CHAPITIIE VIII. — CUISSON DES POTERIES
sible, exempte de pyrites; une houille sulfureuse donne, pendant sa combustion, des composés sulfurés dont la présence est néfaste dans certains cas.
En moyenne, la houille renferme 70 pour 100 de carbone; dans certains charbons la teneur en carbone peut s'élever jusqu'à 89 pour 100 (Ronchamp, Creusot). Les charbons de Blanzy, Montceau ont une teneur moindre que 70 pour 100.
La houille se brûle aussi sous forme de briquettes agglomérées, faites avec des débris de charbon agglutinés et moulés.
\! anthracite est une variété de houille. Ici la transformation des matières organiques est arrivée à sa dernière phase.
Les anthracites ont une teneur élevée en carbone, plus considérable que les houilles. Les charbons anthraciteux de la Sarthe contiennent 87 pour loo de carbone, les anthracites de l'Isère 94 pour 100.
Les anthracites ont une densité supérieure à celle des houilles ordinaires. La densité de la houille varie de i,i6 à 1,60, celle de l'anthracite est de 2 environ.
L'anthracite est un charbon de qualité supérieure qui ne brûle qu'à une température assez élevée. C'est un très bon combustible. Il rappelle, par son aspect et son éclat, le charbon de terre ordinaire; il est compact et dur.
Le lignite provient, comme la houille, de la destruction des végétaux; c'est un charbon plus ancien que la tourbe mais phis récent que la houille. Il est moins carbonisé que cette dernière substance. Son aspect diffère de la houille. C'est une matière brune ou noire, exhalant une odeur désagréable pendant sa combustion. Les lignites sont moins riches en azote que les houilles; ces dernières dégagent des vapeurs ammoniacales lorsqu'on les chauffe, tandis que les premiers exhalent des produits à réaction acide, par suite de la présence d'acide acétique. La teneur moyenne en carbone du lignite combustible va de 5o à 60 pour joo, quelquefois même elle peut atteindre 70 pour 100.
Les mines de lignite ne fournissent généralement pas beaucoup de charbon en morceaux; elles donnent surtout du menu. Pour utiliser ces débris de combustible, on en façonne des briquettes que l'on brûle comme les briquettes de houille.
La tourbe est un charbon relativement jeune. Suivant le degré de décomposition et la profondeur des couches d'où elle provient, la tourbe a différents aspects. Tantôt la surface est brillante, d'autres fois la structure des végétaux est reconnaissable et la masse est alors lâche, feutrée.
Le poids de cendres atteint jusqu'à i3 pour loo. Ces cendres contiennent surtout de la chaux 4i pour loo, de l'oxyde de fer 16 pour 100, du soufre i4 pour loo, du gaz carbonique i.5 pour loo, puis des alcalis, de la silice, de l'acide phosphorique, mais en petite quantité.
La densité de la tourbe est variable. On trouve des variétés très diverses au point de vue de la compacité; le poids de i™' est, en moyenne, de 4oo'^s, mais il peut s'abaisser jusqu'à iiS"^^' et s'élever jusqu'à lo^^-i. Ces limites extrêmes sont exceptionnelles.
A côté de l'eau faisant partie intégrante de la tourbe, il faut mentionner l'eau hygroscopique qui se trouve en quantité considérable.
La tourbe fraîche contient de 60 à 80 pour 100 d'eau hygroscopique; l'air dessèche très bien la tourbe et lui enlève une importante fraction de celte eau.
Le pouvoir calorifique de la tourbe est variable avec la nature (le ce corps; de plus la tourbe a l'inconvénient d'occuper un espace notable par rapport à son pouvoir calorifique.
Cet inconvénient s'amoindrit par la compression, mais alors le prix de la tourbe est augmenté de telle sorte que celle-ci n'est employable que dans la région où elle est extraite.
Le coke contient plus de carbone que la houille, puisque les principes volatils ont été détruits ou chassés pendant la chauffe qui a déterminé la formation du coke. 11 reste pourtant encore d'autres matières que le carbone dans le coke, du soufre notamment.
