‹ La céramique industrielle, chimie, technologieChapitre 97 sur 129 · bis · texte numérisé non relu

bis

Argile plastique 26 21 19 3o

Kaolin 26 23 3o 3o

Silex 3o 36 3i 25

Cornish-ston * 18 20 20 i5

( l ) Description de la fabrication actuelle des faïences fines et autres poterie* en Angleterre, p. i.

Dans les exemples ci-dessus, qui représentent des pâtes ordinaires anglaises, on voit que les quantités d'argile varient de 20 à 3o pour ioo.

Si nous comparons maintenant ces formules à celles des faïences dites demi-porcelaines, nous verrons que pour obtenir ces faïences visant à rappeler la porcelaine, dont elles ne possèdent pas la transparence tout en n'ayant pas l'opacité absolue de la faïence fine ordinaire, il est nécessaire d'augmenter fortement la quantité de fondant. Dans certaines compositions on introduit une fritte alcaline, comme dans l'exemple suivant qui représente la formule d'une demi-porcelaine de Longport.

Fritte. Pâte 4.

Kaolin » 5oo

Silex i» ioo

Cornish-slone » 4oo

Carbonate de potasse i »

Minium 12 »

Bleu de cobalt 1 »

Fritte » 7

On a supprimé l'argile plastique dans cette pâte; l'addition de la fritte u base de cobalt n'apporte pas une grande fusibilité, mais elle permet de bleuter la pâte et de lui enlever sa teinte jaunâtre. Dans ce genre de pâte on voit que les éléments fusibles ont augmenté aux dépens du silex.

Les terres de fer, les granités ont aussi des pâles plus pauvres en argile.

Pâte

pour terre de fer.

pour granité. !■ ^ — -^»^— —

Argile plastique (BlueClay).. . ia,6 (Bail Glay) 29 21, 5

Kaolin 28,2 21 29

Silex 37,9 12,5 ii,5

Cornish-stone 21,8 37,5 38

Ce genre de pâtes diffère notablement des précédents, surtout les terres de fer. Dans la pâle dite granité, c'est l'élément siliceux qui a surtout augmenté et l'élément argileux dont la quantité a été restreinte.

Les demi-porcelaines sont riches en cornish-slone et pauvres en silex, il en est de même des terres de fer.

Quand on ne cherche pas à faire des pâtes absolument blanches on peut recourir aux argiles ferrugineuses du genre dit red clay. C'est ce que font les fabricants. Ils tirent parti aussi quelquefois des marnes (probablement ferrugineuses) pour composer certaines pâtes teintées. Les compositions suivantes donneront une idée de ce genre de pâte.

Pàtc

brune. jaune.

Argile rouge 84 »

Marno » 49

Kaolin 12,6 24

Silex 1,7 12

Cornish-stone 1 ,7 i5

Dans la faïence anglaise on trouve aussi des pâtes très siliceuses, qui rappellent le genre du cailloutage. Dans ce cas les matières fusibles disparaissent de la composition de la pâte. La masse en contient toujours un peu grâce aux kaolins; elle ne renferme alors que des produits micacés apportés par les argiles.

Argile plastique 37 32

Argile rouge » 59

Kaolin 37 23

Silex 26 6

Les deux pâtes précédentes sont de cet ordre; elles n'ont pas de matières fusibles intercalées volontairement. La première, la plus riche en silice, est destinée à la confection des vases poreux, la seconde donne une pâle brunâtre par suite de sa grande teneur en argile ferrugineuse.

Cet édifice complexe, qui constitue la faïence fine, présentera donc une grande série de variétés. Dans les unes, la pâte sera riche en matières vitrifiées et, par suite, formée de grains plus ou moins collés les uns aux autres; dans les autres, les éléments fusibles étant réduits au minimum, la pâte sera au contraire plus poreuse. Enfin, suivant le degré de finesse des matériaux, la

44o CHAPITRE XII. — FAÏENCES.

pâle présentera des grains divers, quelques-uns peuvent même donner l'illusion d'une porcelaine non encore vitrifiée.

