I. France. — II. Hongrie. — III. Westphalie
Le façonnage ne présente rien de bien particulier. Le tournage et le moulage ont été uniquement employés. Actuellement
4l6 CHAPITRE XII. — FAÏENCES.
le peu d'importance des fabriques ne comporte pas l'emploi du façonnage mécanique.
Après l'ébauchage, les pièces raffermies subissent le tournassage. Pour terminer leur dessiccation les pièces ne demandent pas un empilage compliqué. On peut sans crainte de déformation mettre les pièces les unes dans les autres quand elles sont plaies; on les place bord sur bord quand elles sont creuses et quand leur forme ne permet pas l'empilage.
L'émaillage se fait sur biscuit, ce qui fait que la cuisson demande deux feux : un pour le biscuit et un pour l'émail. Cette dernière cuisson se fait à une température plus élevée que la cuisson du biscuit.
La glaçure stannifère se prépare au moyen de calcine. Cette calcine provient de l'oxydation d'un alliage de i partie d'étain et 4 parties de plomb. On ajoute du sable pour former un silicate plombeux, puis une petite quantité d'un sel alcalin; généralement les fabricants ont donné la préférence au sel marin qui, difficile à salifier, doit surtout servir de couverture au silicate plombeux pendant la fusion, car la silicatisation d'un chlorure est lente. Avant d'être employé l'émail subit un fort frittage; sans être amenée jusqu'à la fusion complète la masse se ramollit fortement en s'agglomérant. Les faïenciers avaient disposé dans leurs anciens fours (fours carrés) un bassin où ils fritlaient leur émail. Sous le four, dans une cavité qui recevait la première atteinte de la flamme avant son ascension dans le four, on ménageait une cavité, peu profonde mais de large surface, dans laquelle on déposait, sur un lit de sable pour éviter l'adhérence, les matériaux de la glaçure. La cuisson peut se faire également dans des fours cylindriques, l'émail doit alors se préparer à part. Une fois fritte l'émail est gratté pour le débarrasser des matières étrangères adhérentes, puis pulvérisé.
Fabrication dite de Paris. — Brongniart a désigné sous ce nom la poterie capable d'aller au feu et recouverte d'un émail stannifère que l'on rencontre surtout dans les marchés en plein vent des environs de Paris. Son emploi est restreint aux classes peu aisées et aux paysans. Les formes sont grossières et épaisses.
FAÏENCE COMMUNE Ê MAILLÉE OC STANMFÈRR ET MAJOLIQLE. 4*7
Il n'y a aucun inconvénient à citer comme exemple une description aussi ancienne; la faïence émaillée est restée actuellement au point où elle était il y a un demi-siècle. Nous distinguerons de suite deux sortes de poteries : la faïence blanche et la faïence brune. La première ne supporte pas le feu, la seconde peut être chauffée sans accident. Cette dernière faïence a pu, grâce à cette propriété, trouver un débouché dans les ménages.
Les pâtes de la faïence blanche et brune étaient ainsi composées :
Argile plastique «TArcuoil 8 3o
Marne argileuse vcrdâlrc. . '. 36 32
Marne calcaire blanche 28 10
Sable jaune de Picpus 28 28
L'argile plastique d'Arcueil est une argile que Ton trouve en grands amas. On rencontre celte argile dans certaines régions du gisement avec un aspect particulier. Les matières organiques ont réduit les composés ferriques en composés ferreux, aussi lorsqu'on coupe un bloc humide laisse-t-il voir une coupure bleue très nette. Cette apparition est de courte durée, car l'oxydation amène rapidement la coloration rouge des argiles ferrugineuses.
Les marnes indiquées dans la formule se présentent en couches peu épaisses dans le bassin parisien; elles forment des lits horizontaux dans les terrains. Les marnes vertes doivent en partie leur coloration à la présence de glauconie ( silicate hydraté de fer et de potassium alumineux).
L'examen des formules précédentes montre que dans les pâtes, destinées à fabriquer une faïence pouvant supporter sans accidents les variations brusques de température, la quantité de matériaux calcaires ne doit pas être exagérée. L'argile prédomine dans la pâle de faïence brune. Les pâtes des faïences de cet ordre ne permettent pas, vu le peu de valeur des poteries, de leur faire subir une préparation très soignée. Il est certain que dans certaines fabriques on a dû conserver l'habitude de marcher la pâle, après avoir humecté d'eau le mélange des divers éléments. A l'époque où Brongniart a décrit celte fabrication,
le filtre-presse n'était pas connu el les poliers étaient obligés de recourir à des moyens primitifs pour raffermir la pâle. On laissait déposer les pâtes délayées et tamisées et, une fois L'excès d'eau décanté, on appliquait la pâte en grosses poignées contre les murs.
Le façonnage d'une poterie de ce genre ne comprend que des appareils simples, aussi s'est-on borné à recourir au tournage et au moulage.
On met sécher les pièces une fois façonnées et l'on surveille leur dessiccation pour éviter le gauche. 11 est possible tant que la pâte est encore molle de redresser d'un coup de main les pièces qui montrent une tendance à gauchir.
