de la consistance pendant que le plâtre absorbe de l'eau. Si cela est jugé nécessaire lorsque la dessiccation semble s'arrêter, on fait une deuxième coulée pour renforcer la pièce. Cette deuxième coulée, qui se fait comme la première, pourrait être suivie d'une troisième.
Une fois la pièce séchée, on la démoule et on la pose sur un rondeau en ayant soin de ne pas la heurter et de ne pas la presser.
Le coulage est employé dans la fabrication de la faïence et de la porcelaine. 11 permet d'obtenir d'un seul jet des formes complexes, sans collages. Avec des barbotines convenables on coule des vases avec leurs becs ou leurs anses et même avec les deux. Pour éviter de compter le temps nécessaire pour que la barbotine laisse déposer sur les moules une couche suffisante, M.Marc Larchevêque(*) emploie un avertisseur chronométrique
( ' ) Loc. cil., p. 88.
PRESSAGE A LA FILIÈRE OU ÉTIRAGE.
électrique. L'appareil comprend un mouvement d'horlogerie réglé de manière à ce que l'aiguille qu'il entraîne puisse parcourir un cadran divisé en 20". L'aiguille est reliée à un pôle d'une pile. Une cheville de cuivre est reliée à l'autre pôle. Dans le circuit est placée une sonnette. Si l'on place la cheville à une distance de l'aiguille correspondant au temps nécessaire pour le coulage, quand l'aiguille arrivera sur la cheville, le circuit sera fermé et la sonnerie se fera entendre. Pour la mise en marche de l'appareil, on se sert d'un électro-aimant auxiliaire dans lequel on lance le courant aussitôt remplissage du moule.