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IV. — FAÏENCES ABCamCTDBAlES

Sous ce titre nous comprenons les différents produits utilisés dans la construction et formés d'une pâte à texture poreuse recouverte d'une glaçure.Ilest plus logique, pour être d'accord avec notre classification, de ranger dans les faïences ce genre de produits que d'aller le placer à coté des terres cuites.

A. côté de ces produits vient se placer maintenant toule une fabrication de terres cuites émaillées pour l'architecture, fabrication qui s'est développée surtout dans les pays obligés de construire avec de la terre cuite, par suite du peu de fréquence des gisements de calcaire bon pour la construction.

§ 1. — Terres cuites es aillées.

Depuis fort longtemps on emploie les briques émaillées, la frise de Darius est un exemple du parti que l'on peut tirer de la terre cuite émaillée en couleurs.

On peut soit appliquer sur les briques une composition fusible (du genre de celles que nous avons indiquées) am-As arMitînn d'un colorant, soit recouvrir la brique par engol: une glaçure transparente.

Les glaçures sont incolores ou colorées. Les prem naturellement apercevoir la couleur de la pâte, donnent une coloration plus ou moins modifiée p du support. Les pâtes peu colorées offrent plus <

que les pâtes franchement rouges. On peut leur appliquer des glaçures rouges, brunes, vertes, bleues. On introduira alors dans la couverte des oxydes de fer, manganèse, cuivre ou cobalt. Une glaçure incolore rehaussera la couleur de la pâle et lui donnera une coloration jaunâtre. Si la pâte est colorée en rouge les ressources colorantes sont diminuées, et les tons verls et bleus seront moins facilement applicables. Le blanc ne s'obtiendra qu'avec des glaçures opaques. L'emploi de l'oxyde d'étain est fout indiqué pour la préparation de couvertes blanches. Ces différentes glaçures peuvent être plus ou moins intenses et présenter des tons plus ou moins francs. On pourra combiner les colorants pour obtenir d'autres nuances. C'est ainsi qu'un mélange d'oxydes de fer, de manganèse et de cobalt donnera du noir, s'il est fait dans des rapports convenables.

La nature des glaçures aura son influence également au point de vue du développement de la tonalité. Nous reviendrons sur cette question en parlant de la décoration. Parfois on utilise des glaçures opaques légèrement teintées.

L'emploi d'engobes permet également de résoudre la question de la coloration des terres cuites vernissées.

Les autres pièces de terre cuite s'émaillent également; telles que les tuiles, les carreaux et les motifs de sculpture.

La pose de la glaçure se fait, pour les briques, par immersion; parfois aussi par arrosement. Ce dernier procédé est commode à employer pour les tuiles et les carreaux. Quand il s'agit de pièces présentant des formes moins régulières et de plus grandes dimensions que les précédentes, on a recours à la pose au pinceau.

Quand cela est possible on pose la glaçure sur cru, c'est le cas général pour les pièces de peu de valeur. Dans certains cas on a recours à la pose sur pâte cuite. Ce dernier mode est employé le moins souvent possible; il est d'un prix de revient plus élevé puisqu'il oblige à opérer avec deux feux.

La cuisson de ces faïences émaillées demande plus de soin que celle des simples terres cuites. 11 faut d'abord éviter le contact du combustible avec les matières, il est nécessaire aussi d'adopter un enfournement empêchant toute adhérence des pièces les

FAÏENCES ARCHITECTURALES. /j.53

unes aux autres. La nature de l'atmosphère des fours a aussi son importance; les réductions sont à éviter avec une glaçure plombeuse.

§ 2! — Carreaux dk faïence.

Le simple carreau de terre peut recevoir des compositions vitrifiablcs colorées ou incolores; on le traite alors comme nous l'avons dit en parlant des terres cuites émaillées. A côté de cela il existe des fabrications un peu différentes dont il est intéressant de parler.

Le carrelage céramique a reçu des décors très variés et les spécimens de l'art oriental que nous connaissons indiquent une certaine recherche dans l'ornementation en couleurs. Les Arabes ont importé en Europe leur goût et leurs procédés pendant leur occupation de l'Espagne. Actuellement encore, sous le nom (ïazulejos, on fabrique des carreaux très recherchés pour orner les intérieurs. Les azulejos sont principalement décorés avec des lustres hispano-mauresques.

Le carreau de terre reçoit quelquefois des décors en engobes colorés que Ton recouvre d'émail.

