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CHAPITRE VlII

CUISSON DES POTERIES

Pendant toute la durée de la cuisson l'enfournement se continue de proche en proche, de sorte que, lorsque la première série de briques est cuite, une nouvelle tranche de briques a été placée derrière la cloison E. On place une cloison en G, on ouvre le registre en I), après enlèvement de la cloison en F, et l'on ferme le registre en B. A ce moment le four est en marche normale; on jette le combustible par les oiifices voisins des

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briques cuites et l'on commence la cuisson de la deuxième partie. L'air passe toujours sur des briques cuites et chaudes et les gaz sur des briques crues.

La manœuvre est maintenant toujours la même; elle consiste à enfourner tout le temps du travail et à défourner les briques froides après ouverture des portes correspondantes. A mesure que la cuisson s'opère, on fait avancer le feu en jetant le combustible parles orifices les plus voisins, en déplaçant la cloison, en ouvrant et fermant les registres convenables.

La figure indique les différentes phases que nous venons de décrire.

Dans certains cas le contact du combustible avec les produits est préjudiciable à la qualité de ces derniers. L'emploi du gazogène est tout indiqué et nous verrons plus loin les solutions adoptées par les constructeurs.

Au lieu d'une galerie dans laquelle se déplace le foyer on peut concevoir une série de fours adossés, disposés de telle sorte que les gaz du deuxième four traversent le troisième et que l'air servant à la combustion arrive dans le four 2, après avoir traversé le four i, alors en refroidissement. Cette manière de comprendre la question n'est pas aussi récente qu'on le croît généralement; d'après Bruno Kerl elle était déjà appliquée en 1776. Dans les fours continus à chambres, les chambres sont disposées à la suite les unes des autres et la combustion s'opère successivement dans chacune d'elles. Le combustible employé sera le gaz de gazogène.

Un des fours les mieux conçus dans cet ordre d'idées est le four de Mendheim : nous allons en donner la description.

Le four de Mendheim se compose d'une série de chambres que l'on dispose en deux séries parallèles. L'appareil que nous représentons comprend dix-huit chambres. Dans la coupe horizontale on a figuré en pointillé la canalisation d^d'^ qui amène le gaz des gazogènes a et «j. Les registres qui permettent de faii'e passer le gaz dans les chambres sont figurés en e. Les chambres extrêmes I et XVIII, IX et X, sont reliées par des canaux et g^. Dans le milieu du four court un canal / allant à la cheminée K. Ce canal passe entre les deux rangées de chambres; les registres h mettent les chambres en communication avec le canal i.

Le gaz arrive par le canal d correspondant au registre e levé, et monle par les petits orifices s dans la sole. Chaque orifice s vient déboucher dans un canal qui longe un canal d'arrivée d'air. Les canaux d'arrivée d'air communiquent tous par l'intermédiaire de m avec la chambre précédente.

Les deux conduites de gaz sont commandées par deux registres Cl, C2 donnant le gaz à droile ou à gauche.

Prenons un exemple pour faire comprendre le fonclionnement. Supposons que la chambre VIII soit en chauffe. Le gaz, par l'intermédiaire de et du registre e, situé en face de VIII, entre dans d et vient brûler dans cette chambre. Les flammes sortent

(') Thonwnaren Industrie, p. 426.

alimentée par de l'air chaud qui a traversé des chambres en refroidissement V, VI et VII. L'entrée de l'air dans les chambres

qui refroidissent se fait par l'intermédiaire des ouvertures/; cet air passe par m, arrive sous la sole, se mélange au gaz et brille. De VIII les gaz vont dans IX, X et XI. A la suite de XI on a ouvert le registre h correspondant qui relie la suite de chambres avec i et la cheminée. Par les ouvertures / on peut faire descendre des registres de tôle qui vont fermer en in la communication d'une chambre avec la suivante.

Dans la figure on peut voir un canal / au-dessus de i; ce canal / est relié par les canaux t aux chambres de combustion. Un registre, sur le trajet, ouvre ou ferme la communication. Voici l'utilité de ces organes accessoires. La combustion et l'évaporation produisent de la vapeur d'eau, il se peut que les gaz renferment alors une très grande quantité de vapeur dont la condensation sur les pièces serait désastreuse. On ouvre alors le registre reliant i et / et les gaz chauds traversant ce canal sont dirigés sur une autre chambre froide; on évite ainsi le dépôt de l'eau sur les pièces froides.

