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III. — POSE DES GLAÇURES

Les glaçures ne s'appliquent pas toujours sur des substances* dans le môme état. On les place parfois sur la masse avant la cuisson, c'esl la pose sur cru. Dans d'autres cas ce sont les produits déjà cuits que recouvre la glaçure; c'est le cas de la faïence line. La pâte est déjà cuite quand on procède à la mise en couverte. Enfin, dans la fabrication de la porcelaine, c'est une pâte ayant déjà subi un commencement de cuisson, le dégourdi, qui reçoit la couverte.

Quand la poterie est émaillée sur cru, la cuisson de la pâle et de la couverte s'effectue en une seule opération. C'est ainsi, par exemple, que procèdent les Chinois pour la fabrication de leurs porcelaines.

Si la couverte est mise sur une poterie qui a supporté une faible cuisson, on termine la cuisson de la matière et l'on effectue celle de la couverte dans un second feu. C'est ce qui se passe dans la fabrication de la porcelaine européenne.

Lorsqu'on fait usage d'une couverte glaçant à une température moins élevée que la cuisson de la pâte, on fait une cuisson spéciale pour la couverte. C'est de celte dernière manière qu'opèrent les fabricants de faïence fine.

La pose des couvertes sur la poteiie se fait en suivant divers procédés.

Trempage. — La pièce est immergée dans la couverte délayée dans l'eau. La pâle doit rester poreuse pour que la couverte pulvérulente puisse se déposer sur la surface. 11 faut que la couverte soit bien délayée si l'on veut un dépôt régulier. La réus-

site de l'opération dépend de l'habileté de l'opérateur. Un séjour trop prolongé dans le bain amène un dépôt trop épais; une immersion trop courte ne donne qu'une couche trop mince glaçant mal au feu.

Les poussières et les taches de graisse sur les pièces sont à éviter. La pièce, propre au moment où elle pénètre dans le liquide, ne doit pas laisser voir de stries au moment où elle sort du liquide.

Pour parer au contact des doigts on se sert souvent de pinces pour prendre les pièces et les tremper.

* On maintient les pièces en mouvement pendant leur séjour dans le bain. Les émailleurs qui font le trempage des assiettes en porcelaine les lancent dans le bain d'émail en leur donnant un mouvement de rotation sur elles-mêmes; ils envoient l'assiette d'une main et la reçoivent de l'autre. Quand on lient les pièces avec une pince, comme dans l'émaillage de certains objets de faïence fine, on leur fait effectuer deux rotations en sens inverse pour égaliser l'épaisseur de la couche.

Le trempage n'est applicable naturellement que sur une poterie suffisamment cuite pour supporter une immersion dans l'eau sans se déliter.

Aspersion. — En arrosant la poterie avec la couverte délayée, il est possible de lui donner une couche de couverte suffisamment épaisse. L'aspersion se fera en recouvrant la pièce d'émail délayé. On se sert pour cela d'une sorte de capsule que l'on remplit de liquide et dont on lance le contenu sur la pièce. C'est ce mode de faire que l'on emploie pour l'émaillage des carreaux à émail stannifère.

Au lieu de i)rojeter le liquide on se contente aussi de le faire couler sur la surface à émailler. Pour émailler les briques on emploie dans cerlaines fabriques un vase ayant la forme d'une bouillotte. Le bec est plat et a la largeur de la partie de la brique à recouvrir d'émail. L'ouvrier tient la brique de la main gauche verticalement, applique le bec en haut de la surface à émailler et fait couler le liquide en faisant descendre le récipient, toujours appuyé sur la brique, jusqu'au bas de cette dernière.

POSE DES GLAÇURES. 2»D

Poudrage. — On fait tomber le mélange, constituant la glaçure, en poudre fine sur la pièce. On utilise cette manière de faire souvent sur des poteries encore un peu humides. Dans cet état les objets ne pourraient pas supporter le trempage ; l'humidité qu'ils contiennent suffit pour déterminer l'adhérence de la couche sur la surface.

Ce procédé offre des inconvénients très sérieux pour la santé des ouvriers, il fait respirer à ces derniers de l'air chargé de poussières. Quand le mélange renferme des matières plombeuses l'empoisonnement s'ajoute aux lésions qu'amène l'introduction de matières solides dans les voies respiratoires.

Volatilisation. — Les fabricants de grès salés émaillent le grès pendant la cuisson. Lorsque cette opération tire à sa fin, pendant que le four est encore très chaud, on jette du sel dans le four. Ce sel se volatilise et vient rencontrer la surface des pièces. Il y a silicatisation du sel. La vapeur d eau contenue dans les gaz du foyer, les matières organiques que renferme le sel destiné à cet usage et les composés carbonés amenés par le combustible déterminent la décomposition du sel avec dégagement de chlore et d'acide chlorbydrique. La soude passe à l'état de silicate qui se répand sur les poteries et les glace.

On peut aussi disposer dans les gazettes une composition volatilisable sous l'action d'une température élevée. La couverte volatilisée se répand sur la gazetterie et sur les pièces. A ce genre d'émaillage se rapportent les Flowing Colours des Anglais.

Insufflation. — Au lieu de tremper la pièce dans le bain d'émail, ce qui ne peut être fait avec des poteries en cru ou avec des pièces de grandes dimensions, on lance l'émail délayé sur la pièce au moyen d'un insufflateur. En faisant tourner la pièce sur son axe, en opérant régulièrement de bas en haut et en passant plusieurs couches, on arrive à déposer une couche suffisamment régulière.

Les Chinois insufflent leurs couvertes depuis fort longtemps, mais ils ont recours à un matériel plus simple que le nôtre.

^86 CHAPITRE IX. — GLAÇURES, COUVERTIîS, ÉMAUX.

Pose au pinceau. — On peut à la rigueur recourir au pinceau pour appliquer les couvcrles, seulement une application régulière est très difficile. S'il s'agit de grosses pièces et de larges tons, il est loisible de recourir à ce procédé sans inconvénient.

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