On emploie aussi le carreau blanc à émail slannifère, c'està-dire en faïence à glaçure opacifiée par l'oxyde d'étain. Ce carreau se fait comme le carreau de terre ordinaire, il reçoit en plus une glaçure que Ton pose par arrosement. Ce produit a eu beaucoup d'emplois, mais il est détrôné par le carreau de faïence fine que l'on fabrique maintenant avec des ornementations extrêmement variées.

Le carreau de faïence fine se fait à sec. La pâte qui sort du filtre-presse est desséchée. Pour cela on lui fait traverser un séchoir. On se sert parfois de séchoir en forme de tunnel dans lequel s'engage une voie ferrée. On pose les balles de pâle sur les plates-formes de wagonnets qu'on laisse séjourner dans l'appareil le temps nécessaire pour la dessiccation. Le même résultat peut être obtenu en plaçant la pâle sur des étagères à tablettes creuses et parcourues par un courant de vapeur qui les porte à une température suffisante.

Si l'on pousse la dessiccation trop loin la pâte manque de

l'humidité nécessaire pour faciliter la cohésion des grains après la pression. Aussi parfois sèche-l-on le plus complètement possible, puis on pulvérise lu pâte et on lui ajoute 8 pour 100 d'eau. Le même résultat peut s'obtenir en arrêtant la dessiccation au point voulu; il n'est plus nécessaire d'humidifier la masse à nouveau. La pâte ayant peu de dureté on se sert de pulvérisateurs à grande vitesse, tels que le broyeur Carr.

La presse qui sert au façonnage des carreaux est une presse à vis verticale. La vis est mise en mouvement par un grand volant placé horizontalement à la partie supérieure. Le diamètre du volant mesure de im,5o à am suivant la grandeur des presses. Le volant est muni de tiges métalliques, placées perpendiculairement à son plan et faisant office de poignées. Ces appareils sont disposés en somme comme les presses à balancier utilisées pour la frappe des monnaies. On peut donner à la masse, contenue dans un moule en fer, une pression de 2ooooks et plus par décimètre carré. Cette pression est augmentée pour les carreaux de grande surface. Le travail à la presse est d'autant plus délicat que la surface à presser est plus grande; aussi, dans la fabrication courante, dépasse-t-on rarement 20cm de côté. Les dimensions extrêmes ordinaires sont 6cm et i5cm.

On donne à la pâle sèche versée dans le moule une première pression, puis une seconde. Au moyen d'une pédale on soulève le fond, après avoir relevé le piston, et Ton démoule. La plaque supérieure est ensuite polie légèrement.

Les carreaux sont empilés et portés au séchoir. De leur dessiccation régulière dépend une partie de leur réussite. Mal séchés et mal protégés de l'air humide, les carreaux peuvent s'abîmer à la cuisson. Pour obtenir une masse très sèche, il faut prendre de grandes précautions, car une masse fortement pressée ne perd que lentement l'eau qu'elle renferme. Il faut donc une dessiccation lente et prolongée si l'on ne veut s'exposer à des accidents.

Le carreau peut être coloré par les procédés mis en œuvre pour la faïence fine. Quelquefois les carreaux présentent des reliefs.

Une presse desservie par des ouvriers exercés permet de livrer par jour 2000 carreaux de i2cm de côté.

La fabrication du carreau de faïence fine ne s'effectue pas sans un sérieux déchet, du moins dans beaucoup d'usines. Le façonnage très rapide actuellement gagnerait peut-être en qualité à être exécuté un peu plus posément. A la cuisson les inégalités dans le pressage, dans la dessiccation se traduisent par des fissures dans la masse.

Les pâtes à carreaux s'écartent parfois un peu comme composition des pâtes de faïence fine. La formule suivante représente une pâte anglaise pour carreaux :

Argile plastique 23

Kaolin 27

Silex 4o

Cornish-stone 11

On voit qu'elle est pauvre en cornish-stone.

Le carreau se cuit en biscuit, puis en émail. On met les carreaux émaillés dans des gazettes rectangulaires, on les place de champ et l'on pose les carreaux maintenus dos à dos, deux par deux, par une pince en terre réfraclaire terminée par deux pointes.

On a donné parfois aux fours destinés à la cuisson des carreaux un dispositif qui diffère un peu de celui que nous avons indiqué à propos de la faïence fine. Le four est construit comme le four à flamme directe, seulement les gaz ne trouvent d'issue que dans des ouvertures ménagées au bas d'une cheminée cylindrique établie sur la sole et débouchant au-dessus de la voûle du four. Les gaz ne peuvent donc sortir qu'après ascension jusqu'à la voûte et descente près de la sole. Lambert (*), un des premiers, a décrit cet appareil que l'on trouve encore en usage sur le continent.