La cuisson est double; elle donne d'abord du biscuit que Ton émaille et que l'on cuit une deuxième fois à une température plus élevée que pour le biscuit.
On a cuit ces poteries clans différentes sortes de fours. Les fours ont reçu soit le dispositif couché, soit le dispositif vertical.
Un des fours les plus connus dans cette fabrication a reçu la désignation de four carré. C'est à sa section carrée qu'il doit son nom. Use compose d'un prisme quadrangulaire, muni d'un alandier sur une de ses faces. La flamme sortant de l'alandier passe d'abord dans une chambre vide, située sous le four, puis traverse une sole percée de carneaux el entre dans le four. On sépare le four en deux portions A et B par un plancher en briques.
La chambre inférieure A dans laquelle entrent d'abord les flammes sert à la cuisson de l'émail. Dans un bassin rectangulaire K on place le mélange destiné à former la couverte.
La première chambre du four A reçoit les faïences émaillées. On termine l'enfournement avec du biscuit, car l'émail ne pourrail glacer dans la partie supérieure. La chambre la plus élevée reçoit aussi des poteries à cuire en biscuit.
Voici les dimensions d'un semblable four : hauteur totale jm9 largeur 2m,6o à l'intérieur; la surface de l'alandier est de im,3o x om,7o. La cuisson a une durée moyenne de 27 à 3o heures, avec un petit feu pendant la moitié de ce temps. Le combustible est le bois et une fournée brûle i4 stères.
FAÏBNCB COHMIINB ÉKAILLÉK OU BTANMFÊHE 8T IUJOUQIIE. 4'9
Ce genre de four n'est pas exempt d'inconvénients; il ne cuil pas régulièrement pur suite de la position de l'alandicr F.
La figure précédente 127 montrait un four rond utilisable dans
Fig. ug.
celle fabrication ; le modèle est vieux, it serait plus simple tic se servir d'un four comme ceux de la faïence fine, quille h
4lO CHAPITRE XII. — FAÏENCES.
faire «les cuissons séparées pour le biscuil ol pour l'émail.
Pour encaster économiquement on a recours à l'enfournement eu échappades, au moyen de tuiles supportées par des pi Ilot?. On met aussi des pièces en gazelles et Ton enduit ces d.M nières d'une couche d'émail pour éviter l'absorption de l'émail par la lerre cuite qui forme ta gazetterie. Le cru se met en échappadc, rémail en gazelles en séparant les pièces par des pcrneltcs.
Les glaçurcsde ces deux faïences sont opaques. Sur la faïence n'allant pas au feu, on place de l'émail blanc; sur colle qui iloil servir à confectionner de la vaisselle de cuisine, on ne met rémail blanc qu'à l'intérieur, l'extérieur re.joil une glaçure brune.
On composait la glaçure blanche avec de la calcine, i\u minium, un sable fusible et des alcalis. Ces derniers étaient pris à Tétat de sel marin et de carbonate de soude. La formule suivante, très ancienne, a le défaut d'employer de la soude d'AIicante, c'est-à-dire une matière mal définie, sur laquelle les données manquent. Nous la donnons à titre de curiosité.
Calcine 4 »
Minium a
Sable do Decizc 4 4
Sel marin 8
Soude d'Alicantc 2
La soude d'Alicante ne peut pas être assimilée au carbomite de soude, c'était un carbonate très impur, souillé de matières étrangères et peu riche. Nous avons fait déjà remarquer que le sel se prêtait mal à la silicatisation; il fond pendant le fri liage et ne s'altère que lentement.
La glaçure brune était faite avec :
Minium 5*2
Oxyde de manganèse 7
Poudre do briques 41
On broie les matières et on les délaie dans l'eau pour poser la glaçure par immersion. Les faïences à feu qui recevaient deux glaçures élaient plongées jusqu'au bord dans la couverte qui devait garnir l'extérieur et arrosées intérieurement avec |;i glaçure blanche.
Vert
Heu.
Vert.
pistache.
Violet.
FAÏKNCE COMMUNE ÉMAILLÊK OU STANMFÈRK HT MAJOLIQUE. !\2l
La glaçure blanche, additionnée de colorants, peut prendre les Ions suivants :
Jaune.
Émail blanc 91
Jaune do Naplc? 9
Azur «
Oxyde de cuivre noir. »
Oxyde «le manganèse. »
On lait maintenant relativement peu de faïence slannifère. Quelques fabriques ont subsisté cependant et ce que nous avons dit de la fabrication de la poterie slannifère parisienne s'applique dans ses grandes lignes à leur mode opéraioire. La pâte est faite avec une argile plastique associée à une marne ou à de la craie, puis dégraissée avec du sable. L'apport de matériaux calcaires est nécessaire pour l'accord de la pâle avec la glaçure.
La cuisson se fait presque uniquement dans des fours semblables au fourdil carré. Pour composer leur glaçure, les potiers emploient des recettes s'écartant peu de celles proposées par Drongniart.
