‹ La chaîne d'or [microforme]Chapitre 4 sur 4 · CELNE LEE RER, URERRRLRE RL RER LL ELLE · texte numérisé non relu

CELNE LEE RER, URERRRLRE RL RER LL ELLE

Se couche-t-on chez vous quelquefois sans souper, Et voit-on au chevet les spectres se grouper ?

Je vous ferai l'aumône. Aimez la Providence, Et du bien qu’on vous donne usez avec prudence, Car après le soleil on voit monter la nuit,

Le bonheur passe vite et la douleur le suit!

r' ai i de l'or; je suis riche—Elle n montrait sa chali= Mes enfants n'ont jamais, monsieur, connu la gène, Et, s'ils souffrent un peu, c’est de me voir souffrir. ”

Bernadette pleurait, L'enfant qui vint ouvrir, Vous le pensiez sans doute, était ma Bernadette, La pauvre femme, alors, se relève et rejette

Sur son cou grêle et blanc ses boucles de cheveux. Quelques enfants jouaient et se croyaient heureux.

—Venez ici, dit-elle. Et sa parole tremble.

Eux, dans une’autre pièce ils se sauvent ensemble. Marguerite, pourtant, tombant à chaque pas, S'avance vers sa mère et tend ses petits bras.

Et sa mère la prend, sur ses genoux la couche,

La couvre de ses mains afin qu'on ne la touche,

Et se met à chanter comme ponr l’endormir.

Ah! j'aurais aimé mieux entendre alors gémir, Dans son mortel chagrin, la pauvre inalheureuse ! Cela m'eut touché moins. C’est une chose affreuse Que de rire ou chanter à force de douleurs !

De ma main j'essuyais mes paupières en pleurs ;

ble.

Je n'avais jamais vu de détresse aussi forte.

Et j'étais là, debout, toujours près de la porte, N'osant aller plus loin, ne pouvant pas parler Et tenté de m'enfuir ou de m'agenouiller.

Comme moi Bernadette aussi semblait attendre.

Enfin sur l'escalier des pas se font entendre Et Dumanoir arrive avec le médecin.

Nos mains se pressent :

—Jean, dis-moi dans quel dessein Tu me cachais ainsi ta misère profonde :

Doutais-tu de mon cœur ou craignais-tu le monde ?

Il secoua la tête et ne répondit rien ; Mais je vis dans ses yeux deux pleurs brûülants.

—Eh bien !

Demandai-je au docteur, comment est la malade ?

Avant qu’il répondit :

—Il faut que je 'm'évade, Car depuis quinze jours l’on me tient en prison,

Dit la femme en délire, et cela sans raison.

Mes enfants avaient faim ; nous étions sans ressources ; Je me suis mise alors à faire quelques courses

En mendiant du pain, en mendiant des sous,

Et tous m'ont refusée! Alors moi, voyez-vous,

J'ai volé, quelque part, en passant, je suppose,

Un morceau de pain blanc, rien qu’uns pas autre chose, Et voilà que de suite on m'a mise au cachot!

Le reste se perdit dans un amer sanglot.

Les enfants, tour à tour sortis de leur cachette,

Ecoutaient 6étonnés. D'une façon discrète Le médecin me dit : |

—Non, je n'ai plus d'espoir,

Deux semaines après, un jeudi, vers le soir,

J’allai m'agenouiller, un peu mélancolique,

Sur les dalles de bois de l’humble basilique.

Devant le tabernacle, avec humilité,

Quelques chrétiens priaient le Dieu de charité.

Sous les vastes arceaux flottaient d'étranges ombres ; Et, comme l'œil d’un ange, au fond des voûtes sombres Ta lampe d’or veillait,

Une enfant à l'air doux A l'autel de Marie était seule à genoux.

Ces ; Une grande douleur semblait rempli* son âme, Et ses yeux suppliants invoqudient Notre Dame. ‘ Sur des tables de marbre, en face de l'autel, Des cierges et des fleurs faisaient monter au ciel, Les premiers, les rayons de leurs paisibles flammes, chose, | Les secondes, l’encens de leurs chastes dictames. Et l’enfant so leva. Je ne sais quel émoi Paraissait l’agiter dans sa naïve foi.

Elle était, ce soir-là, toute de noir vêtue.

Son regard se suspend à la blanche statue De la mère de Dieu pleurant près de la croix, Elle prie ardemment et sa preuse voix, Comme un écho sacré du ciel est entendue.

Elle ouvre le balustre et se trouve rendue Près des tables de marbre où: brillent fleurs et feux De nouveau vers la Vierge elle lève les yeux, Et dépose, en tremblant sous la clarté sereine, Près des vases de fleurs, une brillante chaîne.

En voyant Bernadette offrir sa chaîne d’or La Mère des douleurs parut sourire encor.

Quelques jours ont passé. Près d’un feu qui pétille

Dumanoir, entouré de sa jeune famille,

Pleure silencieux. Le vent perce les toits.

Un petit mendiant, se soufflant dans les doigts, Vient, pour l'amour de Dieu, demander l'assistance. Dans la maison en deuil reparaît quelqu'aisance : Bernadette a touché le Seigneur par sa foi,

Et son père, un matin, a trouvé de l'emploi.

—Donne, fit Dumanoir, donne à chaque misère ! Donne, ma Bernadette, afin qu'une autre mère, En ces jours de malheur, ne meure pas de faim !.…

L'enfant au petit pauvre apporta tout un pain.

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