Les reproches adressés à la houille subsistent pour le coke. Si la teneur en carbone s'est élevée, le poids de cendres a augmenté, et, par suite du départ de matières volatiles, la quantité de soufre est montée de 1,92 à 2,52 ; le dégagement de cette substance a donc été de peu d'importance. Le coke de fours est
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plus pauvre en soufre que le coke de gaz, seulement il est cher.
Le prix du coke, par rapport à la houille, et sa combustion avec une flamme courte, font qu'on ne l'emploie pas en Céramique pour le chauffage direct des fours; mais, pour la production du gaz de gazogène, on a parfois recours à ce combustible. C'est pour ainsi dire la seule manière d'utiliser le coke pour la cuisson des poteries.
§ 2. — Bois.
Le bois est le plus ancien des combustibles employés pour la cuisson des poteries. Le charbon a pris sa place dans la plupart des cas par suite de son prix moins élevé. Dans quelques pays, où l'approvisionnement en bois est facile et peu coûteux, on a conservé cette dernière matière comme combustible. On trouve aussi des appareils de chauffage alimentés au bois dans quelques cas. Le soufre, que renferme la houille, a une action funeste sur certaines couleurs; les inconvénients du charbon, très réels dans quelques cas, ont amené aussi les industriels à employer souvent le bois pour le chauffage des moufles. Dans des pays, comme le Mexique, on est obligé de se servir de fours au bois, le prix de revient de la houille étant encore élevé. Enfin on trouve en Europe, et même en France, avantageux de brûler des fagots, des broussailles dans certaines occasions. Le bois a donc encore une importance réelle comme combustible. Toutes les fois que son prix de revient ne sera pas supérieur à celui de la houille, le bois aura la préférence par suite de l'absence des matières nuisibles qui accompagnent la houille, et de sa facile combustion. Lorsque les produits à cuire auront par eux-mêmes une valeur élevée, l'économie résultant de la substitution de la houille au bois ne sera pas telle que le prix de revient en soit abaissé d'une manière notable, le bois aura la préférence.
Le bois se compose de cellules et de vaisseaux, formés de cellulose C^H^oOS qui renferment la sève. Cette dernière contient de l'eau, des matières minérales que l'on retrouve dans les cendres et des substances organiques variables avec les différents bois. Quand le bois est fraîchement abattu il renferme de l'eau en quantité notable. Le charme, qui en contient le moins, en
renfermerait i8,6 pour loo; clans le chêne la teneur s'élève à 35 pour 100 pour atteindre 44 pour loo dans l'orme.
La dessiccation à l'air n'amène pas le départ complet de l'eau. On trouve encore dans le bois, après exposition à l'air, de 12 à 20 pour 100 d'eau. La présence de celte matière diminue le pouvoir calorifique du bois, puisque cette eau tient la place de matières combustibles et, de plus, exige une certaine quantité de calorique pour être vaporisée. Le bois présente, en outre, des différences de composition qui ont leur intérêt au point de vue calorifique.
Les bois les plus employés comme combustibles sont :
Le bouleau, le chêne, le pin, le sapin, le tremble.
Il y a avantage à utiliser les bois faciles à fendre; le travail de division du bois est coûteux, on comprend donc qu'il y a un profit réel à diminuer son importance.
Sous le nom de bourrées ou fa^^ots on désigne des branchages minces, réduits en faisceau.
§ 3. — Combustibles liquides.
Les huiles minérales n'ont pas encore trouvé grand accueil en Céramique. A part la Russie, où l'on a cherché à tirer parti du pétrole le plus possible, les installations faites en Europe ont été surtout des essais.
Le pétrole brut a un poids spécifique de 0,76 à 0,98; il est formé de carbures d'hydrogène. Dans les pétroles américains, ce sont les composés de la série des paraffines qui dominent; dans les pétroles russes, ce sont surtout les carbures de la série du naphte que l'on rencontre.
La composition du pétrole est comprise entre 80 et 86 pour 100 de carbone et 12 et 1 4 pour 100 d'hydrogène. C'est du moins ce que l'on peut déduire d'une série de déterminations effectuées sur treize échantillons de pétroles.
A côté du pétrole se place le masut. C'est un résidu du raffinage des pétroles. Le masut est une huile lourde, épaisse, noirâtre, qui bout à 3oo° et ne s'enflamme que vers 700°. C'est un mélange de carbures de la série de l'éthylène, contenant