L'ancienne faïence fabriquée par Josiah Wedgwood sous le nom de créant colour, imitée ensuite sur le continent sous celui de cailloutage, était composée ainsi :

p. i Argile plastique 75 à 85

Silex ou sable 25 à i5

Sable quartzeux 3o à 4"

Carbonate de soude 1 5 à 20

' Azotate de potasse 2 à 5

Minium 35 à 45

On frittait les trois premiers de ces corps, puis on ajoutait le minium.

Les Anglais ont créé depuis un siècle un centre important dans le Staffordshire et cette agglomération ouvrière a été très profitable au développement de cette industrie. Par suite de cette situation particulière, les efforts n'ont pas été isolés, ils se sont faits en commun pour le plus grand avantage des industriels.

Voici la marche des opérations dans la fabrication de la faïence fine anglaise.

Le broyage qui s'effectue à l'eau et encore souvent dans des moulins à blocs, quoique l'invention du moulin Alsing soit déjà ancienne, se fait avec des concentrations différentes suivant les matières. On a adopté dans les usines anglaises des barbotines types qui sont :

Argile plastique 26 onces à la pinte

Kaolin 24 » »

Craie 26 » >»

Silex 32 » >•

Cornish-stone 32 » »>

Feldspath 3a « »

Celte habitude constante en Angleterre permet de désigner Jes formules de composition en hauteurs de barboline; nous en avons déjà donné des exemples.

Ces barbotines sont inégalement chargées de matières pulvérisées, ce sont les barbotines argileuses qui sont les plus étendues. Il peut y avoir intérêt à employer les matières fusibles à un grand état de division, aussi dans certaines fabriques le broyage est-il poussé assez loin pour le cornîsh-stone.

Les fours à flamme directe y employés d'abord en Angleterre pour la cuisson de la faïence et que Ton retrouve encore dans certaines fabriques, sont des cylindres de (\m^o de diamèlre pour le type courant, recouverts d'une voûte dont la clé est distante de la sole de 5m. Les alandiers au nombre de 8 sont disposés symétriquement autour de la périphérie et la flamme rencontre à sa sortie du foyer un canal vertical M, par lequel elle entre directement dans le four, et un second horizontal, courant sous la sole, qui amène au centre E une partie des gaz de la combustion.

Les fours employés en Angleterre ont conservé dans quelques usines la forme primitive que nous avons décrite; l'emploi du four à flamme renversée s'est généralisé. Le modèle original a été transformé sans beaucoup de succès quand on a cherché à donner au four de plus grandes dimensions; le résultat n'a pas toujours répondu à l'attente des constructeurs. Les fours de jm de diamètre semblent être une limite qu'il ne faut pas dépasser. Quand à la hauteur, il n'y a pas d'intérêt à l'augmenter. On fatigue la gazetterie en donnant plus de hauteur aux piles.

Les fours anglais sont protégés par une enveloppe circulaire K, le hole, qui empêche les coups de vent. Ces holes ont généralement la forme représentée ici {flg* i33), ils sont aussi parfois coniques. L'utilité de celte enveloppe se comprend quand on examine la construction du four anglais; le four original n'a pas de cheminée. Les flammes sortent en P et S.

Divers essais ont été faits en Angleterre; Lambert en signale un certain nombre.

On cuit aussi la faïence dans des fours analogues au four Bosch que nous décrivons plus loin. La flamme, après être montée au sommet, redescend par le centre du four, pénètre sous le pavement pour s'en dégager par des cheminées se trouvant entre chacun des alandiers.

La cuisson d'un four moyen en biscuit dure de 3o heures à 4<> heures avec une dépense de io< de charbon. Celle de l'émail

est de 11 heures (dans des fours plus petits) et consomme seule' ment 4'- La figure i33 montre l'ancien four à flamme directe.