Schumacher (*) indique des glaçures telles que :
PbO^GSiO'.o^SnO1,
Pb04wSiOî.o,5SnOî,
PbO.f^iO'.o^SnO1,
°'?v ^ S 5,5SiO».o,5SnO«.
Les trois dernières sont un peu dures.
(les couvertes se préparent en partant de calcine, sable siliceux et carbonate de soude.
Un bon émail blanc s'obtient avec la composition suivante :
Sable quarlzeux 3o,64
Minium i5,8o
Kaolin 19,34
Craie 5,65
Calcine 4<>
( ' ) Schumacher, Die Keramischen Fabrikatc, p. 4?o.
Celle calcine se prépare avec un alliage de 25 d'éfain et 70 île plomb.
B. — Majolique.
Le mot de majolique a été employé pour désigner des produits différents. Le nom primitif majolica s'appliquait au début aux faïences italiennes. La majolique des Luca Délia Robbia est une faïence slannifère, ornée d'un émail, colorée par du jaune d'antimoine, du bleu, du vert de cuivre et du violet de manganèse.
Brongniart désigne aussi la faïence stannifère sous le nom de majolique. Schumacher (!) appelle majolique des faïences à gla- ■çure transparente plombeuse ou sodico-plombeuse, ces glaçures -étant colorées ou non. Dans la Forêt Noire et en Suisse, aux environs de ïhoune, on fabrique des faïences que Ton désigne aussi sous ce vocable.
Ce nom, comme on le voit par ces seuls exemples, a été appliqué à des faïences soit du premier groupe, soit du second.
Les majoliques suisses de Thoune sont des faïences à pâte colorée et à glaçure plombeuse. Quand elles reçoivent des glaçures sombres, comme les violets au manganèse, l'épaisseur de la teinte suffît pour cacher la couleur du support.
Dans la faïence de Thoune il y a deux variétés à distinguer : l'une est à fond blanc, l'autre possède un fond noir. C'est le dernier genre qui est le plus ancien. L'engobage joue un grand rôle dans celte fabrication, car c'est à lui que l'on a recours pour le décor. Les engobes sont formés par des bouillies d'argile colorées par des oxydes. Quand il s'agit d'engobes blancs, on a recours à une argile cuisant blanc. On engobe sur cru. Nous reviendrons à propos de la décoration sur la manière d'opérer, un peu spéciale, suivie par les potiers suisses. La pâle, l'engobe, les ornements et le vernis sont cuits en une seule fois.
En Hongrie, au contraire, on fait des faïences stannifères et quelques majoliques hongroises appartiennent à ce genre de faïence.
( ' ) Die Keramischen Thonfabrikate, p. 367.
m. — FAÏENCE FWE.
La faïence fine se distingue nettement des deux autres types de faïences que nous venons d'examiner par la nature de sa pâte et de sa glaçure. La pâte est fortement siliceuse, elle est constituée par de la silice, agglomérée au moyen d'un élément fusible, mêlé à l'argile nécessaire pour le façonnage. La pâle comprendra donc trois sortes d'éléments : la silice, qui formera le corps de la masse, un élément plastique et un élément fusible. Comme les matériaux choisis doivent cuire sans prendre de coloration, la pâte est alors capable de recevoir une couverte transparente. La couverte est un verre complexe borico-silicique à base de plomb et d'alcalis.
La faïence fine présente des variétés auxquelles correspondent des appellations différentes :
La terre de pipe, qui est le premier type créé, s'est faile en additionnant une pâte à base d'argile et de sable siliceux de craie ou d'une fritte alcaline.
Le cailloutage n'est essentiellement composé que d'argile plastique et de silex ou de sable siliceux.
La faïence fine feldspatbique, désignée le plus souvent sous les noms divers de terre de fer, granité, demi-porcelaine, porcelaine opaque, a une pâte un peu différente. On ajoute à l'argile et au silex un minéral un peu fusible (feldspath, cornish-slone) qui collera les grains après cuisson.
Telle qu'on la fabrique actuellement la faïence fine emploie comme matières premières des argiles réfractaires cuisant blanc, de la silice provenant des silex et aussi des sables quartzeux, des feldspatbs et cornish-stoue et des kaolins peu plastiques dont le rôle est de blanchir la masse tout en tenant de la place.
Ces éléments théoriques ne se rencontrent pas dans toutes les pâles. Dans la fabrication anglaise, qui a créé la faïence fine et la produit avec une rare perfection, on se sert d'argiles réfractaires, de kaolins, de silex et de cornish-stone. En France on a été amené, par suite de l'absence de cornish-stone, à
4? 4 CHAPITRE XII. — FAÏKNCES.
prendre du feldspath et quelquefois même à recourir à des sables fusibles. La silice du silex est alors remplacée par de la silice quarlzeuse. Certaines usines, en France et en Allemagne notamment, travaillent avec des matériaux anglais; elles sont alors tributaires des matériaux étrangers, matériaux dont il existe un marché important à Anvers, ce qui permet d'approvisionner les régions voisines du cours du Khin.
Préparation de la pâte. — La pâle se compose généralement avec les matières à l'état de barbotines.