Le four de Mendheim a reçu de nombreuses applications. C'est, parmi les fours à gaz, un de ceux qui ont les meilleurs étals de service. On le construit avec un nombre de chambres plus ou moins grand et l'on donne à ces dernières des dimensions variables avec le débit et la nature du produit. Dans certains fours les chambres atteignent 57™' ( fabrique de carreaux de la Société Boch et Villeroy, à Merzig). Le nombre des chambres a été porté jusqu'à 22 et même à un nombre plus élevé.

Cet appareil a reçu des transformations depuis sa création. L'entrée et la sortie des gaz dans les chambres ont été modifiées et la figure nous montre un autre dispositif qui me semble facile à saisir sur le dessin, grâce aux flèches indiquant le sens du courant gazeux.

Comme autre exemple on peut citer le four de Siebert. C'est un four à chambres comme l'appareil précédent, seulement il se distingue par la mobilité du foyer. Le gazogène est fixé sur un wagon glissant sur rail et se déplaçant le long des chambres. Deux gazogènes sont nécessaires, un de chaque côté du four. On amène le gaz au moyen d'un raccord tubulaire mobile.

aSa CHAPiTUE viii. — cuisson des potekies.

Les moufles, auxquels on a cherché à appliquer le principe de la continuité, sont rarement construits avec foyer mobile. M. Mendheim a établi pourtant des batteries de moufles chaufîés au gazogène et disposés pour fonctionner comme les

fours continus. Pendant que le gaz chauffe un de ces moufles, les gaz de la combustion passent autour du moufle suivant; l'air servant à la combustion provient du passage sur le moufle précédent qui est en refroidissement.

Fours à foyers fixes. — Dans le four dit four-canal ('), le foyer est toujours au même endroit du four et ce sont les produits à cuire qui viennent traverser la chambre de chauffe. Le four-canal de Bock est construit sur ce principe. Il comprend un tunnel dont le milieu est occupé par la chambre de chauffe. Le tunnel est droit et les matériaux à cuire, portés sur des wagonnets, circulent dans toute sa longueur. La partie intérieure du tunnel porte une voie de chemin de fer. Les wagons sont formés par une plate-forme métallique montée sur roues; un lit de matière réfractaire repose sur ce plateau et constitue la sole. On serre tous les wagons les uns contre les autres de manière à constituer une sole ininterrompue. Cette sole forme une séparation horizontale qui isole de la chaleur du tunnel tout ce qui se trouve au-dessous d'elle. On doit réaliser aussi

( ' ) C'est Demimuid, en France, qui semble avoir eu le premier l'idée du fourca:;al, en i853.

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bien que possible cet isolement. Ici les bords de la plate-forme sont rabattus et plongent dans une rainure latérale pleine de sable.

Le gaz arrive par b, monte par c, passe en ci et vient brûler

au sortir de e, où il rencontre de l'aii-. Au moyen de chaînes, on tire les wagons. Le mouvement de l'air suit le sens inverse de celui des produits. 11 s'échauffe à la sortie du four et vient se refroidir à l'entrée.

Peu de fours sont encore construits sur ce principe. Cette idée de faire traverser la chambre de chauffe par les produits a été appliquée avec succès, en revanche, pour la construction des moufles continus. On peut même dire que ce sont les moufles qui en ont reçu la première application puisqu'il est fait mention d'un moufle continu, destiné à la cuisson des couleurs, fonctionnant à Vincennes en 1761 (i) et construit par Gérin. Les moufles continus sont le plus souvent construits d'après ce système.

Un appareil nouveau, le four Sturm, mérite une mention; il est fondé sur le même principe, mais établi différemment. La sole est circulaire et mobile; elle vient passer devant un foyer fixe. Les essais faits avec cet appareil semblent favorables à l'adoption de ce système. Les renseignements pratiques manquent encore vu la nouveauté de l'instrument. On peut

(') IIellot, Rapport au roi Louis A V.

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