§ 3. — Carreaux de poêles.

En Allemagne, en Suisse, en Russie et dans les Pays Scandinaves on se sert beaucoup des poêles pour le chauffage, alors qu'en France ces appareils n'ont qu'un emploi restreint. Les

( ' j Fabrication de la faïence fine en Angleterre.

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poêles sont construits avec des carreaux. La pale qui les forme doit être capable de supporter les changements de température; c'est une condition qui n'est pas sans compliquer la fabrication, car, en même temps, la glaçure ne doit ni gercer, ni écailler. Il y a là deux conditions à réaliserqui font de ce genrede fabrication une spécialité.

Les argiles que l'on emploie pour faire les carreaux de poêles sont ferrugineuses; elles prennent, après cuisson, une teinte rougeàtre plus ou moins prononcée. Pour l'accord de la pâte et de la couverte, la présence de craie n'est pas désavantageuse, au contraire. Les poèliers ont constaté depuis longtemps que les tressaillures disparaissaient avec une addition convenable de craie. Aussi, quand les argiles ne renferment pas de calcaire, ajoute lou de la craie dans la pâte. L'emploi des marnes était tout indiqué dans cette fabrication, on trouve du reste les marnes comme faisant partie intégrante de la pâle dans beaucoup de formules. Cette action de la chaux s'explique par la variation du coefficient de dilatation de la pâte que produit celle matière. L'argile de Velten, employée par Feilner, a Berlin, est un type du genre d'argile à employer. l£IIe renferme, d'après Seger, en chiffres ronds, 20 pour 100 du carbonate de chaux; c'esl une argile marneuse. La présence de calcaire dans la pâle, bonne pour l'accord de la pâte et de la couverte, présente des inconvénients au point de vue de la résistance de la masse aux varialions de température. Si l'on augmente inconsidérément la teneur en chaux, le carreau devient fragile et se brise sous l'action de la chaleur. Il faut, pour obtenir un bon produit, arriver à saisir le point où, sans donner la fragilité à ta masse, on peut faire accorder la pâle et la couverte.

L'argile est lavée pour la débarrasser des grosses impuretés. L'opération se fait très bien dans un délayeur. On tamise l'eau chargée d'argile dans un tamis de 100 à i5o mailles au centi- ; carré et l'on reçoit le liquide dans des bassins. En laisléposer le liquide on peut séparer une partie de l'eau en el obtenir l'argile en- pâte. Dans de grands bassins peu nds on arrive à séparer l'argile de la plus grande quantité qui l'imprégnait. En laissant le dépôt au contact de l'air,

FAÏENCES ARCHITECTURALES. /JSj

dans un endroit aéré, la dessiccation se continue et l'argile reste à l'état solide. Les fissures, qui se produisent dans la masse, annoncent la fin de la dessiccation. L'emploi du filtre-presse permet d'opérer beaucoup plus rapidement; il n'est pas possible dans les petites fabriques. Les fabriques de poêles de peu d'importance sont tributaires de l'état de l'atmosphère; elles ne travaillent pas pendant la mauvaise saison.

La pâte est composée d'argile et d'une matière dégraissante. On fait, si cela est nécessaire, un mélange d'argiles pour avoir la plasticité convenable. Quand on dispose d'une argile trop calcaire on la mélange avec une terre non calcaire dans le rapport voulu. Les dégraissants sont le sable, ou mieux le ciment, et la craie, quand les argiles ne sont pas calcaires.

Avec des argiles très sèches il est bon de diviser d'abord la masse en menus fragments avant d'effectuer le mélange. Une paire de cylindres suffit très bien pour diviser l'argile. La poudre d'argile est mêlée ensuite aux dégraissants, mouillée et, après que l'eau a pénétré la masse, soumise au malaxage.

La fabrication de ciment serait coûteuse pour les poêliers, mais ils ont toujours une source de ciment dans les débris de gazettes et de biscuit des poêles.

L'introduction du ciment est bonne pour faire une pâte qui doit être chauffée; sa grosseur de grains est à proportionner au genre de produits fabriqués.

La composition des pâtes destinées au façonnage des carreaux de poêles varie avec les fabricants; elle est sujette aussi à la nature des matériaux employés. L'émail doit s'accorder avec la pâte et cette dernière doit être capable de supporter des changements rapides de température sans ruptures.