Le kaolin introduit dans les pâles de faïence fine apporte peu de pla>ticilé; il est maigre par rapport à l'argile plastique. On emploie dans celte fabrication les kaolins de deuxième ordre, pas assez gras pour la fabrication de la porcelaine ou un peu ferrugineux, que Ton trouve à des prix peu élevés en France et en Angleterre principalement.
Suivant la dislance à parcourir et la nature du kaolin, il peut y avoir avantage à Tacheter lavé, car les frais de transport de la matière inerte qui raccompagne peuvent compenser et au delà le coût du lavage.
Les argiles sont introduites dans des délayeurs et agitées avec de l'eau; on sépare ainsi la matière plastique, qui reste en suspension dans le liquide, des impuretés naturelles qui demeurent au fond de l'appareil. Avant d'être jetée dans le déiayeur l'argile a été concassée; quelquefois même on a enlevé à la main les matières étrangères les plus volumineuses.
Une fois amenée à l'état de barbotine l'argile est tamisée, puis envoyée dans une line où Ton vient puiser pour former la pâle.
Il n'y a aucun avantage à diviser d'abord l'argile par écrasage; les pyrites pulvérisées se séparent plus difficilement que les pyrites entières. Une fois ces minéraux mis en poudre ils sont facilement entraînés et viennent faire des taches de fer sur les poteries.
Les différentes matières, autres que les argiles, ont toutes une certaine dureté, aussi nécessitent-elles un broyage préalable. Dans les usines ayant un outillage moderne on fait le broyage au moulin A Ising; pourtant on rencontre encore dans d'anciennes
KAÏENCK FINE. 413
installations des moulins à blocs et dos meules horizontales pour le broyage des matières dures. Ces appareils sont d'un rendement moins avantageux que les moulins Alsing. Un pulvérise, non à sec, mais ii l'eau après avoir dégros-i les matières. Les sables, qui se renconlrent à un étal rie division suffisant, sont lavés si cela est nécessaire puis introduits dans le moulin. Le silex est d'abord chauflé fortement avant le noncassnge et le broyage.
A cet effet on le stratifié avec du charbon menu dans des fours comme ceux représentés ci-dessus. L'un d'eux a la forme d'un gros tronc de cône renversé. Les dimensions moyennes sont de i^.jo à 2m de diamètre en haut et de om,5o à oro,75 en bas avec une profondeur de im,5oà an'. Une grille Daélé placée à la partie inférieure pour aider au chargement et au déchargement, et au-dessous de celle grille ou a ménagé une petite ouverture que l'on lient fermée et qui peut, au besoin, servir pour y faire
.'|26 CHAI'ITRK XII. — FAÏKNCKS.
du feu. Quelquefois on dispose deux foyers latéraux que Ton allume au besoin. L'autre modèle de fours que nous représentons esl également destiné à calciner les silex. 11 a une forme un peu différente, car il se compose de deux troncs de cône superposés sur leurs grandes hases. Voici les dimensions de cet appareil : om,8o aux orifices inférieurs et supérieurs, im,5o dans la région la plus large, 3m de hauteur pour le tronc de cône supérieur et im,25 pour le Ironc de cône inférieur. Le foyer est constitué par 12 barreaux de im de long; la cuve à eau placée en avant a im de profondeur et om,8o de large. Dans un four de cet ordre, on peul traiter 5oooke en 24 heures.
On voit à la partie supérieure une hotte conique ou ho le dont le rôle est de faire office de cheminée et de débarrasser l'usine des fumées.
Les silex sont suffisamment calcinés lorsqu'ils sont tout à fait blancs et commencent à s'émietter et à happer légèrement à la langue dans leur cassure, et à y présenter un aspect peu brillant ou mat. Arrivés à cet état de calcinalion, on les jette dans les broyeurs et, après les avoir réduits à la dimension d'une noix, on les passe au moulin.
Le mélange des barbolines se fait dans une grande tine après évaluation de la richesse du liquide. Une fois le mélange fait on le maintient toujours en mouvement dans les réservoirs. On fait usage quelquefois d'un éptiratcnr magnétique pour éliminer le fer qui peut souiller la pâte. Au moyen d'un filtre-presse on raffermi l les barbolines el on les transforme en pâte (*).
Au sortir de la presse la masse doit être malaxée pour lui donner l'homogénéité physique nécessaire pour le façonnage. Celte opération se fait dans des malaxeurs à hélice, disposés le plus souvent horizontalement.
Façonnage. — La faïence se façonne par divers procédés : i° Tournage et ébauchage;
( ' ) Pour atténuer la teinte jaune que peuvent amener des matériaux ferrugineux on ajoute quelquefois un peu d'oxyde ou de carbonate de cobalt à la pâte et même à la couverte.
PAÏRNCE FINE. l\2J
i° Tournage et calibrage mécanique:
3° Moulage;
4° Coulage:
5° Pressage.
Le tournage et l'ébauchage ne sont plus employés que pour les pièces de fantaisie, dont le faible débit ne compenserait pas la fabrication d'un matériel nécessaire au façonnage mécanique ou dont la forme serait trop compliquée.
