CHAPITRE Vlir
— CUISSOiX DES POTERIES.
tirons comme exemple un four à cuire la faïence, cité dans les Ouvrages sous le nom de four de Creil et Montereau. La flamme, venant des foyers latéraux E, entre dans le four par
Fig. 69. Fig. 70.
deux carneaux : l'un horizontal H, qui conduit au centre du four, l'autre vertical B, qui amène la flamme directement dans le laboratoire. L'alandier F a pour mission de chauffer le point central.
On a cherché dans d'autres modèles à tirer parti de la flamme dans toute sa longueur; au lieu de laisser les gaz incandescents monter dans le four et sortir par une cheminée supérieure, la
flamme monte jusqu'à la voûte du four, puis, ne trouvant d'issue que dans la sole, elle redescend et vient sortir par des carneaux en relation avec la cheminée.
Ce mode de construction amène à bâtir sous la sole une quanlilé de conduits, les uns e allant des alandiers ou foyers des fours au centre de la sole, les autres a réunissant les carneaux de sortie.
On peut adresser de nombreuses critiques à ce modèle de four. Rien ne prouve, en effet, que les gaz de la combustion suivent, au sortir du foyer, les deux routes indiquées et se partagent suivant les désirs du constructeur. Néanmoins ce système de four est très employé par les faïenciers.
Dans la fabrication de la porcelaine on se sert de fours à plusieurs étages. Au rez-de-chaussée on cuit la porcelaine et au premier étage on donne à la matière un premier coup de feu. On a même, dans certains fours, adopté une construction plus
Fig. 72. Fig. 73.
compliquée ei donné au four un étage supplémentaire. Dans la région intermédiaire on cuit la gazetterie, par exemple.
Aux fours à axe vertical nous pouvons rattacher les moufles qui servent à cuire le décor.
Les moufles ne sont que des fours particuliers destinés à subir des températures moins élevées que les fours ordinaires. Ils G. i5
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sont disposés de manière que les matières à cuire soient protégées des apports par les gaz du foyer. Dans ses parties essentielles le moufle est formé par une boîte en terre cuite placée au-dessus d'un foyer. Les flammes montent le long de ses faces et sortent au-dessus de son sommet, de sorte que le moufle est complètement entouré par les flammes pendant la chauffe. Le devant du moufle est mobile; il se compose do briques de terre réfractaire que l'on assujettit une fois le chargement effectué. En avant de cette cloison on établit un deuxième mur qui vient fermer le foyer. De cette manière les gaz du foyer peuvent entourer les quatre faces verticales sans perdre de chaleur par rayonnement.
§ 2. — Fours continus.
La chaleur abandonnée par un four qui refroidit est de la chaleur perdue. Si l'on pouvait l'utiliser pour échauffer des produits à cuire il y aurait une économie réelle dans les frais de cuisson. Imaginons, par exemple, une galerie dont une tranche est remplie de produits céramiques cuits, encore chauds, la tranche suivante renferme des produits que l'on chauffe, enfin une troisième tranche contient des produits à cuire. Si l'on fait |)asser un courant d'air allant des produits cuits aux produits froids, voici ce qui se produira. L'air refroidira la portion encore chaude et s'échauffera, il viendra produire la combustion des gaz du foyer, puis entraînera les gaz brûlés et chauds sur [les pièces à cuire. Ce dispositif permettra d'abord de chauffer l'air destiné à la combustion, première économie; ensuite de chauffer la portion à cuire jusqu'à une certaine température, sans dépenser de combustible. On comprend très bien que si des foyers sont disposés le long de la galerie, il est possible de placer de nouvelles tranches de produits à cuire, pendant qu'une tranche cuit, et d'effectuer la cuisson de proche en proche en déplaçant le feu. L'air nécessaire à la combustion sera toujours chauffé par les produits déjà cuits, et les gaz de la combustion échaufferont constamment des produits à cuire.
Cette idée a été réalisée de diverses manières et actuellemeni
on peut considérer les fours continus comme appartenant à deux types distincts : les fours à foyer mobile et les fours à foyer fixe.
Fours à foyer mobile et à chambres. — Le modèle le plus simple est le four primitif imaginé par Hoffmann pour la cuisson des briques.
Ce four se compose d'une galerie circulaire dans laquelle on a accès par une série de portes équidistantes. De place en place, dans la galerie, on a ménagé des ouvertures que des registres mettent en communication avec des carneaux allant à une cheminée centrale.
Imaginons que le four soit allumé pour la première fois. On a d'abord enfourné une quantité de briques suffisante, puis, au moyen de grilles, on a disposé en 0 un foyer auxiliaire destiné à chauffer les briques. Le registre H correspondant à l'extrémité du tas de briques est ouvert et relie la portion du four chauffée avec la cheminée.
Par une ouverture supérieure on a fait descendre une plaque de tôle A qui ferme la galerie, un peu après le registre. Les portes situées le long du las de briques sont fermées jusqu'à la plaque de tôle A et les gaz chauds n'entrent que par la porte laissée ouverte derrière le tas.
Une fois les briques portées au rouge on cesse d'alimenter le foyer auxiliaire, et le combustible destiné à entretenir la combustion est introduit par des orifices que l'on peut ouvrir dans la partie supérieure du four. On a eu le soin de disposer les briques de manière à former un puits, qui servira de foyer, audessous des trous de charge. Les briques sont même aménagées de manière à ne pas donner une surface trop lisse; la pile présente des briques en retrait de manière que du combustible reste suspendu dans toute sa hauteur.
Pendant que cuit la première charge de briques on enfourne d'autres briques derrière la cloison de tôle. On place une autre cloison E après cette nouvelle charge et, après avoir enlevé le premier diaphragme A, on ouvre le registre suivant B et l'on ferme le premier H. Les gaz de la combustion traversent alors le tas de briques fraîches, le dessèchent et élèvent sa température.