Voici un exemple d'une de ces pâtes. La formule est déjà ancienne; elle est citée par Brongniart (*) :

Argile plastique de Vaugirard a5

Marne argileuse de Ménilmonlant iS

Sable siliceux 1 3

Ciment 37

(') Arts céramiques, t. II, p. 73, a4 édition.

Il est évident que d'autres éléments que ceux cités par l'auteur donneraient des résultats différents. Comme on le voit, on a introduit du ciment dans la pâte, mais on a fait d'autres pâtes sans recourir à l'emploi de ce dégraissant. En moyenne les pâtes renferment 12 pour 100 de calcaire; les écarts sont compris généralement entre 10 et i4 pour 100. Quand les terres sont fortement ferrugineuses, il est bon de ne pas forcer la teneur en chaux.

Les poêles sont formés principalement de carreaux dont les uns sont plats et les autres, destinés à former les coins, ont une section rectangulaire. Pour certains poêles de luxe on a adopté une construction plus compliquée et Ton a édifié le poêle en fragments ornés de sculptures en reliefs. Il a fallu dans ce cas faire toute une série de moules pour façonner ces derniers poêles.

Les poêles ordinaires sont plus simples; ils ne comprennent que les deux sortes de pièces dont nous venons de parler. Aces carreaux il faut ajouter quelques motifs ornementaux généralement peu compliqués dont on couronne le faîte.

Le façonnage des carreaux exige remploi de moules en plâtre. Pour le moulage on prend la pâte en croûte découpée dans un bloc de pâle. Au moyen de règles il est facile de diviser le bloc de pâle en tranches parallèles que Ton vient appliquer dans le moule; nous avons fait connaître ce genre de travail. Le moule ne présente pas de complications quand il s'agit d'un carreau plan ordinaire. S'il porte des reliefs et des creux, il devra être établi de manière à présenter une dépouille facile sans arrachement.

Si le carreau était plat sur sa face intérieure il serait d'un emploi peu commode pour son fixage. Une fois le moule C rempli et la pâte tassée, avec un coupderacloir l'ouvrier enlève

la pâte en excès et pose alors un colombin de pâte F. Ce colombin sera disposé en forme d'ovale ou de rectangle ovalisé;

il facilitera la prise sur la face postérieure du carreau terminé. On démoule le carreau quand il a pris de la consistance et on le dépose sur un rondeau uni où il sèche lentement.

Les carreaux d'angles demandent un moule spécial formé de deux parties pour pouvoir opérer le démoulage.

Si Ton désirait faire des poêles ronds au lieu de poêles rectangulaires, on donnerait au moule une forme cintrée.

Les carreaux moulés, ne présentant pas une surface plane, sont mis à sécher après démoulage sur un support approprié à leur forme. L'omission de celte précaution peut amener des déformations. Quand la terre est devenue suffisamment dure, alors seulement on les pose debout.

La dessiccation des carreaux de poêles doit être régulière; on ne peut obtenir ce résultat qu'en opérant lentement. Si les pièces montrent une tendance au gauche on les redresse à la main. Ce travail est possible tant que la pâte a conservé un peu de souplesse.

Pour avoir un bon assemblage il faut que les juxtapositions des carreaux puissent se faire exactement, aussi une retouche consistant dans le raclage des bords des carreaux s'exécute-t-elle avant la cuisson.

Le façonnage à la main n'est pas seul employé. On a cherché à opérer mécaniquement et l'on a construit des presses dans ce but.

La presse à carreaux ressemble à une presse à vis pour tuiles. Elle comprend un moule dans lequel on fait descendre un mandrin. Ce moule reçoit une croûte et un colombin pour faire le rebord. On donne la pression verticalement. Pour avoir de bons carreaux cette seule pressée ne suffit pas, aussi l'appareil est-il disposé pour exercer une pression latérale.

Ces presses à carreaux sont peu connues en France; on peut même dire que, dans ce pays, le façonnage par moulage est général. En Allemagne, depuis longtemps déjà, on fait du carreau de poêle à la presse. Nous allons donner quelques détails sur deux appareils récents, exposés en 1904 à Breslau.

Dans la presse Drescher, l'argile arrive dans un récipient quadrangulaire dont la section est un peu plus grande que la

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surface du carreau à obtenir. La charge d'argile renfermée dans ce récipient est suffisante pour 3o carreaux. Une fois le réservoir rempli, on le ferme et, au moyen d'une roue dentée agissant sur une crémaillère, on fait avancer un piston qui presse alors sur l'argile. La masse à la sortie du récipient rencontre un moule formé par plusieurs pièces de plâtre réunies par des bandes de fer. Une fois le moule rempli, un appareil coupeur vient séparer le carreau façonné du reste de la masse.