La nature de la faïence anglaise, faïence plus vitrifiée que celle du continent dans certaines variétés, paraît avoir une influence sérieuse sur certaines de ses propriétés. Les essais faits jusqu'ici, avec les moufles continus pour la cuisson du décor, n'ont pas toujours été satisfaisants. S'il ne faut pas attribuer tous les insuccès à l'inexpérience de ceux qui manœuvraient ces moufles, c'est que la pâte semblerait incapable de supporter réchauffement assez brusque et le refroidissement rapide qui accompagnent l'emploi de cet appareil.

Les couvertes anglaises se composent avec des matériaux qui n'ont rien de particulier. Au lieu du feldspath que l'on emploie souvent sur le continent, les Anglais ont recours au cornish-stone ; le plomb est presque toujours introduit sous forme de céruse.

Les pâles que nous avons prises comme types peuvent recevoir les glaçures suivantes :

Fritte. Glaçure.

Cornish stone. 80 » go 210 45 95

Silex 1 15 » 60 .'\5 25 »

Borax 140 » 80 » » »

Kaolin 25 » 16 » i5 »

Craie 70 » \o » » 25

Fritte 35o » 2>o

Céruse i35 100 140

Flint glass.. » 5 »

Dans la couverte 2 se trouve une anomalie.

L'acide borique manque, c'est un simple silicate poiybasique que l'on emploie sans fritlage préalable. Celle formule est ancienne et peut donner une idée des premières glaçures employées sur la faïence fine.

Fritte. Glaçure.

'Î7~'~SÏÏ-1. 1. 6-7.

Cornish stono. . . 80 25 210 3i

Silex 1 1 5 20 » 32

Borax 1 io 38 » »

Kaolin 2> i5 >» »

Craie 70 18 » »

Fritte >5o 160

Céruse «3> 57

En dehors de ces compositions où il entre du plomb, on a essayé et employé des couvertes non plombeuses en Angleterre, comme le témoignent les formules suivantes :

Borax 90 60 3o \

Feldspath 4° » 3o

Cornish-stonc » 36 »

Silex 38 60 >5 .

„,. , „„ ) On fritte avant 1 emploi.

Flint glas 36 » » ' r

Kaolin » » 5

Carbonate de baryte. » » 5

Craie » » 20

Pour la dernière glaçure, on prend :

Fritte 80

Kaolin i5

Feldspath 5

§ 2. — Fabrication continentale.

Les fabriques qui sont peu éloignées de la Belgique, tant en France qu'en Allemagne, ont recours souvent aux matériaux an-lais. Dans certains établissements même on ne travaille exclusivement que des produits venus d'Angleterre.

Sur le continent on trouve facilement des argiles de bonne qualité. En France, dans le bassin de la Marne, notamment dans le bassin de la Seine, dans les Ardennes on rencontre de bonnes terres. Dans le Rbeinland on s'approvisionne aussi d'argiles réfractaires régionales provenant du Paiatinat bavarois (Grùnstadt) et de la vallée du Rhin et de la Sarre. Le terrain dévonien qui forme une grande partie de la région est riche en argiles réfractaires.

Les kaolins anglais peu plastiques font une concurrence aux kaolins français de seconde qualité sur le continent lui-même, de sorte que suivant la distance des usines aux gisements on trouve dans les faïenceries soit du kaolin du pays lui-même, soit du kaolin anglais.

Il en est de même du cornish-stone. Cette matière est prise

de préférence au feldspath toutes les fois qu'il est possible de se la procurer sans trop de frais. Dans le cas contraire c'est le feldspath que l'on introduit dans la pâte pour servir de matière fusible.

Le silex est facile à se procurer en France et il est d'assez bonne qualité pour que ce soient les pays voisins qui viennent s'approvisionner de galets des côtes normandes (Dieppe, Saint- Valéry).

