ÉTUDE CHIMIQUE DES GLAÇURES. 2J
rant RO. Nous en représenterons le poids moléculairement en affectant RO d'un multiplicateur #(#< i). La couverte modifiée deviendra
(l""^RO î °'3A,,()1' 3Si0î-
11 ne faut pas ajouter une quantité exagérée de colorant si Ton veut conserver à la composition le caractère d'une couverte, autrement dit d'une couche vitreuse translucide et colorée. Nous verrons, en parlant de la décoration, les conditions à réaliser pour obtenir ce résultat.
L'addition de certains corps aux couvertes n'amène pas toujours l'opacité, la coloration ou la conservation de la transparence vitreuse. Des troubles particulièrement intéressants peuvent se produire. En ajoutant de l'oxyde de zinc à une couverte alumineuse alcalino-calcaire, MM. Lauth et Dutailly (*) ont obtenu de petits cristaux prismatiques associés en croix noyés dans la couverte. Pendant le refroidissement, ces cristaux ont pris naissance au milieu de la couverte, encore liquide et jouant le rôle d'eau mère. A son tour la couverte s'est solidifiée, enveloppant le tout d'un enduit vitreux.
La couverte originale employée (septembre.! 885) avait pour composition :
SiO» 57,49
Al'O' 11,68
CaO 6,72
ZnO 18
i o,54ZnO, Elle était du type 2,4SiOt,o,3APOî j o,i6K*0,
( o,3oCaO.
L'établissement d'une couverte d'une fusibilité déterminée
(*) C11. Lauth et Dutailly, Génie civil, 1887. — Cu. Lauth, La Manufacture nationale de Serres, p. 276.
est d'une grande importance pour la détermination de l'accord entre la pâte et la couverte. Fixer le point de fusion signifie, dans ce cas, déterminer la température nécessaire pour que la glaçure s'étende bien sur les pièces en leur donnant un brillant agréable, sans toutefois l'amener à un degré de fluidité telle qu'elle soit absorbée par la pâte poreuse et vienne à s'écouler comme un liquide le long des parois. Le point de fusion est lié à la composition qualitative et quantitative de la couverte. Voici les différents facteurs qui pourront le faire varier :
i°'Rapport entre les bases et la silice;
20 La nature des bases;
3° Là teneur en alumine par rapport aux bases et à la silice;
4° Le rapport entre les anhydrides silicique et borique (dans le cas où ce dernier corps est substitué à de la silice).
La fusibilité des verres, toutes choses égales d'ailleurs, en ce qui concerne les bases, varie avec la teneur en silice. Par ellemême nous savons que la silice supporte des températures élevées sans modification, mais les combinaisons qu'elle forme avec les bases sont plus ou moins fusibles. Le point de fusion est d'autant plus élevé que la combinaison est plus riche en silice. Une grande basicité leur donne la faculté de rester pâteux et de s'étirer facilement.
Rappelons que le verre normal est voisin d'un trisilicate; en faisant varier son acidité nous changeons ses propriétés. En augmentant la quantité de silice on multiplie les chances de dévitrification; en la diminuant, le verre perd sa ductilité, c'est-à-dire sa facilité de se laisser étirer et souffler. Nous rappellerons que la dévitrification est produite par la séparation dans la masse de silicates cristallins qui troublent le verre et lui enlèvent son éclat en lui donnant un aspect porcelanique. Si, maintenant, pour faire varier la fusibilité, l'on augmente ou l'on diminue la teneur en silice par des variations dans la quantité des oxydes introduits, la masse se comporte comme le verre quand il s'agit de composés fusibles, peu ou pas alumineux, dont la composition reste comprise dans les limites 2SiO* à 3SiO* pour une molécule de bases.