La machine Dechert est une presse à filière disposée d'une manière spéciale. Devant la filière se trouve une plaque maintenue par une charnière, et sur celte plaque sont fixées deux pièces profilées parallèles qu'un ressort tend à tirer l'une vers l'autre. Le noyau sur lequel va venir s'appliquer la plaque porte aussi deux pièces profilées sur deux côtés. Aussi, grâce aux ressorts, cette pièce est-elle maintenue sur la plaque, les deux profils de ce noyau venant s'emboîter entre les deux profils de la plaque. Pour faire un carreau on rabat la plaque garnie du noyau sur la filière. La pâte chassée par l'appareil vient s'introduire dans ce moule et le remplir. A ce moment on ouvre un peu le levier qui maintenait la plaque contre la filière et Ton fait descendre un fil tendu sur un cadre pour séparer le carreau moulé. La même presse peut faire le carreau d'angle (J).

Les carreaux secs sont alors enfournés. L'enfournement se fait en charge.

La cuisson des carreaux de poêles se fait en biscuit d'abord, puis en émail. Les appareils utilisés sont variables avec les régions. Les poêliers français ont employé beaucoup le four dit carré servant à cuire la faïence stannifère; en Allemagne on a préféré souvent le four couché à axe horizontal. Sous le nom de four suisse (schweizerofen) on désigne dans les ouvrages allemands un four, employé en Suisse, très analogue au four carré. Ces différents genres de fours sont chauffés au bois. On peut utiliser aussi, et c'est ce que font de grandes usines, des fours comme ceux qui servent à cuire la faïence fine.

Le four couché se compose d'une chambre voûtée dont les

(') Tonindustrie Zectung, igo'i, p. i53i, et M. S. I., 190$, p. 724*

dimensions varient de iro,6o à im,9o de bailleur et de i™, 75 à 2m,3o de largeur. La longueur présente de plus grands écarts : réduite à 5m,*z5 dans quelques modèles, elle a été portée parfois à 7m, ce qui est exagéré et peu commode au point de vue de la cuisson. La partie antérieure de la chambre est occupée par la chambre de combustion. Un mur de briques sépare celle partie du four de la région où Ton place les carreaux. En moyenne celte chambre occupe om,j5 de longueur dans le four. Les gaz de la combustion pénètrent dans le four par des ouvertures ménagées dans le mur de séparation; en général, on dispose trois ouvertures (parlant de la sole) dans le mur de séparation. C'est par ces orifices que la majeure partie de la flamme pénètre dans le four; ces orifices présentent une surface moyenne de Q8oocm' environ, ils occupent la moitié inférieure du mur. À la partie supérieure de cette cloison de briques on a laissé aussi quelques vides dans les rangs de briques de manière à ménager un certain nombre de petites entrées ayant comme dimensions 6cm x 5cm.

A la partie postérieure du four se trouve la porte, faisant face au foyer. La cheminée «st construite à l'extrémité et part de la voûte au-dessus de la porte. C'est à peu près le dispositif du four représenté page 4o6.

L'enfournement d'un semblable four présente des particularités intéressantes. Dans la construction du four on a ménagé deux rainures horizontales dans les parois verticales, puis trois rainures longitudinales dans la sole, une dans le milieu et deux sur les côtés. Ce résultat est obtenu en donnant à la sole l'épaisseur d'une brique posée à plat au-dessus du sol du foyer. Au moyen de briques on ménage, dans toute la longueur de la charge, trois conduits. On place de chaque côté des rainures de la sole une file de briques, puis on recouvre le canal, constitué par les briques et les rainures, avec des plaques de terre cuite réfractaire. Des rainures latérales servent à recevoir les plaques de terre cuite qui recouvrent les canaux latéraux et qui ont besoin d'un autre point d'appui que les briques.

Les joints de ces plaques réfractaires sont faits très larges à dessein. Au lieu de les amener au contact on laisse entre elles

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un intervalle de 3cm environ. Entre ces canaux on disposera un rang de supports en terré réfractaire ayant la forme de troncs de cône creux assez hauts pour dépasser un peu les plaques de terre qui recouvrent les conduits. Sur ces supports on place un rang de plaques de terre cuite et Ton dispose, avec le soin voulu, ces plaques de terre de manière à obtenir une banquette bien plane et résistante. Cette banquette sert de support à une cloison que l'on établit en empilant des tuiles ou des plaques de terre de manière à faire un mur qui atteigne le sommet du four à iocm près environ. Les interstices des tuiles doivent être bouchés de sorte que ce mur constitue une cloison imperméable à la flamme. Les gaz de la combustion ne peuvent passer qu'à la partie inférieure et à la partie supérieure du mur.