Dans certaines pâtes on introduit la silice à l'état de sable siliceux. Cette manière de former la pâte est inférieure à la précédente, car le sable quartzeux, soumis à l'action de la chaleur, subit des transformations qui fatiguent la masse et peuvent provoquer des accidents (déformations, ruptures).

Enfin quelques faïenciers ont gardé l'habitude d'introduire de la chaux dans leurs pâtes, ce qui n'offre pas d'avantages.

La faïence fine a été précédée en France par le cailloutage el la terre de pipe. Le premier était fait avec une pâte argileuse et siliceuse telle que :

Argiles de Montereau et de Provins .... » 63

Argile de Montereau 87 »

Quartz i3 27

Le rapport des matériaux plastiques et dégraissants était déterminé par la plasticité que devait posséder la pâte.

La terre de pipe eut recours à une troisième substance pour former sa pâte, la chaux ou une fritte alcaline. C'est le premier type qui fut créé; le cailloutage ne vint qu'ensuite. Ordinairement on incorporait de la craie à la pâte; on connaît cependant des exemples de pâtes à fritte.

La faïence fine ordinaire ne contient pas de chaux habituellement, pourtant certaines fabriques ont dû conserver celte matière dans leur pâte, car dans l'Ouvrage de Tenax (Prôssel) (*) tous les exemples de faïence fine qu'il cite sont calcarifères, soit que la chaux provienne de craie ajoutée intentionnellement, soit qu'elle soit introduite à l'état de marne.

(!) Die Steingut und Portellan Fabrication.

Pâtes de faïence fuie.

Argile blanche de Wallendïir 21 » » » » »

Argile plastique » i5 60 40 65 40

Kaolin de Albsheim 3 1 » » » » >

Kaolin » 10 5 3o » 1 3

Craio 17 » io » » »

Marne » 25 » » » »

Silex 3 1 4 > 20 i'jl 23 3o

Tessons de biscuit . 6 3 » » b »

Feldspath 4 » 5 18 » »

Cornish-stonc » » » » io 1 5

Les pâtes 12, 13 et ik sont citées par Tenax.

La pâte 15 a été utilisée à Oeil.

Les pâtes 1G et 17 proviennent de l'usine Keramis, à la Louvière (Belgique).

Dans certaines fabriques françaises on traite la fabrication un peu différemment de ce que nous avons indiqué. La pâle est très siliceuse et le seul fondant que Ton introduise provient des éléments micacés ou feldspathiques apportés par Jes matières premières elles-mêmes.

Les matières premières sont, par exemple : de l'argile réfractaire, du kaolin, du silex et du sable de Decize.

Le kaolin provient de deux sources : l'Allier et l'Angleterre. Le kaolin provenant de l'Ailier est ferrugineux; cuit seul il prend une teinte jaunâtre. On le mêle au kaolin anglais pour obtenir une pâle satisfaisante. Ce kaolin de l'Allier, pris comme exemple, peut être considéré comme contenant :

Kaolinite 76

Mica io

Quartz 1 5

le kaolin anglais renferme :

Kaolinite 87

Mica 5

Quant au sable de Decize il renferme jusqu'à a5 pour joo de mica. La pâte conslîtuée avec de semblables éléments contient donc par elle-même une certaine quantité de matières fusibles, suffisante pour coller ensemble les grains siliceux et argileux.

Les kaolins micacés, peu plastiques, sont indiqués pour la fabrication de la faïence fine. Il y a en France plusieurs gisements (Cher, Allier, Bretagne).

Tous les sables du genre de celui de Decize peuvent aussi entrer dans la composition de pâtes de cet ordre.

La préparation des glaçures ne présente rien de spécial. Suivant que l'on a du cornish-stone ou du feldspath à sa disposition on se sert de Tune ou de l'autre de ces substances.

Voici les glaçures correspondant à quelques-unes des pâtes que nous avons indiquées :

Frittes. Couvertes.

10 iti II l3 25 » » I 1 23 »

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