Le façonnage mécanique sert à presque toute la fabrication. Comme la pâte est peu susceptible, on opère avec une grande rapidité. Suivant la forme des pièces on travaillera à la croûte ou à la housse. Le travail se fait facilement, car on peut manœuvrer la pâte à la main sans crainte d'accidents.
Le matériel des faïenciers est moins compliqué que celui des porcelainiers.
Voici, par exemple, comment on procède pour faire les assiettes. L'appareil se compose d'une tournette sur laquelle on écrase la balle de pâte pour en faire une croûte et d'une tôle de tour qui supporte le moule de l'assiette. Ces deux instruments sont mus mécaniquement. A côté du tour est disposée une bascule qui supporte le calibre qui découpe le profil de l'assiette. Dans certaines fabriques une équipe de trois personnes dessert ce groupe de machines : un ouvrier et deux aides. Le premier aide prépare les balles de pâte et fait les croûtes. L'ouvrier reçoit les moules, prend la croûte à la main, la centre et la calibre. Il dégage alors son tour et pose le moule à côté de lui. Le second aide est occupé à porter les moules au séchoir et à alimenter l'ouvrier de moules secs.
Les assiettes se font rapidement, car une équipe en fait près d'un millier.
L'assiette ainsi faite n'est pas encore terminée, il lui manque le polissage qui enlève les bavures et les irrégularités. Ce travail est confié à des ouvriers spéciaux qui reprennent les assiettes après dessiccation partielle et les usent avec un morceau de corne.
Le calibrage joue un très grand rôle dans ce genre de fabrication; suivant la forme des pièces on procède à la housse ou à la croûte ou encore à la balle.
/|ï8 CHAI'llllk XII. — KAÏKXItS.
Les liols dont on fait un très faraud nombre ne nécessitent pas une croule. Leurs dimensions sont assez fail)les pour que la halle de paie soit écrasée par le calibre bien uniformément sur les parois du moule. Pour avoir un bon rendement de l'appareil calibreur il faut éviter le plus possible les temps d'nrrél, aussi les ouvriers sont-ils aidés par des gamins dont le raie est «le
Fig. il'.
préparer les balles, d'apporter les moules secs et d'enlever les moules garnis de pièces façonnées.
La rapi lilc du travail est considérable, ainsi un faiseur de bols en produit aisément aooo dans sa journée.
A colé du tour ordinaire, avec girclie disposée pour recevoir les moules, on trouve aussi des tours mécaniques dont la gi relie a la forme d'un plaleau. Ces tours sont dits Cours à plateau.
FAÏENCK FINE. 4^9
Trois pièces, munies de vis de pression, disposées symétriquement par rapport au centre servent à centrer les moules que Ton dispose sur le plateau. Ce genre d'appareil s'emploie de préférence pour faire de grandes pièces, telles que les soupières, dont les moules seraient difficilement maintenus dans le creux des tètes de tours ordinaires. Le moule d'une semblable pièce est déjà volumineux; il comprend trois parties qui peuvent s'assembler sans compter la pièce qui fait le fond. Pour disposer l'appareil on place d'abord au centiv une petite pièce recouverte d'une toile; elle servira à faire le dessous du pied. Ensuite on pose le moule et on le fixe au moyen des vis de pression. Il ne reste plus qu'à introduire une housse ou croûte de forme convenable et à faire tourner l'appareil en descendant le calibre. Cette série de manœuvres semble longue et compliquée, elle ne dure pourtant pas 3 minutes avec des ouvriers exercés.
Certaines formes compliquées exigent un façonnage spécial. Ainsi parfois on fait la pièce en deux morceaux que l'on réunit ensuite par collage.
Les corps de lampes sphériques sont faits au calibrage par travaux successifs. On fait d'abord le creux dans une masse de pâle qui est ensuite amenée à la forme sphérique extérieure par tournassage.
Moulage. — Les pièces qui ne sont pas de révolution ne se prêtent pas au calibrage mécanique; elles nécessitent alors le moulage. On est parfois obligé d'opérer le moulage en plusieurs parties et de raccorder ensuite les différents morceaux.
Des objets dont la forme est limitée par des plans, comme certains modèles d'écritoires, se font très bien en collant les unes aux autres des plaquettes moulées au format voulu. Le travail ressemble à celui que l'on exécute dans certains objels en bois, avec cette différence que les morceaux peuvent adhérer directement par la seule addition de barbotine.
Coulage. — L'introduction du coulage a été d'une grande tilililé pour la faïencerie. En opérant ainsi on a pu faire facilement des pièces de forme difficile el obtenu d'une seule venue
43o CHAPITRE XII. — FAÏENCES.
des objets qui ne pouvaient s'obtenir que par collage de leurs diverses parties. Les industriels ont trouvé, en outre, un grand avantage à ce genre de façonnage; les ouvriers mouleurs ont été remplacés par des femmes, des apprentis dont le salaire est bien moins élevé.
Des pièces telles que saucières, christs en croix, etc. se réussissent facilement. La suppression des raccords est précieuse à un double point de vue. D'abord elle simplifie et accélère le travail, ensuite elle supprime les accidents qui peuvent se produire à l'endroit du collage.