Une grande partie suit les trois canaux longitudinaux et traverse le four.

Dans l'enfournement des carreaux on doit éviter de serrer les pièces trop les unes sur les autres; il faut laisser une libre circulation aux gaz chauds.

La rapidité de la cuisson est liée à la nature de l'argile qui sert à la fabrication. Certains fours demandent un petit feu très lent, pouvant atteindre 24 heures, tandis que d'autres donnent de bons résultats avec une durée moitié moindre (1).

Les poêliers ont utilisé depuis quelque temps les fours servant à cuire la faïence avec le dispositif à flamme renversée. Ce système de fours, malgré ses défauts, est encore plus régulier que le four carré ou le four couché.

La glaçure qui recouvre les poêles est tantôt une glaçure slannifère, tantôt une glaçure plombeuse transparente colorée.

Voici la glaçure stannifère employée par Feilner, poêlier allemand dont les produits sont souvent cités comme exemple dans la littérature céramique :

o,53PbO 0,06 CaO o,ioK*0 o.3iNa*0

o,2iAl»0'.3,43SiO'-t-o,79SiiO'.

(') Brômse, Die Ofen und Glasurfabrikation.

Ce qui revient à prendre :

Calcine à (43 pour ioo d'étain) >3 i

Carbonate de soude anhydre 33

Carbonate de potasse 5 , 22

Craie i o

Sable quartzeux '»o6

Sel marin 23

Cette glaçure est modifiable, suivant la nature du support, naturellement. On peut faire des glaçures moins coûteuses en diminuant Ja quantité d'étain; on peut descendre, dans la formule précédente, jusqu'à o,5SnO*.

L'introduction d'acide borique, l'enlèvement de l'alumino conduisent à des compositions plus fusibles telles que :

o,7PbO j

o,iNa*0 l 2,8SiO*.o,2B*084-o,5SnO«. o,aCaO \

Calcine (a 29 pour 100 d'étain ) >3*

Borax cristallisé 40.

Craie 20.

Sable siliceux 16&

Sel marin 20,

La préparation de la glaçure est faite plus simplement pap beaucoup de poêliers qui se contentent de prendre de ta calcine, du sable et du sel pour constituer leur glaçure.

Brômse indique (') :

Calcine (5o de plomb et. i5 d'étain) 21

Sable 16

Sel marin i3

Dans d'autres formules il préconise l'addition de tessons, de* feldspath et de potasse sous forme de salpêtre.. Comme glaçure stannifère ou peut se servir avec succès de la.

( l) Loc. cit., p. 63.

composition suivante quia l'avantage d'être combinée plus logiquement que toutes les glaçures où il entre du sel :

Sable quartzeux 3o,64

Minium i5,8o.

Kaolin 19,34

Craie 5,65

Calcine faite avec un alliage à 25 pour 100 d'étain. 40

La glaçure stannifère n'est pas seule employée, on a recours aussi aux glaçures colorées plombcuses, avec ou sans alcalis.

La glaçure doit être frittée fortement avant l'emploi, il faut insolubiliser les matériaux solubles dans l'eau. Les faïenciers utilisant le four carré préparent leur mélange sous le four, mais ceux qui cuisent dans d'autres appareils cuisent leur mélange dans un four coulant ou à sole.

La glaçure est écrasée, broyée, délayée dans l'eau et posée par immersion ou arrosement. Avant la pose de la glaçure on a redressé les carreaux, déformés par la première cuisson, en les usant sur une meule horizontale sablée.

La seconde cuisson est faite à une température plus élevée que la première, l'émail étant dur à fondre. La température varie de la montre oi5 à 01.

On a apporté à celte fabrication des modifications. Au lieu d'émailler les carreaux avec des glaçures opaques blanches, on a engobé la terre et posé, sur l'engobe, une glaçure transparente.

Enfin pour produire économiquement on a cherché à supprimer la deuxième cuisson et à émailler son cru. Une seule cuisson suffit alors. Cette manière de procéder est employée en Allemagne (!).

(') Brômse, toc. cit., p. n5 et suiv.

CfliPITRE XIII.

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