Fabrication des plaques de faïence. — Tout le monde a certainement vu des peintures en bleu sur plaques de faïence. C'est ce qu'on appelle Je genre Delfl.
Les plaques atteignent môme souvent de grandes dimensions et la fabrique de Metllacb s'est acquise une réputation dans ce genre de tableaux. La fabrication de ces plaques se fait bien par coulage, et l'on eu produit un certain nombre ainsi, mais un mode de façonnage plus ancien, que nous allons décrire, est encore en vigueur.
On prend un bloc de pâte parallélépipédique dont la plus grande surface doit être plus grande que les plaques à obtenir. Ensuite on unifie à petits coups la surface en se servant d'un tampon garni de peau. Ce travail préliminaire une fois effectué, on pose un calibre sur la masse et l'on coupe avec soin l'excédent de la pâle sur les quatre côtés.
On a ainsi un parallélépipède à base rectangulaire. Contre les côtés les plus longs on place des règles de bois, superposées, de l'épaisseur de la plaque à obtenir en cru. Au moyen d'un fil, tendu sur un archet, on enlève d'abord la première couche de pâte excédente, puis on détache une première tranche après avoir enlevé les deux premières règles. Le fil a découpé une couche de pâte destinée à faire la première plaque. 11 n'y a plus maintenant qu'à répéter la même manœuvre, c'est-à-dire à enlever une règle de chaque côté et à faire passer le fil dans le bloc en s'appuyant sur la face des piles de règles restantes. L'enlèvement de ces plaques ne doit pas se faire à la main; on les
pince, une fois coupées, entre deux règles plates et on va les poser sur une plaque de plâtre bien dressée, où la pâle commence à se raffermir. Avant que la dessiccation ne soit complète on les bat sur un marbre plani afin de les redresser, car elles prennent toujours un peu de gaucbe pendant que le séchage s'opère.
Cuisson. — La faïence fine subit deux fois l'action de la chaleur. La première cuisson donne le biscuit de faïence fine. Le biscuit est de la faïence complètement cuite à laquelle il ne manque que sa glaçure. Le biscuit est ensuite émaillé et reçoit un second feu; celle deuxième cuisson s'effectue à une température moins élevée que la première cuisson.
On peut estimer que la température de cuisson du biscuit est comprise entre la fusion des montres 3 et 10 de Seger, soit de i2oo° à i3oo°.
Dans ce genre d'opérations il faut tenir compte aussi d'un facteur important, c'est le temps. Cuit trop rapidement et refroidi brusquement, le biscuit sort du four avec un déchet considérable. Le contraire a lieu pour la cuisson de l'émail qui demande «nu contraire à être menée plus rapidement si l'on veut avoir une surface brillante. La lempéialure de cuisson de l'émail ne dépasse pas ordinairement la montre 3.
Les fours à faïence fine sont cylindriques à axe vertical. Les plus anciens sont à flamme directe, les plus récents à flamme renversée.
Ce système de fours présente un grand inconvénient déjà signalé auparavant; les gaz chauds doivent se diviser eu deux à leur entrée dans le four pour répondre à l'intention du constructeur.
Il y a un point délicat dans la construction, c'est la détermination du rapport de ces deux canaux; ce rapport est difficile à déterminer théoriquement à cause des nombreuses variables et que l'expérience peut seule permettre de déterminer par suite de tâtonnements. Aussi dans beaucoup de ces appareils s'est-on contenté de copier d'autres fours de bon fonctionnement. Les copies, par suite d'erreurs ou de différentes conduites du feu,
n'ont pns toujours donné les résultais attendus et l'on a reproché à ces appareils leur irrégularité pendant la cuisson, la flamme passant surtout dans celui des canaux lui offrant le moins de résistance.
On a employé aussi pour chauffer le centre un dispositif un peu différent. Au lieu de demander aux alandiers de fournir deux courants de gaz chauds, on a préféré confier à un alandier spécial le soin d'amener la flamme au centre du four.
Ou a dans les fours à flamme renversée gardé la disposition indiquée à propos des fours anglais; il en résulte une assez grande complication dans la construction sur laquelle nous avons déjà insisté (p. 224).
Certains faïenciers, frappés de la difficulté de la conduite de leur four, ont supprimé le carneau horizontal, envoyé la flamme directement dans le four et ont établi leurs cnrneaux de sortie dans la sole, Bien conduits, des fours ainsi établis ont donné de bonnes cuissons, sans accidents, régulières du centre à la périphérie. On a aussi adopté des alandiers spéciaux pour chauffer le centre dans certains fours.
Pour cuire le biscuit il n'est pas nécessaire de recourir à un encastage compliqué. On encasle en gazelles fermées. Pour tenir le moins de place possible on remplit les grandes cavités avec de petits objets. L'adhérence n'est pas à redouter.
Pour la cuisson du biscuit il n'en est plus de môme, il faut séparer les pièces les unes des autres afin d'empêcher le collage des surfaces en contact. Autrefois on cuisait les assiettes horizontalement, empilées dans des gazettes cylindriques et séparées les unes des autres par des pattes de coq, c'est-à-dire des tétraèdres à sommets très effilés et à surfaces concaves. Il ne reste du contact de ces isolateurs que des points imperceptibles. Maintenant on place les assiettes de champ dans des gazettes rectangulaires. Au fond de la gazelle on dispose deux longs prismes triangulaires de terre réfraclaire, reposant sur une de leurs faces el placés parallèlement. Les assiettes s'appuient alors sur les doux arêtes supérieures. Pour les maintenir dans une position presque verticale on a imaginé divers dispositifs. Certaines fabriques les retiennent au moyen d'une longue plaque de
terre réfractaire, munie de dents comme une scie. Le bord dé chaque assiette occupe le creux qui sépare deux dents. On se sert aussi de dés pouvant entrer les uns dans les autres et munis d'un ergot à arêlc tranchante. Ces dés sont enfilés les uns dans les autres et l'assiette se place entre deux ergots, son bord reposant sur l'arête.
Les pièces profondes de grande surface se mettent dans des gazettes circulaires et cuisent retournées. Leurs bords reposent sur les arêtes de prisme de pâle fichés dans les parois.
Toutes les séparations de pièces empilables se font au moyen de supports en terre réfractaire. Ces supports ont reçu des noms différents d'après leur forme (voir p. ao4).
On fait ce matériel isolant à la machine. La presse à choc, utilisée pour cette fabrication, est du genre des appareils dont nous parlerons à propos de la porcelaine pour usages électriques. Ces diverses pièces sont moulées et l'on arrive à les obtenir avec des pointes suffisamment vives en ménageant des orifices desortie pour l'air pendant la compression. En débitant d'abord la pâte, qui sert à la confection de ce matériel, en colombins et en coupant ces derniers en morceaux de longueur convenable, on accélère considérablement la production. Les moules sont en deux pièces. On les graisse, on introduit la terre, puis on rabat brusquement la pièce mobile. A la presse la production atteint 3ooo colifichets, par exemple, en une journée.
Glaçures. — La couverte de faïence fine se pose sur biscuit. On émaille au trempé.
L'ouvrier chargé de poser l'émail trempe ses pièces dans la cuve d'émail, en employant souvent une pince semblable par sa forme à une pince à asperges et munie de dents à l'extrémité de ses branches. Il évite ainsi le contact des doigts avec le biscuit, ce qui amènerait des manques d'émail.
L'émailleur est servi par des aides qui lui amènent le biscuit et le débarrassent des objets émaillés. Il donne généralement deux mouvements de rotations inverses à la pièce maintenue avec la pince : un en la plongeant et un autre en la retirant.
L'émail s'égalise et celui qui est en surplus s'écoule. Les pièces émaillées sont placées sur des tringles formant égouttoir, puis emportées. Le contact des pièces émaillées avec ce support est sans importance.
Le travail de l'émailleur est extrêmement rapide, aussi un seul ouvrier suffit-il à une très grande production.
Les couvertes de faïence fine mettent à contribution du cornish-stone ou du feldspath, du kaolin, des matériaux siliceux, du borax ou de l'acide borique, du minium ou de la céruse, des alcalis à l'état de carbonates et de la craie. Ces différentes matières conduisent à la formation d'un verre silico-boracique à base d'alcalis, d'oxyde de plomb, de terres alcalines et d'alumine.
Il est nécessaire pour le broyage d'amener le mélange sous forme insoluble. On fritte d'abord les matériaux solubles (borax, carbonate de soude) avec des matières siliceuses, alumineuses, calcaires et plombeuses qui forment alors une masse insoluble. On ne fritte pas toute la couverte et, après avoir brisé la fritte, on la broie avec le complément de matières nécessaires pour former la gtaçure complète.
Ainsi on pourrait préparer une glaçure de la manière suivante :
Fritte 82
Minium 7
Feldspath 10
La fritte est faite avec :
Feldspath 35
Sable siliceux 18
Minium , 16
Borax 22
Craie 6
Ce friltage (c'est presque une fusion) se fait dans un four coulant à réverbère.
Nous n'avons examiné jusqu'ici que la faïence fine en général ; nous allons donner quelques détails plus spéciaux sur sa fabrication dans diverses régions.
faïence fine. /j35-
§ 1. — Fabrication anglaise.
Les argiles réfractaires anglaises, propres à faire de Ja faïence fine, proviennent du Dorsetshire en grande partie. Ces argiles, d'après les géologues anglais, appartiennent au terrain tertiaire (éocène). La première qualité de ces terres possède une teinte gris bleuté uniforme; elle est plastique. Au toucher elle est douce et onctueuse; elle ne craque pas sous la dent. A la cuisson elle devient blanche. Elle est alors dure et compacte; sa cassure est serrée, elle happe alors à peine à la langue. Elle résiste très bien au feu du four à biscuit. Cuite au feu oxydant à une température telle que celle du four à biscuit, elle gagne encore de la dureté.
L'argile est peu ferrugineuse et la silice libre qu'elle contient est à un degré de finesse remarquable. Le dépôt renferme presque partout des nodules de pyrites dont l'élimination renferme beaucoup de soins.
On emploie aussi des argiles du pays de Galles, de l'Ecosse et du Devonshire. Les propriétés de ces matières plastiques ne s'écartent pas beaucoup de celles de l'argile du Dorsetshire.
Le kaolin forme en Angleterre des gisements considérables, principalement dans les Cornouailles; il cuit blanc. La plasticité de celui qu'utilisent les faïenciers n'est pas très développée. Le rôle du kaolin n'est pas d'augmenter la plasticité de la pâte; cette matière est là surtout pour apporter de la blancheur à la pâte qui, sans lui, conserverait peut-être une coloration grisâtre après cuisson. Les kaolins anglais sont de deux sortes : la terre forte (strong potting clay) et la terre tendre (weak clay). La première est la plus plastique ; elle cuit dur et blanc. C'est elle que l'on utilise en céramique.
Les Anglais appellent l'argile clay; l'argile ordinairement employée est bleue, c'est elle qui est désignée dans leurs reclpe sous le nom de blue clay. Red clay s'applique à des terres ferrugineuses qui entrent dans la composition des pâtes pour lesquelles on n'exige pas une teinte blanche absolument pure. Le terme bail clay s'adresse à des argiles blanches. Le kaolin porte le nom de china Clay.
D'après Lord Playfair('), voici ce que contenaient des échantillons de ces argiles :
Blue clay. Red clay. China clay.
SiO* 46,38 49,44 45,56
Fe'O' 1,04 7,74 »
CaO 1,20 1,48 a, 17
MgO traces. 5 , 14 traces.
Na'Oi ' " Iî9°
Tandis que dans la plupart de nos usines on met soigneuse* ment à couvert les provisions de kaolin et d'argile, c'est l'inverse qui se pratique en Angleterre, où on laisse ces matériaux, et surtout les argiles plastiques, exposés à l'air le plus longtemps possible.
Les Anglais mettent en œuvre leurs pâtes à faïence fine le jour même de leur préparation; mais d'autre part ils recherchent, pour former ces pâtes, des kaolins et surtout des argiles plastiques ayant été exposées pendant longtemps à l'air. En suivant cette marche on obtient, à ce qu'il parait, des pâtes plus homogènes, plus compactes, plus faciles à travailler et des produits plus blancs et plus solides.
Théoriquement les effets de cette exposition ne sont pas tout à fait aussi clairs; cependant on comprend que les sulfures de fer que renferme l'argile du Dorsetshire, et qui sont si nuisibles aux potiers, soient en partie transformés en sulfates ou autres sels, et expulsés ensuite de la masse. On sait d'ailleurs que, économiquement parlant, les meilleures pâtes sont celles qui prennent le moins de retrait à la cuisson, parce qu'elles offrent moins de chances de déformation, de gauchissage et de casse, et comme les pâtes vieilles ayant subi la pourriture prennent beaucoup moins de retrait que les nouvelles, il doit sans doute en être de même, au moins partiellement, pour celles préparées avec des terres vieillies isolément.
Il est généralement admis par les fabricants du Staffordshire
(') CHARLES BlNNS, Manual 0/ Practicat Pottin$, p. i53.
FAÏBNCE P1NE. t\$J
que celui qui néglige cette pratique et veut s'en affranchir s'expose à de mauvais résultats.
Cela s'entend plus particulièrement des argiles ou bail clay. Le kaolin, en raison de sa nature et de son mode de préparation par le lavage et la décantation des pegmatites altérées, a peutêtre moins à gagner sous l'influence des agents atmosphériques.
ÀTunstall, à Burslem, à Elruria et à Sloke, on voit souvent, sur les bords du canal, des dépôts d'argile plastique ou bail clay et de kaolin, où les fabricants viennent charger au fur et à mesure de leur consommation. Dans les établissements où l'on a à sa disposition une surface suffisante, on dépose ces terres dans la cour, à proximité des ateliers où se fait la préparation des pâles. Ces dépôts ont lieu sur des aires pavées avec des briques, soit réfractaires, soit ordinaires, mais toujours très dures (*).
La silice provient du silex que l'on calcine comme nous l'avons indiqué plus haut.
L'élément fusible, qui donne la cohésion à tout l'édifice, est le cornish ou comwall stone dont nous avons déjà parlé. La roche est sous une forme plus commode à travailler que les feldspalhs et pegmatites; elle est facile à désagréger et à broyer. Actuellement pourtant, une hausse sur le prix de cette matière se faisant sentir, les manufacturiers pensent à recourir au feldspath.
Les pâtes à faïence fine ont des compositions diverses qu'il est difficile de renfermer dans des limites bien définies. La quantité d'argile à introduire dans la pâte est en rapport inverse de la plasticité; il faut évidemment plus d'argile maigre que d'argile grasse pour obtenir la plasticité désirable pour le façonnage.
La nature des matériaux et la façon dont on cuit la masse interviennent aussi, de sorte que l'on rencontre de grands écarts dans les rapports entre les divers éléments.